Ceuta: la colère monte contre les migrants, le gouvernement espagnol s'efforce de trouver des solutions

La majorité des plus de 70 000 migrants qui étaient entrés à Ceuta fin juillet 2026 sont retournés au Maroc. Mais plusieurs milliers restent sur place et, depuis, la situation ne cesse de s'envenimer. Des manifestations ont lieu quasi quotidiennement. La population locale réclame un retour à la normale. Face à cette colère, les autorités espagnoles ont ouvert dans l’enclave, ce dimanche 13 septembre, un nouveau centre d’accueil pour 864 migrants.
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L’essentiel des 80 000 habitants de Ceuta n’ont de cesse de voir partir les 5 000 à 8 000 personnes restées dans l'enclave, selon les estimations. C’est, certes, peu par rapport aux 72 000 qui étaient entrés à la nage fin juillet 2026 à l’occasion de la plus grande entrée migratoire jamais connue dans ce petit morceau d'Espagne en terre africaine, indique notre correspondant à Madrid, François Musseau.
Mais, un mois et demi plus tard, les locaux ne cachent pas leur colère contre leur présence, sur les plages, dans les parcs publics, dans les terrains vagues, dans les recoins des moindres quartiers.
Plus de 5 000 personnes « rentrées volontairement » au Maroc
Angel Victor Torres, ministre chargé de piloter la réponse du gouvernement, a indiqué dans une vidéo publiée le 13 septembre sur les réseaux sociaux que 5 321 personnes étaient « rentrées volontairement » au Maroc depuis le 10 août. Plusieurs milliers sont toutefois restés à Ceuta, où la situation s'est depuis dégradée, donnant lieu à des épisodes de violence et à des manifestations quasi quotidiennes de la population locale, qui réclame un retour à la normale.
Le gouvernement a dû identifier les milliers de migrants qui sont restés plusieurs semaines afin de vérifier s'ils avaient droit à l'asile, tandis que les enfants non accompagnés ne peuvent pas être expulsés sommairement. Quatre-vingt-dix personnes ont « renoncé » à leur demande de protection internationale et « près de 1 000 personnes sont en cours d'enregistrement dans le but de pouvoir finaliser leurs procédures de retour », a ajouté le ministre Torres.
Ceuta, entre peur et xénophobie
Le gouvernement de Pedro Sanchez s’efforce de placer les migrants restants dans des centres d’accueil - il y en a actuellement 4 300, avec l'objectif d'atteindre 6 000 « dans un avenir proche ». Et un nouveau centre avec 864 nouvelles places vient d’être habilité. Mais cette stratégie visant à y traiter leurs dossiers dans une atmosphère sereine ne calme pas les esprits d’une population locale, dont beaucoup disent avoir peur et ne plus supporter l’insécurité.
Du côté des migrants, beaucoup dénoncent les actions xénophobes et violentes contre eux.
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