Nouveau rebondissement dans l’affaire du Qatargate : la justice conclut à un non-lieu pour le volet italien !

Près de quatre ans après l’éclatement du scandale du Qatargate, un volet de l’enquête vient de connaître son épilogue en Italie. Selon le quotidien italien Corriere della Sera, la justice milanaise a décidé de classer sans suite une enquête pour blanchiment d’argent, faute de preuves suffisantes.
Pour rappel, l’affaire Qatargate a éclaté en décembre 2022 en Belgique. Plusieurs personnes liées au Parlement européen sont soupçonnées d’avoir reçu de l’argent du Qatar et du Maroc en échange de leur influence sur certaines décisions européennes. Parmi les principaux protagonistes figurent l’ancien eurodéputé italien Antonio Panzeri, son ancien assistant Francesco Giorgi et Eva Kaili, ancienne vice-présidente du Parlement européen et compagne de Giorgi.
320.000 euros sur les comptes d’une société
L’enquête italienne portait sur Equality Consultancy, une société installée à Opera, près de Milan. Les enquêteurs belges soupçonnaient cette structure d’avoir permis à Antonio Panzeri et Francesco Giorgi de transférer vers l’Italie une partie de l’argent issu de la corruption présumée.
Plusieurs éléments avaient éveillé les soupçons. Entre 2019 et novembre 2022, date de sa mise en liquidation, Equality avait perçu environ 320.000 euros. Pourtant, cette société ne disposait ni d’employés ni d’une véritable structure opérationnelle.
La justice italienne a notamment établi que 200.000 euros avaient été perçus par la comptable Monica Bellini, tandis que 28.000 euros avaient été versés à Silvia Panzeri, fille de l’ancien eurodéputé, pour des prestations de conseil juridique.
Des fonds venus de Turquie
Les enquêteurs ont également remonté la piste de plusieurs versements provenant de sociétés turques. Une partie de l’argent, soit 60.000 euros, provenait de deux entreprises contrôlées par un avocat turc spécialisé dans les droits de l’homme.
Ce dernier a expliqué que ses sociétés avaient conclu un contrat pour des activités de lobbying auprès du Parlement européen, notamment concernant les conflits en Syrie et au Yémen. Il affirme toutefois que les engagements pris par Francesco Giorgi n’ont jamais été concrétisés.
D’autres fonds provenaient d’une société basée à Istanbul. Mais les autorités turques n’ont pas répondu aux demandes d’informations de la justice italienne, empêchant les enquêteurs de retracer complètement l’origine de cet argent.
Des soupçons, mais pas de preuves
Malgré ces zones d’ombre, la juge milanaise Angela Minerva a estimé que les éléments réunis ne permettaient pas de démontrer que les sommes avaient un lien avec des faits de corruption.
Le parquet de Milan avait lui-même demandé le classement de l’affaire. La justice italienne avait notamment sollicité des documents complémentaires auprès des enquêteurs belges, sans obtenir les éléments nécessaires pour étayer les soupçons.
La comptable Monica Bellini, qui avait passé une journée en prison et deux semaines en résidence surveillée au début de l’affaire, voit donc ce dossier classé sans suite.
Et en Belgique ?
Cette décision ne signifie toutefois pas que l’affaire Qatargate est terminée. Elle concerne uniquement le volet italien relatif aux soupçons de blanchiment d’argent autour de la société Equality.
En Belgique, l’enquête principale, qui implique notamment Antonio Panzeri, Francesco Giorgi et Eva Kaili, reste ouverte. Les faits de corruption présumée n’ont pas encore été tranchés par un tribunal.
Antonio Panzeri et Francesco Giorgi ont toujours soutenu que les fonds examinés dans ce volet italien avaient une origine légale.
Le classement sans suite prononcé à Milan constitue donc un revers pour cette piste de l’enquête, sans pour autant mettre fin aux poursuites et investigations menées en Belgique.
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