La police utilise Citadel, une IA surpuissante, pour traquer les pilleurs du 17 octobre

Les enquêteurs tentent de retrouver les suspects des pillages commis lors du 17 octobre. Pour les aider, ils disposent d’un puissant outil, baptisé Citadel. Il permet de traquer les pilleurs grâce à des tonnes d’images vidéo.
Au lendemain des pillages du 17 et 18 octobre, la priorité pour la police était de traquer et de retrouver les pilleurs et les casseurs. Pour cela, des outils leur ont été mis à disposition, notamment un certain Citadel. Il s’agit d’une IA façon ChatGPT qui permet d’analyser les milliers d’heures de vidéo que la police a réunis.
La police a énormément de vidéos des pillages, mais pas assez de main d’œuvre pour les analyser
Entre les images de vidéosurveillance, les vidéos publiées sur les réseaux sociaux ou encore la plateforme de transmission de vidéos, la police a beaucoup d’images des pillages. Sauf que le temps presse : lesdits pilleurs peuvent en profiter pour receler leurs vols ou se cacher plus efficacement. D’ailleurs, Vinted et Leboncoin sont envahis par des annonces de produits volés. Bien que les interpellations ont déjà débuté, il reste beaucoup d’auteurs à identifier. Les enquêteurs peuvent s’appuyer sur Citadel, un outil d’IA commercialisé par la startup française Orasio. Cette IA avait déjà été testée par la ville de Cannes et elle est arrivée en juin dernier au ministère de l’Intérieur.
Cette intelligence artificielle permet d’analyser de grands volumes d’images, afin de détecter des situations anormales, retrouver des personnes ou des véhicules. De quoi aider des enquêteurs à reconstituer un parcours. Concrètement, un utilisateur peut saisir une requête textuelle, par exemple une description vestimentaire, un type de véhicule, etc.
Citadel identifie alors les séquences vidéo correspondantes dans la base de vidéos qu’on lui a fournie. Pas besoin donc de regarder plein de vidéos en boucle pour retrouver un suspect. Un travail d’autant plus difficile que la plupart des pilleurs étaient intégralement vêtus de noir, et masqués pour la plupart.
Pas de reconnaissance faciale en revanche avec Citadel
Mais pas de quoi inquiéter Florian Fournier, président et cofondateur d’Orasio : « Il suffit de faire une requête dans Citadel comme on la ferait dans ChatGPT, par exemple écrire ”Je cherche un individu qui avait une cagoule noire, un sac à dos vert Adidas et des chaussures blanches Nike” », décrit-il auprès de 20 Minutes. Une fois cet individu identifié, il pourra être retrouvé sur toutes les autres vidéos où il apparaît. Restent d’autres limites : la qualité des images, l’angle des caméras, l’éclairage, différents obstacles ou tout simplement la qualité des requêtes.
Florian Fournier l’assure : Citadel ne fait pas de reconnaissance faciale. Le ministre de la Justice Gérald Darmanin a pourtant assuré que cette technologie serait utilisée pour comparer les vidéos avec le fichier de Traitement d’antécédents judiciaires (TAJ). On peut supposer qu’un autre outil que Citadel sera utilisé pour cela. Rappelons que la reconnaissance faciale reste interdite en France, sauf dans certains cas exceptionnels encadrés par l’IA Act et l’article 9 du RGPD.
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