וואלהאח של מבוקש ניסה לחטוף ללוחם את נשקו - הכוחות ירו בו למוותThe Jerusalem PostUS officials prepare for chaos amid concerns Trump will try use federal power to swing midtermsCNN TürkGalatasaray, Barcelona maçı öncesi stadyum zeminini yeniliyorESPNZverev claims the US Open title amid a chaotic tournament -- and seasonPunchTrump declines appeal to pardon mother accused of killing three childrenInquirerWATCH: Sara Duterte impeachment trial | Sept. 15, 2026Bollywood HungamaSooraj Pancholi DENIES link to Disha Salian death case after CBI FIR names him alongside Aaditya Thackeray, Rhea Chakraborty: “Very unfair and extremely upsetting”Inquirer EntertainmentHundred Islands Film Fest draws top original films in Pangasinan한겨레초소형군집위성 등 15기 탑재 완료…누리호 다음달 우주로Egypt IndependentYemen’s Gate of Tears: How another critical waterway became Iran’s wild cardSözcü40 kişinin yaşadığı köyde bedava ev dağıtılıyorUOLLivro resgata o romance avassalador de Marcel Duchamp e Maria Martins
The Daily Newsstand · Free, Always
Tuesday, September 15, 2026

La «Tara Polar Station» dans la banquise pour étudier la biodiversité et le climat en Arctique

Translate

La mission s'appelle « Tara Polaris I ». Le 9 septembre, un laboratoire de la fondation Tara Océan a commencé sa dérive sur la banquise de l'Arctique, une opération devant se prolonger jusqu'à fin 2027, à travers la partie centrale du plus septentrional des océans.

C'est une station, ou un bateau ? « Les deux, mon capitaine ! » Le 19 juillet dernier, la fondation privée Tara Océan annonçait le départ de son second navire, 20 ans après la prise en glace d'une goélette en Arctique. La Tara Polar Station, construite à Cherbourg, quittait son port d'attache de Lorient pour sa toute première expédition au pôle Nord.

Depuis, ce laboratoire scientifique flottant, conçu de manière originale en forme d'igloo, a rallié Rotterdam, aux Pays-Bas, pour se ravitailler en carburant « HVO », une huile végétale hydrotraitée fournie par l'entreprise Neste. Il a ensuite mis le cap sur Tromsø, en Norvège, puis vers Kirkenes, dans une quête devant le conduire au courant transpolaire.

Profitant de la libération progressive du passage du Nord-Est en été, le long de la Russie, la station a retrouvé début septembre le brise-glace chinois Xuelong 2. Ce dernier lui a ainsi ouvert une voie pour les dernières dizaines de kilomètres, et après s'être laissé emprisonner, ses occupants ont finalement commencé leur dérive avec la banquise de l'océan Arctique. Aux dernières nouvelles, ils se trouvaient sur le même fuseau horaire que le Japon.

Douze membres d'équipage et un chien

Doté de sa propre timonerie en surplomb, et pouvant naviguer à 15 km/h, soit huit nœuds, l'engin avance moteurs coupés désormais. Il peut abriter près d'une vingtaine de personnes au total, confortablement entourées d'une coque ovale de 20 millimètres d'épaisseur et 26 mètres de long, conçue pour s'élever sous la pression de la glace de mer.

L'équipage initial se compose de 12 membres – huit hommes et quatre femmes –, qui seront remplacés en avril par avion. La mission doit durer entre 400 et 500 jours au total. D'ici là, l'hiver se profile pour le premier tour de garde, avec cinq mois de nuit polaire notamment, dans l'un des endroits les plus isolés de la planète.

C'est un huis clos, confirme Romain Troublé, directeur général de la fondation Tara Océan, et en quelque sorte ingénieur en chef du vaisseau, joint par RFI. « Ils ont chacun la possibilité de s'isoler dans leur cabine, d'être isolés dans l'isolement. C'est important, je crois, d'avoir un petit carré privé », commente-t-il.

Un chien se trouve à bord, un Lapon finlandais nommé Örkki, notamment chargé de lancer l'alerte quant à l'éventuelle présence d'ours polaires au cours de la mission.

La Tara Polar Station, le 10 janvier 2026 en Finlande.
La Tara Polar Station, le 10 janvier 2026 en Finlande. © Maéva Bardy / Fondation Tara Océan

Biodiversité et changement climatique

« Nous avons un capitaine, un second capitaine, un chef mécanicien, une cuisinière, un docteur, un correspondant de bord, énumère Romain Troublé. Les six autres personnes sont des ingénieurs, des scientifiques ; des spécialistes de la glace, de la biologie, de la génomique, qui vont travailler pour l'ensemble des laboratoires impliqués dans le projet, un peu comme dans la Station spatiale internationale, l'ISS. »

Ces scientifiques sont placés sous la direction de l'océanographe polaire canadien Marcel Babin, ancien directeur de recherche pour le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) au sein du laboratoire international de recherche Takuvik, une unité mixte sous la triple tutelle du centre français, de l'université Laval, au Québec, et de la Sorbonne. Une trentaine de centres de recherche de 12 pays sont associés à l'expédition.

Notre mission doit notamment étudier la biodiversité et l'influence du changement climatique sur l'océan Arctique, qui se réchauffe trois à quatre fois plus vite que le reste de la planète.

Un puits dans l'océan qui entoure le pôle

Dans sa partie inférieure, « humide », la Tara Polar Station cache un « puits central ». Il traverse la carène et permet de garder un lien direct avec ce qu'il se passe sous la banquise. Peut-être que quelqu'un ramènera un croissant, plaisante le navigateur, biologiste de formation, qui espère surtout découvrir et pouvoir observer des espèces.

Il y a de l'imagination là-dedans, un peu de Jules Verne. Notre station est faite pour ces programmes-là, pas pour autre chose. Et c'est la première fois qu'on la met dans la glace pour longtemps, tout un hiver.

Les personnes à bord sont très compétentes et bardées d'équipements. L'astronaute français de l'ESA Thomas Pesquet parraine le projet. Il a inauguré la station avec Agnès b., et serait bien parti aussi, selon Romain Troublé. « Il y a des analogies, dit-il, avec le spatial. C'est intéressant pour nous, cette expérience de la science à distance. Beaucoup de choses réalisées par l'Agence spatiale européenne sont importantes à nos yeux. »

Tara Polaris I coïncide avec le vingtième anniversaire de l'expédition Tara Arctic, 507 jours de dérive sur la banquise de l'océan Arctique à bord d'une goélette, entre septembre 2006 et janvier 2008.
Tara Polaris I coïncide avec le vingtième anniversaire de l'expédition Tara Arctic, 507 jours de dérive sur la banquise de l'océan Arctique à bord d'une goélette, entre septembre 2006 et janvier 2008. © Fondation Tara Océan

« Tout ce qui n'est pas prévu peut arriver »

Des craintes existent. « Nous sommes prêts à tout, mais tout ce qu'on a prévu ne va pas arriver, et que tout ce qui n'est pas prévu peut arriver. C'est une façon de penser, il faut prendre la surprise comme elle vient », philosophe Romain Troublé.

« L'équipe à bord s'est préparée. La coque est solide, on n'est pas trop inquiets pour l'intégrité du bateau », poursuit-il. S'il est un point faible, c'est le gouvernail, identifie le dirigeant : « Il vient d'être bloqué par l'équipage, non sans mal. C'est l'appendice du bateau qui attirera l'attention de l'équipage lors des mouvements de glace. »

M. Troublé se dit plus concerné pour les gens, les blessures à bord, « l'accident bête et méchant de la vie domestique ». Les risques sont les mêmes qu'ailleurs tous les jours, explique-t-il, « sauf que là-bas, c'est plus compliqué d'aller les secourir ».

Archive RFIPiloter la goélette Tara (2013)

Une part d'incertitude concernant le trajet

Tara Océan et ses partenaires entendent « raconter ce pôle », et poser un diagnostic sur « l'état de santé » de l'océan Arctique central. Romain Troublé cherche d'autres partenaires, notamment parce qu'il souhaiterait que la fondation qu'il dirige puisse mener ce type d'expéditions sur la banquise tous les deux ans au cours des deux décennies à venir.

C'est un long projet, qui va d'abord apporter des réponses assez rapidement sur la diversité, les espèces vivantes qu'on y trouve, ou qui sont endémiques de ce coin de la planète ; sur les processus à l'œuvre dans la banquise ; quel sera l'impact de sa disparition, d'un Arctique sans banquise, dans les années qui viennent ; sur les pêcheries ou autres processus vitaux pour nous tous et toutes plus au Sud.

Le directeur général insiste sur l'enjeu de préservation de l'Arctique, et celui de sa gouvernance, notamment via le Conseil de l'Arctique. Il souhaite « éclairer » à l'aide de données les décisions politiques pour mieux protéger les régions polaires dans le futur. Le Premier ministre canadien est sur le coup.

La nuit commencera à tomber dans les semaines à venir. Et la station polaire devrait se rapprocher du centre de l'océan et du pôle Nord, dans les premiers mois de l'année prochaine, avant de redescendre du côté du nord de l'Europe, quelque part entre le Groenland, le Svalbard ou l'Islande. « On ne le sait pas, c'est un périple. Nous avons mis le bateau dans la glace, et nous verrons où il sortira de la glace, et quand », fait remarquer Romain Troublé, décelant même, dans cet inconnu, « une poésie dans le monde d'aujourd'hui où tout est prévu ».

Écouter aussi«Tara», l'art et la science pour décrypter l'océan

View the original on RFI

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.