Élections Québec : cinq néophytes racontent pourquoi ils se lancent en politique

Ils défendent les couleurs de partis opposés, mais ils ont tous en commun d’être des néophytes. Réunis à l’émission Les coulisses du pouvoir, cinq jeunes candidats aux élections québécoises expliquent pourquoi ils ont fait le saut en politique, en dépit des sacrifices personnels et des efforts qu’exige une campagne.
Anne Nguyen porte les couleurs du Parti québécois (PQ) dans Prévost et Marjolaine Ferron, celles de la Coalition avenir Québec (CAQ) dans Mirabel. Toutes deux disent avoir été sollicitées par leur parti respectif, la première pour son expertise en intelligence artificielle et la seconde, pour son parcours entrepreneurial et philanthropique.
Pour sa part, Gisèle Pouhe Njall, qui se présente sous la bannière de Québec solidaire dans Rosemont, a vécu son entrée en politique comme un prolongement naturel de son engagement communautaire, alors que Laurent Bélisle, candidat du Parti libéral du Québec dans Laviolette–Saint-Maurice, a été motivé par son attachement à sa région.

Après avoir été candidate du PCQ une première fois en 2022 dans Soulanges, Éloïse Coulombe porte cette fois les couleurs du parti dirigé par Éric Duhaime dans Charlesbourg.
Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel
Même si elle est âgée de 23 ans, Éloïse Coulombe, candidate du Parti conservateur du Québec dans Charlesbourg, est la doyenne du groupe; elle en est à sa deuxième campagne, elle qui a déjà goûté à l’expérience électorale en 2022.
Ces candidats ont des parcours différents, mais sont unis par une même volonté : celle, disent-ils, d’être utiles aux gens qu’ils espèrent représenter à l’Assemblée nationale.
Premier adversaire : le cynisme
Malgré leur entrée récente en politique, ils constatent déjà un premier obstacle de taille à surmonter sur le terrain : le désintérêt des citoyens vis-à-vis des élections.
La candidate conservatrice Éloïse Coulombe explique que les gens sont très ouverts à discuter, mais qu'elle rencontre des citoyens qui n’ont pas envie de se déplacer pour aller voter
, car ils pensent que ça ne servira à rien
. Elle pense toutefois que le contact direct avec la population peut parfois changer la donne.

Gisèle Pouhe Njall se porte candidate sous la bannière de Québec solidaire dans Rosemont.
Photo : Radio-Canada / Marie-Isabelle Rochon
La solidaire Gisèle Pouhe Njall pense pouvoir contrer le cynisme en ramenant l’engagement politique à ses effets concrets. Vous me dites que vous êtes déconnectés, que ça ne vous parle pas nécessairement la politique, bien voici des choses qui ont été faites récemment
, soutient-elle.
Les gens demandent qu’on soit naturels, les gens demandent des phrases beaucoup plus complètes, moins creuses.
Le défi de rester soi-même
Après le cynisme vient l’étiquette de politicien
, dont les cinq aspirants députés veulent se défaire. Le candidat libéral Laurent Bélisle admet toutefois qu’il est difficile pour les électeurs qu’il rencontre de voir au-delà du candidat : Tu sais, dans le fond, on veut être authentique, on a de vraies fins, en fait là, puis c’est dur de vendre ça aux gens.

Laurent Bélisle a été investi par le Parti libéral du Québec comme candidat dans Laviolette–Saint-Maurice.
Photo : Radio-Canada / Jean-François Fortier
Gisèle Pouhe Njall est sur la même longueur d’onde. Elle défend l’idée selon laquelle la proximité avec les gens ne devrait pas être sacrifiée sur l’autel des rites politiques. Elle insiste sur la nécessité d’avoir une équipe qui est là, qui est à l’écoute [et] s’assurer que, lorsqu’on entend des problématiques, on va réellement y répondre
.
La candidate caquiste Marjolaine Ferron ne se voit tout simplement pas encore comme une politicienne. On dirait que c’est encore loin de moi
, explique-t-elle. Ce qui la motive, c’est d’aller à l’écoute des gens
.
L’épisode de l’émission Les coulisses du pouvoir présentant l’entrevue avec les cinq jeunes candidats est diffusé dimanche à 11 h HAE sur ICI TÉLÉ et sur ICI RDI. Il sera offert en rattrapage sur le site Internet de l’émission ainsi que sur ICI TOU.TV.
Le prix de l’engagement politique
Au-delà de l’enthousiasme suscité par une campagne électorale, les jeunes candidats font d’ores et déjà face aux difficultés qu’impliquent leurs débuts en politique. Pour Gisèle Pouhe Njall, elles se manifestent notamment dans le peu de temps passé avec sa famille : Moi, je vois moins mes enfants.

Marjolaine Ferron représente la Coalition avenir Québec (CAQ) dans Mirabel.
Photo : Radio-Canada / Dany Pilote
Marjolaine Ferron évoque l’agressivité des commentaires sur les réseaux sociaux. Quand c’est dit avec une telle violence, parfois ça peut échauder
, déplore-t-elle.
Pour Éloïse Coulombe, c’est plutôt le défi posé par son jeune âge : Ça a été de gagner de la crédibilité auprès des gens qui pensaient que j’étais peut-être trop jeune pour m’impliquer en politique.

Anne Nguyen est candidate dans la circonscription de Prévost, dans les Laurentides, sous la bannière du Parti québécois.
Photo : Radio-Canada
Le revers de la médaille de l’engagement politique réside, selon Anne Nguyen, dans l’impuissance qu’un candidat peut ressentir en entrant dans l’intimité des gens. Parfois, on cogne chez les gens et une personne de 70-75 ans nous partage qu’elle retourne travailler parce que son logement coûte trop cher. On a l’impression d’être un peu dépourvus pour le moment
, reconnaît-elle.
Et après le 5 octobre?
Ils veulent tous gagner, mais ne craignent pas la défaite. J’essaie d’imaginer les deux […] je suis assez confortable avec les deux
, lance Marjolaine Ferron, qui préfère voir la campagne électorale à travers le prisme d’un processus d’apprentissage énorme
.

Cinq candidats aux élections québécoises de 2026 : Anne Nguyen (PQ), Marjolaine Ferron (CAQ), Gisèle Pouhe Njall (QS), Laurent Bélisle (PLQ) et Éloïse Coulombe (PCQ).
Photo : Radio-Canada
Laurent Bélisle affirme, pour sa part, qu’on se présente en politique pour gagner
, mais que tout le monde est gagnant dans les deux cas
. Éloïse Coulombe dit qu’elle respectera le choix des électeurs, quelle que soit l’issue du vote. S’ils m’accordent leur confiance, je vais être très heureuse, mais sinon je vais absolument respecter leur choix
, affirme-t-elle.
On va faire la meilleure campagne qu’on peut, et puis, bien, les dés sont jetés.
Anne Nguyen, elle, regarde plus loin : Le 5 octobre, c’est une ligne de départ pour moi, ce n’est pas une ligne d’arrivée.
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