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Thursday, October 1, 2026

Le Canada fera «une tonne d’argent» avec le nouveau pipeline, fait miroiter Mark Carney

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Le gouvernement Carney s’assure qu’un nouvel oléoduc sera construit sur la Côte Ouest, quels qu’en soient ses coûts et ses impacts sur les émissions du pays, en classant officiellement ce projet comme dans « l’intérêt national » du Canada jeudi.

« Dans un monde plus volatil, dangereux et divisé, la vitesse, la certitude et la prévisibilité sont des avantages compétitifs », a déclaré le premier ministre à partir d’une installation industrielle des sables bitumineux qui bordent la rivière Arthabaska, près de Fort McMurray en Alberta.

Le gouvernement a ressorti sa meilleure poésie pour nommer l’ouvrage le « Lien Pacifique » (« Pacific Link »).

Grâce à sa désignation d’« intérêt national », voilà que tous les permis requis pour le réaliser sont réputés accordés, dans l’attente d’un document qui doit en préciser les conditions d’ici à septembre 2027.

Conformément à la Loi visant à bâtir le Canada (C-5), adoptée sous bâillon en juin 2025, les projets ainsi désignés peuvent bénéficier de passe-droits à différentes lois fédérales, comme des règles environnementales. Mark Carney a plusieurs fois annoncé que ce projet ferait partie de cette liste spéciale des grands projets.

Son gouvernement juge ainsi qu’un nouveau pipeline était dans « l’intérêt » du pays, notamment parce qu’il « générerait d’importants avantages économiques tangibles grâce à la construction de l’oléoduc, à la croissance connexe de la production en amont, à un meilleur accès aux marchés mondiaux et à la réduction des effets négatifs des écarts de prix [du baril de pétrole]. »

Facture totale encore inconnue

Personne ne sait combien il en coûtera pour le trésor public de réaliser cet oléoduc de 1250 kilomètres jamais promis en campagne électorale, puisqu’une évaluation des coûts doit être menée dans la prochaine année. Chose certaine, ce sont les gouvernements fédéral et albertain qui injecteront autour de 90 % des 4 milliards requis pour cette phase préliminaire, sans compter les coûts engendrés pour les possibles poursuites, ont précisé des fonctionnaires aux journalistes jeudi.

En plus du long tuyau, le projet préapprouvé inclut la construction de 11 stations de pompage, un terminal de chargement maritime en mer capable d’accueillir de grands navires, des travaux d’interconnexion au réseau, « et, potentiellement, la production d’électricité ».

Les grands investisseurs privés n’ont jusqu’ici exprimé aucun intérêt pour ce projet d’infrastructure, hormis une participation minoritaire de 10 % de l’entreprise Pembina Pipeline Corporation.

Consultations des peuples autochtones

Jeudi, Ottawa a ajouté que ce projet a le « potentiel de faire progresser les intérêts des peuples autochtones », et qu’un autre 10 % de la propriété du projet devrait être transféré aux Premiers peuples.

Le gouvernement assure avoir déjà effectué les consultations autochtones nécessaires, bien que le premier ministre assure que les communautés continueront d’être écoutées pour la suite des choses. « Toutes les décisions ne sont pas encore prises », a indiqué Mark Carney, qui parle d’une phase de consultations « intensives » pour la suite.

Le premier ministre a insisté sur le besoin de diversifier les exportations pétrolières du Canada, captives des États-Unis. Le gouvernement Trump a toutefois déjà applaudi son projet de nouvel oléoduc, par la voix de son ambassadeur à Ottawa.

Le projet d’oléoduc devait aller de pair avec la construction d’un vaste complexe de stockage de carbone des sables bitumineux, selon une entente avec le gouvernement de l’Alberta. Aucun calendrier n’a encore été dévoilé pour cet autre projet. L’entente avec l’Alberta avait provoqué le départ du cabinet de l’ex-ministre de l’Environnement Steven Guilbeault.

Mardi, le premier ministre Carney était en Colombie-Britannique pour célébrer l’avancement d’encore un autre projet de ressources fossiles, cette fois la seconde phase du projet de LNG Canada. Il s’agit de doubler la capacité d’un gazoduc de 670 kilomètres menant au village de Kitimat, un projet également référé au Bureau des grands projets en septembre 2025.

« Depuis, le projet a reçu un soutien spécial de la part du [Bureau des grands projets] pour pouvoir franchir rapidement et efficacement les étapes menant à la décision d’investissement et au lancement des travaux de construction », peut-on lire dans le communiqué du bureau du premier ministre.

Mark Carney a jusqu’ici esquivé toute question relative aux conséquences de ce projet sur le bilan d’émissions de gaz à effet de serre du pays. Le premier ministre a aussi annoncé qu’il renforcerait la protection des animaux marins de la côte Pacifique.

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