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Thursday, October 22, 2026

Economies en Fédération Wallonie-Bruxelles : "Ce qui est insupportable, c’est qu’on nous explique qu’il n’y a pas d’alternative", estime Martin Casier (PS)

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Réfléchir à de nouvelles manières de financer l’enseignement pour contourner les économies imposées en Fédération Wallonie-Bruxelles : c’est l’objet d’un colloque organisé aujourd’hui par le PS et Ecolo. Y sont conviés les forces de l’opposition francophone, mais également des scientifiques. "Ce que l’on veut à travers ce colloque, c’est rappeler qu’une décision budgétaire, c’est un choix politique. Quand on décide de couper là et pas là ou d’investir là et pas là, c’est un choix politique. Ce que l’on veut c’est ramener le débat politique au cœur de cela", explique Martin Casier, chef de groupe PS au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

Le député socialiste compare ensuite la manière de procéder du gouvernement actuel avec celui de Margaret Thatcher dans les années 80 au Royaume-Uni. "Ce qui est insupportable c’est que l’on nous explique qu’il n’y a pas d’alternative. Or, en réalité, il y a des alternatives. Prenez le fédéral où l’on nous dit qu’il n’y a plus un gramme d’argent, que l’on est à l’os, mais où l’on investit 35 milliards d’euros dans l’armée. Il y a toujours des choix qui sont possibles."

"Il n’y a plus aucune concertation"

PS et Ecolo veulent aussi mettre sur la table la contre-productivité, selon eux, de certaines mesures annoncées. "N’y a-t-il pas des mesures d’économie immédiates, qui permettent d’économiser quelques euros, mais qui en fait sur le moyen ou le long terme vont avoir des effets délétères ?", s’interroge Martin Casier. "C’est clair que quand on diminue le niveau de l’enseignement, on va diminuer le niveau de nos élèves qui vont moins bien réussir avec potentiellement plus de décrochages", illustre-t-il.

Face à l’état des finances de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Martin Casier ne conteste pas la nécessité de faire des économies, mais il insiste : tout est une question de choix politique. "Ce que le MR et les Engagés ont fait, ce n’est pas appliquer une calculette, c’est avoir fait le choix d’aller toucher directement au cœur de l’école."

Pour le député, ce sont ces choix politiques qui sont à l’origine de la grogne sociale aujourd’hui. "Ce sont eux (ndlr : le MR et les Engagés) qui ont créé le chaos dans le monde de l’école et la mobilisation de la jeunesse dans la rue. Et ils doivent se rappeler ces responsabilités. Quand on voit que, depuis le printemps, des enseignants, des directions, des fédérations de pouvoir organisateur, des élèves se mobilisent pour dire 'On ne veut pas de ce choix de société' et que le gouvernement reste bloqué avec cela, inévitablement, quelle est la seule possibilité des gens ? C’est de continuer à s’exprimer. Aujourd’hui, outre l’aspect financier de ces mesures, il n’y a plus aucune concertation."

"Faire de l’éducation une cause nationale"

Le député socialiste chiffre à huit milliards d’euros la rénovation des bâtiments scolaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Quelles sont les solutions du PS pour trouver cet argent ? "Je ne suis pas magicien, je ne vais pas dire aujourd’hui à votre micro que nous avons tout résolu", rétorque Martin Casier. "Mais nous avons décidé sous la législature précédente d’un plan d’investissement de deux milliards d’euros. Ce que j’attends du gouvernement, c’est qu’il le mette en œuvre."

Il s’agirait selon lui d’une première étape avant une modification plus large du financement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. "Inévitablement, il va falloir refinancer la Fédération. On le sait, c’est très clair. Aujourd’hui les résultats PISA nous donnent une possibilité car on voit que lorsqu’on investit dans l’école, ces résultats se détériorent beaucoup moins que dans d’autres pays de l’OCDE. Un autre élément très important est que la Flandre décroche énormément dans les résultats PISA, cela veut dire que demain la Flandre peut être aussi demandeuse d’un réinvestissement massif. Quand on fait de l’armée une cause nationale, j’aimerais bien qu’au niveau fédéral on puisse faire de la question de l’éducation une cause nationale. Un pays qui n’investit pas dans son éducation, dans les jeunes, c’est un pays qui hypothèque son avenir."

Concernant l’organisation d’États généraux de la jeunesse annoncée cette semaine par les ministres Glatigny et Lescrenier, Martin Casier se montre perplexe. "C’est un bon point de départ, mais quelles sont les promesses de modifications ? Si c’est faire des États généraux pour déjà nous dire que l’on ne changera rien, autant ne pas en faire."

Une main tendue sur la réforme du tronc commun

La ministre de l’Education Valérie Glatigny a par ailleurs annoncé la semaine dernière sa nouvelle réforme du tronc commun, qu’elle doit présenter demain en gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Cette réforme comprend notamment l’instauration d’activités orientantes en 3e secondaire, ce qui, selon la ministre, met "techniquement" fin au tronc commun pour cette tranche d’âge.

Pour Martin Casier, alors que nous sommes à moins d’un an de la prochaine rentrée et de l’entrée en vigueur du tronc commun en 2e secondaire, ces changements arrivent beaucoup trop tard. "Le malaise dans les écoles n’est pas que financier, il est aussi organisationnel", pointe-t-il.

Cependant, parce qu’il y a urgence, le PS se dit prêt à s’inscrire constructivement dans cette nouvelle proposition du gouvernement. "Ces options sont une brisure du tronc commun, nous en sommes intimement convaincus, mais nous sommes aussi convaincus qu’il est temps maintenant de retrouver de la sérénité et une capacité de travail dans le monde de l’école", déclare le chef de groupe PS.

Cette main tendue au gouvernement ne se fera cependant pas sans "quelques balises claires qui conservent l’état d’esprit du tronc commun", annonce-t-il. "Il faut réformer ces trois premières années de secondaire avec le plus grand consensus possible pour qu’il n’y ait plus une énième réforme dans deux ans. […] Si le gouvernement ne prend pas cette main tendue, alors il faudra acter l’échec."

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