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Thursday, October 1, 2026

Le mouvement lycéen en France marqué par des violences

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Le mouvement de blocage des lycéens, rejoint par les étudiants pour demander davantage de moyens, a été marqué par des violences jeudi dans plusieurs grandes villes de France, le gouvernement accusant la gauche radicale d’être à la manœuvre.

À sept mois de la présidentielle en France, où la candidate de l’extrême droite Marine Le Pen est donnée comme favorite par les sondages, et dans un climat social électrique en raison de l’inflation et de la flambée des carburants, le dossier est hautement inflammable.

La mobilisation est partie de plusieurs lycées de banlieue parisienne il y a une semaine avec le soutien affiché de responsables de La France insoumise (LFI, gauche radicale).

Le mouvement a basculé vers des « violences urbaines », a par ailleurs affirmé jeudi le gouvernement français, qui s’appuie sur les services de renseignement pour évoquer une « manœuvre organisée » par la gauche radicale.

Le coordinateur de LFI, Manuel Bompard, a aussitôt reproché au gouvernement de « sombrer dans le complotisme ». « Il est temps que le premier ministre renonce à jouer la stratégie du pourrissement et de la provocation », a-t-il dit à l’AFP.

En tout, 340 actions étaient en cours dans la matinée devant des lycées et 169 blocages ont été comptabilisés, selon la police.

«Pas d’autre manière»

En région parisienne, plus de 200 lycées étaient perturbés, dont une cinquantaine étaient « le théâtre de violences, d’affrontements et de dégradations », selon la Région.

Dans plusieurs villes, des feux ont été allumés devant ou dans les établissements scolaires, des abribus brisés et des mortiers d’artifice et gaz lacrymogènes tirés, ont constaté des journalistes de l’AFP.

À Nantes (ouest), un « incendie volontaire », dont l’origine n’a pas été précisée, a été déclenché dans le hall du lycée Nelson Mandela.

Plusieurs proviseurs ont été molestés ou agressés dans le pays.

À Marseille (sud), la deuxième ville de France, le proviseur adjoint et deux autres personnels du lycée Victor Hugo ont été éclaboussés par des « individus qui mettaient de l’essence dans des conteneurs », a précisé le rectorat. Les transports publics de la ville ont été interrompus.

« On manifeste contre les classes surchargées, contre ce gouvernement qui […] n’investit pas dans du chauffage, des climatisations, les salaires de nos profs », a expliqué à l’AFP Maëlle, lycéenne de 16 ans à Caen (nord-est).

« Les jeunes doivent foutre la merde pour qu’on les entende, on n’a pas d’autre manière », a estimé de son côté Lola, élève de seconde, devant un lycée bloqué à Rennes (ouest).

«Ligne rouge»

Appelant à un « acte deux » après la première mobilisation nationale de mardi, les étudiants ont rejoint le mouvement jeudi, avec une trentaine de campus bloqués, selon le syndicat l’Union étudiante.

Le premier ministre, Sébastien Lecornu, avait dénoncé lundi sur le réseau X une « surenchère irresponsable » d’élus de la France insoumise qui avaient appelé, comme le député Louis Boyard, à « étendre » le mouvement de blocage des lycées.

Le leader LFI et candidat à la présidentielle, Jean-Luc Mélenchon, lui avait aussitôt répondu en l’accusant d’avoir « ordonné la répression » du mouvement « avec un arrière-goût raciste évident » et en appelant élus et militants Insoumis à s’« interposer partout où » ils le peuvent.

« Nous avons dépassé une ligne rouge. On éborgne la jeunesse comme ils ont fait avec les gilets jaunes », a réagi auprès de l’AFP Ryad Rani, président de l’Union syndicale lycéenne (USL).

Les politiques ont multiplié les réactions face à la gestion du mouvement : le patron du Parti socialiste, Olivier Faure, a fustigé « l’irresponsabilité du gouvernement » tandis que Bruno Retailleau, candidat de droite à la présidentielle, a appelé à faire interdire LFI.

Trois enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN, la police des polices, après que des lycéens ont été blessés lors de blocages d’établissements. Mercredi, à Tours (centre), un jeune homme a été blessé à la tête et hospitalisé pour des lésions « compatibles » avec un tir de LBD, selon le parquet.

« Il y a un usage très proportionnel » des « armes intermédiaires », notamment du gaz lacrymogène, a cependant assuré le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.

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