Allemagne: la colère des salariés de l'industrie automobile face aux plans de restructuration

En Allemagne, après les élections désastreuses pour le parti du chancelier Merz, celui-ci a promis de maintenir le cap de ses réformes pour relancer une économie en pleine stagnation. Et le syndicat du secteur IG Metall s'est mobilisé, lundi 21 septembre, contre les plans de restructuration dans l’industrie automobile. Une journée d'action nationale pour défendre les emplois et les sites de production, à la veille d'importantes négociations tarifaires dans la métallurgie. 100 000 salariés étaient appelés à se mobiliser, notamment dans le Bade-Wurtemberg.
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Mercedes, Porsche, Bosch ou Audi : le Bade-Wurtemberg, dans le sud-ouest de l’Allemagne, est l’un des principaux sites de production de l’automobile allemande. Lundi 21 septembre, les salariés étaient appelés par leur syndicat, IG Metall, à manifester pendant leur pause déjeuner, explique notre correspondante à Berlin, Nathalie Versieux.
À Sindelfingen, l’une des plus grosses usines de Mercedes, 20 000 ouvriers étaient massés devant les portes de l’usine. « Dans toutes les discussions que nous avons avec la direction, on essaie de nous impressionner. On nous dit que si on ne renonce pas au 13e mois, si on ne renonce pas aux primes de congés, alors, on ne prolongera pas l’emploi, alors, ici aussi on fermera des usines… Chers collègues, là on répond : on ne nous la fera pas ! », affirme Ergün Lümali, le président du comité d’entreprise.
Opposition aux plans de restructuration
Depuis des mois, IG Metall s’oppose aux plans de restructuration qui se multiplient dans le secteur. Le syndicat dénonce des erreurs de management et l’absence d’innovation, sacrifiée face à la concurrence chinoise au profit des dividendes versés aux actionnaires. 50 000 emplois ont disparu dans le secteur l’an passé, selon les calculs d’IG Metall.
Wolfgang Schroeder, politologue à l'université de Kassel et spécialiste des relations sociales, a estimé que ces manifestations témoignaient d'une véritable inquiétude quant à l'avenir du secteur. « Une mobilisation nationale qui n'est liée ni à des négociations salariales ni à des conflits spécifiques dans une entreprise, mais à tout un secteur et à ses problèmes, c'est plutôt nouveau », a-t-il déclaré.
La mobilisation intervient au lendemain de deux revers électoraux majeurs pour le camp conservateur du chancelier Friedrich Merz, battu dimanche 20 septembre par le parti d'extrême droite AfD dans le Land de Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et par le parti de gauche radicale Die Linke à Berlin.
Ces résultats fragilisent davantage la position du chef du gouvernement et l'obligent à accélérer les réformes face aux difficultés économiques du pays.
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