Il y a 38 ans, ce film d'action et de science-fiction voulait rivaliser avec Predator, mais plus personne ne s'en souvient !

En 1988, un cinéaste italien tente de reproduire le succès de “Predator” avec un commando surarmé, une jungle hostile et un robot tueur. Une imitation à petit budget qui reprend presque tout du film original, sans parvenir à en égaler la tension.

En 1987, Arnold Schwarzenegger affrontait l’une des créatures les plus redoutables de l’histoire du cinéma dans Predator. Réalisé par John McTiernan, ce mélange explosif d’action, de science-fiction et d’horreur rencontrait un joli succès au box-office, avec près de 100 millions de dollars de recettes mondiales pour un budget estimé à 15 millions.
De quoi donner des idées à certains cinéastes, toujours prompts à exploiter les succès hollywoodiens. Parmi eux, l’Italien Bruno Mattei, spécialiste des productions à petit budget et des imitations plus ou moins assumées. Un an seulement après la sortie de Predator, le réalisateur, qui signe ici sous le pseudonyme de Vincent Dawn, propose sa propre version de cette chasse à l’homme en pleine jungle : Robowar.
Un Predator mécanique à la place de l’extraterrestre
Pour son film, Bruno Mattei ne cherche pas vraiment à réinventer la formule. Comme dans le long-métrage de John McTiernan, une unité de soldats lourdement armés se retrouve envoyée en mission dans une jungle où rôde une menace particulièrement meurtrière.
À une différence près : cette fois, le prédateur n’a rien d’extraterrestre. Il s’agit d’Omega-1, une machine de guerre perfectionnée, conçue pour traquer et éliminer ses cibles. On met donc la vision thermique de la créature originale de côté, remplacée ici par une perception électronique à l’image pixellisée, aussi peu lisible pour les spectateurs que les paroles du robot, rendues presque incompréhensibles par les effets sonores.
Mais ce changement d’adversaire ne suffit pas à masquer les ressemblances. Les séquences semblent parfois reproduire plan par plan celles de Predator, tandis que les personnages reprennent les mêmes attitudes de soldats bodybuildés, toujours prêts à dégainer leurs armes ou à sortir une punchline censée faire mouche.
L’une des scènes voit ainsi le chef du commando immobiliser un ennemi contre un mur à l’aide d’un couteau, avant de lâcher, satisfait de son petit effet : “On ne bouge plus”.
Flora Film / 20th Century Fox
Une copie qui reprend presque toutes les scènes culte
Tourné aux Philippines, Robowar pousse la ressemblance jusque dans le déroulement de son intrigue. Les affrontements se succèdent, les rafales de mitrailleuses arrosent la végétation et les membres du commando disparaissent progressivement, victimes d’un ennemi qui semble toujours avoir une longueur d’avance.
Attaque d’un campement, sauvetage d’une femme, démonstrations de force et confrontation finale entre le chef de l’équipe et son redoutable poursuivant : les grandes étapes du film de 1987 sont pratiquement toutes présentes.
Le long-métrage reprend également certains des aspects les plus caricaturaux du cinéma d’action de l’époque, notamment dans sa représentation des populations locales, réduites à des adversaires anonymes que les soldats américains éliminent sans difficulté, ni véritable état d’âme.
Flora Film
Reste que là où John McTiernan parvenait à transformer la jungle en un véritable piège, Bruno Mattei peine à faire naître le moindre suspense. Malgré les embuscades tendues par Omega-1 et les nombreuses scènes d’action, la mise en scène manque de tension, les personnages ne suscitent guère d’attachement et la menace ne paraît jamais aussi terrifiante que son modèle.
Avec ses effets rudimentaires, ses dialogues involontairement comiques et son scénario ouvertement calqué sur un succès hollywoodien, Robowar appartient aujourd’hui à cette catégorie de curiosités que les amateurs de nanars peuvent apprécier pour toutes les mauvaises raisons. Un film qui n’aura jamais réussi à faire de l’ombre à Predator, mais qui illustre parfaitement l’opportunisme et les excès du cinéma bis des années 1980.
(Re)découvrez notre émission spéciale consacrée à Robowar ci-dessous :
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