Mali: chasseurs dozos et jihadistes s'affrontent pour un village près de Djenné

Au Mali, le village de Sounga, qui appartient à la commune de Mougna, près de Djenné dans la région de Mopti, continue de résister aux jihadistes du Jnim, liés à al-Qaïda. Alors que les villages alentour se sont pliés à la domination des jihadistes, Sounga refuse de se soumettre, provoquant de violents affrontements la semaine dernière entre les jihadistes du Jnim et les chasseurs traditionnels dozos, qui s'efforcent de protéger les populations dans cette partie du territoire où l'armée malienne n'est pas présente.
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Avec les informations de la rédaction en mandenkan et fulfulde de RFI,
Le village de Sounga est sous blocus du Jnim, lié à al-Qaïda, depuis mai dernier. Cela fait six mois. Et pour cause, des 29 villages qui composent la commune de Mougna, dans le cercle de Djenné, Sounga est le dernier à ne pas s'être plié aux injonctions des jihadistes et le seul à ne pas avoir conclu d'accord local avec le Jnim.
Dans des centaines de villages à travers le pays avec ces accords locaux, les jihadistes imposent leurs règles vestimentaires, religieuses, sociales et prélèvent leur impôt. En échange, les habitants peuvent circuler et travailler sans être attaqués.
À Sounga, les habitants ne se sont pas soumis. Le 21 octobre dernier dans l'après-midi, les jihadistes venus en nombre ont attaqué le village, protégé par des chasseurs dozos, une confrérie traditionnelle muée en groupe d'autodéfense. L'armée malienne est présente à Djenné, à une quarantaine de kilomètres, mais pas à Mougna où ce sont donc les dozos qui ont combattu les jihadistes.
L'aide des autorités sollicitée
« Le fils du chef dozo a été tué dans les combats », témoigne un natif de la zone, joint par la rédaction en fulfulde et mandenkan de RFI. Une source locale proche des dozos donne le bilan de quatre dozos tués, une dizaine de blessés et plusieurs maisons incendiées. Une autre source, proche du Jnim, revendique « une dizaine de dozos tués », autant de blessés et des prisonniers, sans préciser leur nombre.
Ces derniers jours, le village a encore essuyé des tirs et des attaques de drone de la part du Jnim. Les habitants, sommés par les jihadistes de se soumettre ou de partir, sollicitent l'aide des autorités.
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