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Monday, October 19, 2026

Manifestations en France : à quel parti profite vraiment la casse ?

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Une cellule interministérielle de crise se tenait ce matin autour d’Emmanuel Macron. Le président a déjà refusé la démission du ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Plusieurs manifestations ont eu lieu ce week-end à travers l’Europe, notamment à Bruxelles et dans plusieurs villes en Italie. Il semble néanmoins que c’est particulièrement en France que la situation a le plus dégénéré à la suite des manifestations.

Joan Condijts souligne que cette mobilisation s’inscrit au cœur d’un mouvement structurel de fissure du contrat social européen : "Il faut réenchanter [le contrat social]. On voit qu’il est menacé par toute une série de choses. La compétitivité qui est occupée à baisser en Europe, par l’intelligence artificielle qui bouscule le monde du travail, par aussi ce monde du travail qui a changé. Les aspirations des citoyens ont changé. On a envie de plus de confort, on a envie de plus de congés que nos parents. Donc tout ça, ça conduit à ces mouvements sociaux qui sont légitimes. Et par ailleurs, ils sont employés par, et là on est plus dans du conjoncturel, par cette convergence des luttes qui a dérapé". 

François Gemenne inscrit également ces violences dans un malaise social plus profond, nourri par le sentiment d’une dégradation du niveau de vie et du décrochage de l’Europe face aux autres puissances : "C’est la raison pour laquelle on a vu que les manifestants s’attaquaient à toute une série de symboles des inégalités, y compris parfois à des symboles de l’État lui-même. La mairie de Limoges est évidemment un bon exemple".

© Carl Court/Getty Images

Le Rassemblement National gagnant du désordre en France ?

Le directeur éditorial de directeur éditorial Forbes Belux impute notamment ces dérapages, qui occultent donc ces revendications légitimes, aux extrêmes. Même constat pour François Gemenne. Il pointe certains politiques, notamment de La France Insoumise, qui auraient attisé cette violence, au point que leur leader, Jean-Luc Mélenchon, "quand même très gêné aux entournures", devrait "perdre quelques plumes après les événements de ce week-end". 

Ces débordements s’inscrivent néanmoins dans une dynamique plus large, observe-t-il : "On ne peut pas aussi ne pas mettre en cause le climat politique et les déclarations qui ont cherché à hystériser le débat, à tout conflictualiser. Et effectivement, on a évidemment l’élection présidentielle en ligne de mire". Selon lui, c’est aujourd’hui le Rassemblement National, se présentant comme le parti de l’ordre face aux casseurs, qui en "tire les marrons du feu", et profite donc le plus électoralement de ces débordements... Mais LFI, qu'il estime user d'une stratégie à double tranchant, profite aussi de ces scènes de chaos : "C'est évidemment aussi le plan de Jean-Luc Mélenchon de faire monter autant que possible le RN pour s'imposer ensuite en recours".

La réponse d’Emmanuel Macron... totalement inutile

Toujours selon François Gemenne, l’allocation du président de la République n’a d’ailleurs pas permis d’apaiser les tensions : "Je pense qu’il aurait mieux valu ne rien dire si c’était pour aligner ainsi toute une série de poncifs et de phrases convenues. En réalité, les gens attendaient des annonces, y compris les manifestants qui ont défilé pacifiquement contre la vie chère. Il n’y a eu aucune annonce".

Pour Joan Condijts, le discours prononcé par Emmanuel Macron a davantage donné l’impression d’un président de la République dépassé par les événements. Mais une réponse structurelle, bien que nécessaire, est difficile à instaurer alors que le parti présidentiel ne dispose pas d’une majorité à l’Assemblée nationale.

► Écoutez ci-dessus l’intégralité de cette discussion dans le podcast de Matin Première.

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