Guerre commerciale | Carney portera le message du Canada devant le Parlement européen

(Ottawa) Le premier ministre Mark Carney tentera de rallier l’Union européenne au mouvement de résistance face aux assauts tarifaires de l’administration Trump en prononçant un discours devant le Parlement européen à Strasbourg, à la mi-septembre.
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Signe du rapprochement rapide entre le Canada et le Vieux continent depuis qu’il est au pouvoir, Mark Carney a reçu une invitation de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, de prendre la parole devant les dirigeants européens.
Cette invitation lui a été formulée cet été. Elle prend toutefois une autre dimension à la lumière de l’escalade des tensions commerciales entre le Canada et les États-Unis au cours des derniers jours.
En fin de semaine, Mark Carney a mis fin d’une manière dramatique aux négociations entre Ottawa et Washington visant à redonner un semblant de normalité aux relations commerciales entre les deux pays. Cette rupture est survenue après que l’administration Trump a modifié à la dernière heure l’ossature de l’entente qui prenait forme, nourrie par un marathon de négociations entre les émissaires canadiens et leurs homologues américains durant près de trois semaines.
Ce faisant, M. Carney est devenu le premier dirigeant d’un pays de l’Occident à servir une telle rebuffade au président Trump. Et il est aussi devenu, selon plusieurs observateurs américains et européens, le leader des puissances moyennes qui cherchent à s’unir pour contrer les efforts du locataire de la Maison-Blanche visant à arracher des concessions aux pays alliés des États-Unis en utilisant la puissance de l’économie américaine.
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Le bureau du premier ministre a confirmé cette autre visite officielle en Europe mercredi matin après que le site Politico a rapporté que M. Carney était attendu à Strasbourg le 16 septembre.
« Le premier ministre Mark Carney a accepté avec plaisir l’invitation de la présidente Roberta Metsola à prendre la parole devant le Parlement européen à Strasbourg, en France. En marge de son allocution, le premier ministre assistera également au discours annuel sur l’état de l’Union européenne que prononcera la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen », a indiqué son bureau.
PHOTO YVES HERMAN, ARCHIVES REUTERS
La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen
« Depuis qu’il est à la tête du gouvernement, le premier ministre Carney a solidifié et élargi la relation du Canada avec l’Europe. L’an dernier, nous avons établi l’ambitieux nouveau partenariat stratégique UE-Canada pour l’avenir ainsi que le Partenariat de sécurité et de défense afin d’approfondir notre coopération dans les domaines du commerce, des technologies, de l’énergie et de la sécurité », a-t-on ajouté.
Son discours pourrait avoir les mêmes échos que celui qu’il a prononcé à Davos, en janvier, en raison des tensions commerciales vives entre le Canada et les États-Unis. Dans ce discours, le premier ministre a dénoncé, sans le nommer, le président Trump, qui utilise selon lui les droits de douane comme une arme pour arracher des concessions à des pays alliés. Le premier ministre a souligné que l’on assiste à une rupture de l’ordre mondial et il a lancé un appel aux puissances moyennes à unir leurs forces face à l’intimidation américaine.
Après ses nombreux messages sur le réseau Truth Social mettant en cause le Canada, mardi, le président Donald Trump a continué de s’en prendre à son voisin du nord mercredi. Il a ainsi affirmé qu’il était plus que temps de donner une leçon au Canada. « Il est temps de faire comprendre au Canada que ça suffit ! », a-t-il déclaré dans une entrevue à l’animateur Glenn Beck.
« J’avais un accord, un très bon accord, vraiment très bon. Ils n’ont rien dont nous ayons besoin. On peut s’en sortir. Peut-être il y a deux ou trois choses qui pourraient compliquer les choses, mais on peut se les procurer ailleurs », a-t-il ajouté.
Samedi, l’administration Trump a imposé de nouveaux droits de douane de 50 % sur quelque 28 milliards de dollars d’importations canadiennes après l’échec des négociations entre les deux pays.
Mardi, le Canada a riposté en imposant des droits de douane de rétorsion aussi sur environ 28 milliards de dollars d’importations américaines et en confirmant un soutien financier aux entreprises et aux travailleurs.
La Maison-Blanche a aussi publié une image montrant un aigle – le symbole des États-Unis – en train de saisir un huard – un animal fétiche au Canada – signe que les tensions commerciales alimentent toutes les tribunes au sud de la frontière.
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