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Monday, September 14, 2026

+1 184 % dans une ville française : ces chiffres montrent où la chaleur devient la plus dangereuse

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Habiter en ville accentue-t-il les conséquences du réchauffement climatique sur notre santé ? Pour répondre à cette question, le premier rapport du Lancet Countdown consacré aux villes européennes rassemble 28 indicateurs portant sur plus de 850 villes : mortalité liée à la chaleur, fumées des incendies, pollens allergisants, pollution atmosphérique, espaces verts ou encore politiques d'adaptation. Publié dans The Lancet Public Health, ce vaste état des lieux montre que les villes du sud de l'Europe figurent parmi les plus exposées. Mais la France n'est pas épargnée, avec des évolutions particulièrement préoccupantes dans plusieurs communes.

Le changement climatique menace déjà la santé des citadins européens

Les villes du sud de l'Europe figurent parmi les plus exposées. Entre les périodes 1991-2000 et 2015-2024, leur taux moyen de mortalité attribuable à la chaleur a augmenté de 160,6 %. Le risque d'incendie a également progressé de 7 % entre 2003 et 2023.

Les conséquences ne se limitent pas aux fortes températures :

  • les fumées d’incendie peuvent dégrader la qualité de l'air très loin des flammes ;

  • les concentrations de pollens allergisants ont plus que doublé dans les villes du sud et de l'est de l'Europe ;

  • la chaleur peut provoquer un épuisement et aggraver certaines maladies cardiovasculaires ou respiratoires.

« Les vagues de chaleur et les incendies de cette année ne sont pas des catastrophes isolées », souligne José Chen-Xu, auteur principal du rapport. Ils sont, selon le chercheur, les symptômes d'un climat qui se réchauffe et favorise des événements extrêmes plus fréquents et plus dangereux.

Toutes les villes de France seront touchées par les conséquences du réchauffement climatique. © Aksim Safaniuk, iStock

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La végétalisation contribue à rafraîchir les villes, à limiter les îlots de chaleur et à améliorer la qualité de l’air. Pourtant, selon le Lancet Countdown Europe, les arbres ne couvrent en moyenne que 9,2 % de la surface des villes françaises. © Daniiielc, iStock

Chaleur et manque d’arbres : quelles villes françaises sont les plus exposées ?

Selon les données françaises publiées en complément du rapport du Lancet Countdown Europe, en France, le nombre annuel moyen de décès attribuables à la chaleur a augmenté de 73 par million d'habitants entre 1991-2000 et 2015-2024. Trois villes du Sud enregistrent les évolutions les plus préoccupantes :

  • Perpignan : le taux annuel de mortalité associé à l'exposition à la chaleur est passé de 10,7 à 139,2 décès par million d'habitants entre les deux périodes étudiées, soit une hausse estimée de 1 184%. ;

  • Martigues : +965 % ;

  • Toulouse : +919 %.

D'autres communes sont fortement confrontées aux îlots de chaleur. Entre 2003 et 2020, Chambéry, Annecy et Nancy ont chacune connu plus de 300 jours durant lesquels la température urbaine dépassait celle des zones rurales voisines de plus de 1,5 °C. Alors que la moyenne nationale s'établissait à 12 jours par été, elle atteignait respectivement 90, 78 et 75 jours dans ces trois villes.

La végétalisation reste également insuffisante. En 2020, les arbres couvraient en moyenne seulement 9,2 % de la surface des villes françaises. La Rochelle disposait de la plus faible superficie arborée, avec 8,6 hectares, soit seulement 0,2 % de sa surface urbaine.

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Ces villes françaises qui montrent la voie

Le rapport ne mesure pas uniquement les menaces. Il permet aussi d'identifier les villes où des progrès sont déjà visibles.

Fréjus et Besançon ont atteint un taux de couverture arborée de 30 % en 2020 et Dunkerque a enregistré la plus forte progression de cette couverture depuis 2000, avec une hausse de 33 %.

Par ailleurs, les émissions de gaz à effet de serre par habitant ont diminué de 42,6 % dans les villes françaises entre 2000 et 2024. Dans le secteur de l'énergie, la partie française de l'agglomération Annemasse-Genève affichait la baisse la plus importante, devant Grenoble et Le Havre. Béziers enregistrait, de son côté, la plus forte diminution de la mortalité prématurée attribuable aux particules fines.

Ces résultats ne permettent pas de désigner une « meilleure » ou une « pire » ville française dans l'absolu : chacune est évaluée selon plusieurs indicateurs. Ils montrent toutefois que les communes ne s'adaptent pas toutes au même rythme. Face à l'accélération du changement climatique, les progrès déjà observés devront maintenant être étendus aux territoires où les risques sanitaires augmentent le plus rapidement.

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