Colère sociale en France: la mobilisation lycéenne se poursuit, le gouvernement sous pression

Ce lundi 2 novembre, les lycéens et les étudiants ont fait leur rentrée scolaire en France. Une rentrée marquée par la poursuite du mouvement dans plusieurs régions. Le gouvernement craint que le mouvement perdure et c'est une semaine à haut risque qui s'annonce pour l'exécutif.
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Jeudi 29 octobre, le président français Emmanuel Macron avait invité les élèves à reprendre les cours « dans le calme », en leur assurant qu’ils avaient été entendus. Le premier test pour le gouvernement était de savoir combien de lycées seraient bloqués ce lundi. Et les premiers chiffres de l'Éducation nationale viennent de tomber. Des chiffres assez résiduels puisque 41 établissements ont été bloqués, soit environ 1 % des lycées.
Le gouvernement avait bien tenté de reprendre la main avec une série d'annonces trois semaines après le début de la mobilisation. Parmi ces mesures : limiter le nombre d’élèves par classe en seconde à 28 dès la rentrée prochaine. Mais aussi remplacer progressivement Parcoursup d'ici 2028 par un nouveau système d'admission ou encore une enveloppe de plusieurs milliards d'euros visant à financer la rénovation des bâtiments scolaires.
Des promesses plus que des mesures concrètes applicables immédiatement. Alors les organisations syndicales veulent poursuivre la mobilisation. L'une d'elles, l'Interfac, estime que « les miettes lâchées par le gouvernement nous indiquent que celui-ci est prêt à des concessions, mais aussi à des arnaques ». Autrement dit, pas question de s'en contenter.
Il y a une grande majorité – de ce que j'ai pu observer – qui étaient pour le blocus mais qui m'ont dit avoir peur de leurs parents, de Parcoursup, des sanctions qu'ils vont avoir s'ils ne rentrent pas...
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Au lycée Condorcet à Paris, un blocage en demi-teinte
Laura Martel
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« Six-seven populaire »
Plusieurs mobilisations dans la rue sont attendues pendant la semaine. D'abord demain, mardi 3 novembre, avec de nouveaux appels au blocage des lycées et des universités. Mais le rendez-vous le plus important est attendu ce jeudi 5 novembre, avec une journée nationale massive de grève et de manifestations.
Les « gilets jaunes », déjà à l'initiative de nombreuses actions ces dernières semaines, appellent à prolonger le mouvement le 6 et 7 novembre pour faire un « six-seven populaire ». « Six-seven », cette expression mystérieuse accompagnée d'un geste des mains tout aussi cryptique popularisée sur internet. Le tout ne veut rien dire, mais est devenu un mème comique et absurde, repris sur les réseaux sociaux partout dans le monde depuis l'an dernier.
Cette fois encore, la mobilisation va dépasser la seule question de l'éducation. Parmi les cortèges : jeunes, fonctionnaires, retraités, mais aussi salariés… Travailleurs, du public, et pour la première fois depuis la rentrée du secteur privé. Une grève interprofessionnelle visant à réclamer une hausse des salaires, la défense du pouvoir d'achat, le renforcement des services publics. Une convergence des luttes que les organisations syndicales espèrent massive.
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Répondre à la colère sociale
La marge de manœuvre du gouvernement demeure assez étroite. Sébastien Lecornu le sait, il doit répondre à la colère des lycéens. Le Premier ministre s'est dit prêt aujourd'hui à les recevoir de nouveau à Matignon. Rendez-vous pris la semaine prochaine. L'occasion, dit-il, de faire « le point sur les engagements pris, les difficultés à lever pour les mettre en œuvre, et les décisions suivantes. »
Face à la colère sociale, le Premier ministre devra également tenter d'y répondre, notamment sur le pouvoir d'achat et les salaires. Une revalorisation du salaire minimum brut envisagée par le gouvernement sous la pression syndicale. Vendredi, le ministre du Travail, Jean-Pierre Farandou, s’est dit ouvert à l’idée d’augmenter le Smic dès décembre, au lieu de janvier, avec une hausse supplémentaire de 0,5 à 0,6 %. Au total, cela représenterait une vingtaine d’euros nets de plus par mois. Un montant insuffisant pour les syndicats, dont certains demandent que le Smic soit revalorisé à 2 000 euros brut par mois, contre 1 867 euros actuellement.
Dans l’ensemble, les organisations syndicales veulent aller beaucoup plus loin. Leur objectif est clair : maintenir la pression sur le gouvernement et obtenir des engagements concrets. D'autant que les marges budgétaires sont limitées, alors que les débats sur le budget 2027 se poursuivent à l'Assemblée nationale. Et le calendrier politique n'arrange rien. À six mois de l'élection présidentielle, le gouvernement espère sans doute éviter une fin de quinquennat marquée par une succession de mouvements sociaux. Sauf que rien ne garantit que le mouvement, maintenant bien étendu, ne faiblisse dans les prochaines semaines.
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