“Les perspectives se détériorent chaque jour”: le prix du gaz grimpe encore sur fond de craintes sur les réserves
Les prix européens du gaz ont poursuivi leur hausse lundi, alimentés par les craintes concernant les réserves et l'approvisionnement du Vieux-Continent.
Kevin Dupont
Source: Belga
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Sur le marché à terme néerlandais, le cours du gaz naturel prenait jusqu’à 5% lundi, avant de céder un peu de terrain. Mais le mégawattheure du TTF s’affichait encore en hausse de plus de 4%, à plus de 68,5 euros. La référence européenne a vu son cours multiplié par plus de deux depuis le début de l’année.
Selon l’expert en énergie Matthias Detremmerie, de la société Elindus, les prix du gaz naturel pour livraison le mois suivant sont au plus haut depuis trois ans et demi. Les prix du gaz naturel pour livraison en 2027 sont quant à eux à un sommet inédit depuis trois ans.
62%
Dans le sillage du gaz, les prix de l’électricité en Belgique, pour livraison en septembre, sont aussi au plus haut depuis trois ans et demi, constate encore Matthias Detremmerie. Les réserves européennes de gaz ne sont actuellement remplies qu’à 62%. Il faut remonter à 2009 pour retrouver un niveau aussi faible à ce moment de l’année.
Le conflit au Moyen-Orient, et les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, compliquent l’approvisionnement et poussent les prix du gaz naturel à la hausse. “Les perspectives se détériorent chaque jour”, résume Florence Schmitt, analyste chez Rabobank, en référence aux réserves faibles, à une possible escalade du conflit dans le Golfe persique et à une réduction des exportations gazières norvégiennes, en raison de travaux d’entretien.
L’inquiétude croît surtout en Allemagne, qui est le premier consommateur de gaz en Europe. Outre-Rhin, les réserves de gaz ne sont remplies qu’à moitié. C’est moins encore en Belgique mais la capacité de stockage de notre pays, avec le site de Loenhout, est faible. La Belgique bénéficie toutefois de connexions directes de gaz avec le Royaume-Uni et la Norvège, et dispose du terminal de gaz naturel liquéfié (GNL) de Zeebrugge, ce qui réduit sa dépendance au stockage en hiver.
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