Le projet de captage Pathways ne suffira pas pour réduire la dette carbone du Canada

(Ottawa) La responsable du Bureau des grands projets (BGP) affirme qu’Ottawa devra trouver de nouveaux moyens de réduire ses émissions pour atteindre ses objectifs climatiques, car le projet de pipeline Pacific Link émettra davantage de gaz à effet de serre que le projet de captage du carbone Pathways ne permettra d’en stocker.
Publié à
Nick Murray La Presse Canadienne
Dawn Farrell, première dirigeante du Bureau des grands projets, a répondu aux questions des députés lors d’une comparution devant le comité de l’environnement de la Chambre des communes mardi.
Évoquant l’accord énergétique conclu entre le Canada et l’Alberta, Mme Farrell a indiqué au comité que le projet Pathways devrait permettre de réduire les émissions de 16 millions de tonnes par an.
« Nous avons évalué les émissions de gaz à effet de serre générées par le pipeline lui-même, et cela entraîne effectivement une légère augmentation des émissions, a-t-elle dit à la commission. Et bien sûr, le Canada, par le biais de ses différentes stratégies en matière de gaz à effet de serre, devra trouver un moyen de réduire ces émissions d’ici 2050, compte tenu de nos objectifs pour cette date. »
PHOTO AMBER BRACKEN, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE
Dawn Farrell, première dirigeante du Bureau des grands projets
Une analyse d’Environnement Canada, soumise au comité et communiquée à La Presse Canadienne, estimait les réductions d’émissions liées à Pathways à 22 millions de tonnes par an.
Environnement Canada a également estimé que le transport d’un million de barils de pétrole supplémentaires par jour par l’entremise du nouvel oléoduc entraînerait une augmentation des émissions de 27,7 millions de tonnes.
Pour atteindre son objectif de 2030 fixé dans le cadre de l’Accord de Paris, le Canada doit encore réduire ses émissions de 227 millions de tonnes, selon les dernières estimations datant de 2024.
Un million de tonnes équivaut aux émissions produites par 233 000 véhicules particuliers en un an.
En juillet, Ottawa et l’Alberta ont signé un accord avec cinq des principales entreprises pétrolières canadiennes afin de faire avancer le projet Pathways.
Cet accord subordonne la construction de l’oléoduc Pacific Link à celle de Pathways.
Interrogée mercredi par des députés sur ce qui se passerait si les entreprises faisaient soudainement marche arrière et décidaient de ne pas le construire, Mme Farrell a répondu que le bureau des grands projets pourrait intégrer cette condition dans le cahier des charges du pipeline.
« Si le projet Pathways devait ne pas voir le jour, nous devrions inclure dans le document final des conditions l’obligation que le projet Pathways soit construit pour que le [pipeline] puisse être mis en œuvre, a déclaré Mme Farrell. C’est à cela que sert un document de conditions. »
Le député conservateur du Manitoba Branden Leslie a insisté auprès de Mme Farrell sur le fait que le cahier des charges émis par le bureau des grands projets n’est qu’une recommandation et que le cabinet fédéral détenait le dernier mot.
« Le Conseil des ministres dispose-t-il en fin de compte d’un droit de veto sur ces conditions ? », a-t-il demandé.
« Vous pouvez formuler cela sous forme de recommandation. [Mais] le Conseil des ministres peut-il dire : “Non, en fait, laissez tomber. Nous n’avons pas besoin de construire le projet Pathways. Allez-y avec le pipeline” ? »
« Étant donné que c’est le premier ministre lui-même qui est très déterminé à voir le projet Pathways se concrétiser, je ne vois pas pourquoi cela se produirait, a répondu Mme Farrell. Mais il est certain que c’est au cabinet de décider. C’est à lui que revient la décision. »
Avec des informations de Lauren Krugel, La Presse Canadienne
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