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Tuesday, August 25, 2026

Urgence climatique : les responsables politiques réagissent mais ne préviennent pas les crises

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Les promesses sont encore assez floues mais il y a des promesses.

Six jours après l’apparition des premières flammes qui consumaient les Fagnes, le jeudi 20 août dernier, Bernard Quitin (MR) était invité à une séance extraordinaire de la commission de l’Intérieur. L’opposition avait réclamé cette séance pour évoquer l’impréparation de la Belgique en cas de crise climatique majeure.

Le ministre de l’Intérieur promettait alors d’élaborer un plan national de résilience qui inclura les risques liés au changement climatique ainsi qu’un renforcement et la préservation de la protection civile qui avait été partiellement démantelée en 2017.

Il précisait toutefois que la solidarité européenne restera un pilier de ces promesses de résilience : " Aucun pays ne peut maintenir en permanence, 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, l’ensemble du personnel, des avions, des hélicoptères et des véhicules prêts à intervenir dans le scénario le plus extrême ".

Quasi dans le même temps, le ministre fédéral du climat, Jean-Luc Crucke (Les Engagés) exprimait le souhait d’inclure systématiquement les scientifiques, à savoir le CERAC (Centre d’analyse des risques du changement climatique) et l’IRM (Institut royal météorologique) dans les processus d’analyse et de préparation aux crises.

" Le risque climatique ne peut plus être considéré comme un risque périphérique. Il doit être pleinement intégré à notre architecture de prévention, d’anticipation et de gestion de crise ", déclarait Jean-Luc Crucke par voie de communiqué.

La réponse n’est pas inadéquate mais incomplète

Les experts du climat ont toutefois une lecture nuancée de ces annonces et intentions. Cela ne suffira pas. "C’est une première famille de décisions qu’on peut adopter ", selon François Massonnet, climatologue à l’UCLouvain et au FRNS. " Mais parer les chocs ne nous permet pas de ne pas nous faire dépasser à long terme par les effets délétères des changements climatiques " analyse-t-il.

Concrètement, les mesures avancées au plus fort de la crise sont des mesures d’adaptation aux effets du changement climatique, "on est sur une réponse à court terme qui est nécessaire et salutaire ", souligne Karim Sheikh Hasson, le directeur adjoint du CERAC, " la question c’est de savoir comment est-ce qu’on réagit à plus moyen et long terme" poursuit l’expert qui sera chargé de conseiller le gouvernement.

Les experts constatent l’absence d’intention d’accélérer les politiques d’atténuation du changement climatique : "là où on ne voit rien venir, c’est vraiment sur les politiques d’atténuation, donc de réduction de nos émissions de gaz à effet de serre ", explique François Massonnet.

L’atténuation c’est pour l’Europe ?

A ce stade, le débat sur la transition hors des énergies fossiles est renvoyé au niveau européen, Jean-Luc Crucke promettait de défendre cet aspect de la lutte contre le réchauffement, "au niveau international ".

Rappelons donc que l’objectif européen en matière d’atténuation est d’arriver à un continent décarboné d’ici 2050, " il ne faut pas trop se laisser leurrer par cet objectif 2050 qui est un objectif malheureusement trop lointain, qui est ponctuel ", selon François Massonnet qui se montre sceptique, " on a l’impression qu’on peut se permettre de vivre de façon très large jusqu’à 2049 et qu’on verra bien en 2050 ce qui se passe ".

Les quelques saisons estivales restantes d’ici la fin de la législature imposeront sans doute à nouveau la question dans les débats politiques en Belgique.

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