Hymne à Céline

Mon amie Marie-Pier et moi entrons dans la loge VIP de la Plenitude Arena, à Paris, pour assister au grand retour de Céline Dion sur scène. La première personne qui nous y accueille, c’est Mia Dumont.
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Ça m’émeut profondément.
Mia Dumont incarne, à elle seule, toute l’histoire de Céline. De son anonymat à la gloire planétaire.
En 1981, l’agent René Angélil veut convaincre le légendaire parolier Eddy Marnay, chanté par Édith Piaf, Juliette Gréco, Michel Legrand et tellement d’autres icônes de la chanson française, d’écrire pour sa nouvelle protégée, une inconnue âgée de 13 ans. Il l’invite à venir l’entendre dans son bureau.
Sont présents à cette audition improvisée : René, Céline, Maman Dion, Eddy Marnay et l’attachée de presse Mia Dumont, compagne de Marnay.
René tend un crayon à Céline en guise de micro. Et Céline chante :
« Ce n’était qu’un rêve
Ce n’était qu’un rêve
Impossible à oublier… »
Eddy et Mia sont plus qu’impressionnés, ils sont bouleversés. Sur le chemin du retour, Mia dit à son conjoint : « J’en reviens pas de ce que l’on vient de vivre. C’était tellement beau. Tellement grand. La voix de cette fille, on dirait la voix du bon Dieu ! »
Marnay trouve l’image si forte qu’il dit à Mia d’écrire le texte de la chanson et lui composera la musique. Mia réplique qu’elle n’a jamais écrit de chanson. Il lui répond qu’il n’a jamais composé de musique.
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Eddy Marnay, Mia Dumont et Céline Dion
Et c’est ainsi que la deuxième chanson de la prodige de Charlemagne, après celle tricotée par sa mère et son frérot, est signée Dumont-Marnay. Elle raconte ce que Mia a ressenti en entendant pour la première fois la voix de la plus jeune des Dion.
« C’est un philtre magique
Ce don de la musique
C’est comme un grand cadeau
Que le ciel nous a fait
On a tous un peu la voix du bon Dieu
Quand on rend les gens heureux… »
Depuis ce jour, Mia Dumont fait partie de la famille de Céline. Constituée d’abord des parents, frères et sœurs qui l’ont soutenue, et des membres précieux qui s’y sont ajoutés dans le même but.
De l’organisation du lancement du premier album de la jeune chanteuse jusqu’à la conception du programme de sa présente résidence dans la Ville Lumière, en passant par la préparation de son mariage avec René, Mia est toujours là.
Et ça explique, en bonne partie, le succès vertigineux de Céline. Bien sûr, c’est d’abord et avant tout grâce à son talent démesuré, mais c’est aussi grâce à la famille artistique qui l’entoure, complètement dévouée à sa cause. Mia Dumont n’a pas l’impression de travailler avec Céline. Elle vit avec Céline. Elle vit des projets, des aventures, des rêves, avec quelqu’un qu’elle aime de tout son cœur. Ce n’est plus de la job, c’est de la passion.
C’est ce sentiment que René et Céline ont réussi à inculquer à leur garde rapprochée, de Mia à Scott Price, en passant par Denis Savage et Annie Horth. Un profond sentiment d’appartenance qui fait jaillir le meilleur de tous. Autant des anciens que des nouveaux, dirigés, aujourd’hui, par une divine diva, plus ancrée que jamais, forte de sa vulnérabilité apprivoisée.
Il y a de la fébrilité dans l’air, à l’aréna de la plénitude, en ce 12 septembre. On a l’impression d’être convié à un mariage. Céline va renouveler ses vœux avec son public.
Mia, Marie-Pier et moi, on se donne des nouvelles, on se rappelle les folles tournées, on se dit à quel point on a hâte à ce qu’on s’apprête à vivre. Puis Mia, réflexe d’attachée de presse oblige, me pointe Michel Drucker, près du divan : « Va le saluer, ça va lui faire plaisir. »
Attentionnée Mia, c’est surtout à moi que ça fait plaisir. Je me dirige vers l’illustre animateur. On se remémore le We Are the World d’André-Philippe Gagnon devant Lionel Richie sur le plateau de son émission et puis l’Été indien de 2014, savouré avec Julie Snyder. Céline y avait chanté, en duo avec Cabrel. Cette Céline que Drucker avait été le premier à présenter aux Français, en 1983. Il avait eu cette formule prophétique : « Retenez bien le nom de cette jeune fille : Céline Dion ! »
PHOTO FOURNIE PAR STÉPHANE LAPORTE
Michel Drucker et Stéphane Laporte
Ils l’ont retenu. Et maintenant, c’est chez eux qu’accourront plus d’un million de fans pour l’entendre. On ne mesure pas l’ampleur de cet exploit. Il y a une seule artiste au monde capable d’accomplir ça, et c’est notre Céliiiiine. Mais rien n’est joué encore. Céline est-elle toujours Céline ?
Le show commence, enfin.
On ne change pas…
Oh oui, Céline gagne son Paris.
Les spectateurs à la Plenitude Arena ressentent la même émotion que Mia Dumont a ressentie, il y a 45 ans dans le bureau de René, et qu’elle a si bien décrite dans son hymne à Céline. Il y a, dans cette voix, un philtre magique qui rend les gens heureux.
Ça fait maintenant 10 spectacles que Céline présente à Paris. C’est près d’un demi-million de gens heureux. En ces temps troublés, que peut-on faire de mieux ?
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