Le FBI a temporairement cessé de collaborer avec la GRC en réaction à la politique de CBC

Le Bureau fédéral d'enquête américain (FBI) a suspendu temporairement le partage d'informations avec la Gendarmerie royale du Canada (GRC) en raison d'une controverse impliquant CBC, selon des informations du New York Times.
La suspension des communications aurait débuté quelques jours après le 26 août, lorsqu'un chroniqueur du Toronto Sun a révélé une note interne qui demandait aux journalistes de CBC de ne pas qualifier les attentats du 11 septembre d'attentats terroristes
.
La politique d'attribution de longue date de la branche anglophone du diffuseur public demande à ses journalistes de ne pas qualifier un événement ou une personne de « terroriste » sans en attribuer la mention à une source externe.
CBC a depuis modifié sa politique, de sorte qu'une attribution directe n'est plus nécessaire pour qualifier les événements historiques du 11 septembre 2001 de « terroristes ».
Des agents du FBI ont tout de même annulé des réunions prévues avec leurs homologues canadiens.
Ils ont également affirmé qu'ils ne seraient pas joignables pendant un moment, ce qui a entraîné un froid dans la relation entre les deux agences, selon les sources du New York Times.
Les communications entre les deux polices fédérales auraient repris aux alentours du 25e anniversaire de la tragédie.
Une coupure propre au FBI
La cessation de coopération ne concernait que le FBI — d'autres services du gouvernement américain impliqués dans le partage de renseignements ont poursuivi leurs opérations.
Le New York Times n'a pas été en mesure de confirmer si le président Trump ou ses conseillers étaient au courant de l'interruption des communications au moment où elle s'est produite.
La décision du directeur du Bureau, Kash Patel, aurait pu perturber les opérations menées par le FBI avec le Canada, selon le média américain.
Après la fuite de la note interne de CBC, M. Patel avait menacé publiquement le Canada dans plusieurs publications sur les médias sociaux.
Tout organisme canadien qui ne condamne pas publiquement cette déformation de l'histoire, qui constitue une insulte à la mémoire des victimes de la plus grave attaque terroriste de l'histoire des États-Unis, ne pourra plus compter sur l'amitié du FBI.
La GRC collabore avec le FBI sur plusieurs dossiers, notamment pour veiller à la sécurité transfrontalière.
Dans un communiqué, la GRC a déclaré qu'elle n'était pas en mesure de se prononcer sur les pratiques d’échange de renseignements d’autres organismes d’application de la loi
.
Nous attachons de l’importance à notre relation avec nos homologues américains, car nous travaillons en étroite collaboration pour répondre aux menaces à la sécurité nationale et maintenir une connaissance de la situation des risques émergents
, a déclaré par voie de communiqué le commissaire de la GRC, Mike Duheme.
Le FBI n'a pas répondu à la demande de commentaire de Radio-Canada.
Une relation qui s'effrite
Malgré les menaces d'annexion du président Trump et les récents échecs de négociations commerciales, rien ne laissait présager que Washington mettrait fin au partage de renseignements en ce qui a trait à la sécurité frontalière.
Des observateurs des États-Unis à travers le monde craignent depuis longtemps que le président américain se serve d'une pareille tactique comme levier de négociations.
Les responsables du gouvernement canadien ont toujours qualifié les événements du 11 septembre 2001 d’attaques terroristes dans leurs communiqués. Le premier ministre Mark Carney l'a par ailleurs fait dans sa déclaration officielle pour le 25e anniversaire des attentats.
Le 2 septembre, le Parti républicain a révoqué l'accréditation médiatique de CBC/Radio-Canada pour sa prochaine convention en raison de la controverse.
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