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Monday, October 5, 2026

Climat : une pré-COP31 inédite dans le Pacifique, l'Australie attendue au tournant

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Quelques semaines avant la COP 31, qui se tiendra en Turquie, Fidji et Tuvalu accueillent du 5 au 8 octobre une pré-COP, la première de l’histoire, destinée à mettre l’accent sur les difficultés pour les nations insulaires, les plus directement menacées par le réchauffement climatique. L’Australie, qui co-accueille la prochaine COP avec la Turquie, aura le rôle de négociateur en chef et envisage de se faire un porte-voix puissant de ce qu’elle désigne comme sa « famille du Pacifique ». Mais les relations entre ces pays et leur voisin australien sont très ambivalentes.

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Il faut le reconnaître, c’est grâce à l’insistance de l’Australie que, pour la première fois dans l’histoire des conférences sur le climat, une pré-COP est organisée, rapporte le correspondant de RFI à Sydney. Et qui plus est dans le Pacifique, plus précisément à Tuvalu, le pays le plus immédiatement menacé par la montée des eaux, dont les terres pourraient être à 95% submergées dès 2050.

Par ailleurs, l’Australie, forte de son statut de négociateur en chef, compte faire entendre la voix des nations insulaires, du Pacifique et d’ailleurs, comme jamais auparavant, et porter leurs priorités, c'est-à-dire maintenir l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5 degré, améliorer l’accès aux financements climatiques et donner beaucoup plus de place à l’océan dans les négociations. Cette semaine va donc constituer le premier test grandeur nature pour la diplomatie australienne.

Le paradoxe australien

Mais dans le même temps, l’Australie est le troisième plus grand producteur mondial d’énergies fossiles. C’est pourquoi, comme l’a récemment rappelé Maina Vakafua Talia, le ministre du Climat de Tuvalu, l’Australie ne peut pas se contenter de mots : « Nous voulons continuer à travailler avec l’Australie pour la pousser à en faire plus pour assurer la survie de notre peuple… et en tant que membre de notre famille du Pacifique, la pousser à tenir ses engagements…» Or, ce n’est pas la direction qu’elle semble prendre. Mercredi dernier, une mine de charbon qui devait fermer à la fin de l’année a été autorisée à prolonger ses opérations jusqu’en 2045, ce qui devrait se traduire par l’émission de plus de 800 millions de tonnes de CO2 dans l’atmosphère.

Alors que signifie encore maintenir l'objectif de 1,5 degré ? Comment accélérer réellement la baisse des émissions et la transition énergétique ? Les pays vont commencer à chercher les compromis qui pourraient ensuite être adoptés à Antalya lors de la COP31 en novembre. Et il y a un sujet crucial : l’argent. Pas seulement le montant des financements, mais comment y avoir accès. Les États insulaires dénoncent depuis des années des procédures internationales tellement complexes qu’ils ont parfois beaucoup de mal à obtenir l’argent disponible.

À Tuvalu, les négociateurs face à la réalité

Parce que l’adaptation au changement climatique, ce n'est pas du tout abstrait : c’est protéger un village de la montée des eaux, sécuriser l’eau potable, reconstruire après un cyclone, parfois même déplacer une communauté entière. Et c’est pour cette raison que des dirigeants vont être emmenés à Tuvalu, l’un des pays les plus exposés à la montée du niveau de la mer. Ils vont visiter des sites touchés par le changement climatique et des projets d’adaptation. C’est évidemment symbolique : mettre les négociateurs physiquement face aux conséquences de leurs décisions.

Et cela permet au Pacifique de pousser son troisième grand dossier : l’Océan. Ces États veulent que sa protection et son rôle climatique soient beaucoup mieux intégrés dans les décisions de l’ONU. Pas de grand accord attendu lorsqu'elle se terminera jeudi 8 octobre. Elle sera jugée sur sa capacité à mettre la COP31 sur de bons rails, à réduire les divergences, et pour une fois sur place à mettre en avant les enjeux des îles du Pacifique, des territoires littéralement menacés de disparition par les conséquences du réchauffement climatique.

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