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Saturday, October 3, 2026

Que fera le prochain gouvernement du Québec pour affronter les impacts de la crise climatique?

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Quel que soit le parti politique qui formera le prochain gouvernement du Québec, il devra investir des milliards de dollars en adaptation climatique. Tous les principaux partis ont d’ailleurs répondu aux questions du Devoir à ce sujet, sauf le Parti conservateur du Québec, qui a promis d’abolir le financement des mesures essentielles pour protéger les citoyens contre les impacts des dérèglements du climat.

Même si le Québec ne réduit pas ses émissions de gaz à effet de serre (GES) afin de contribuer à la lutte mondiale contre la crise climatique, il sera directement frappé par les multiples conséquences de ce réchauffement alimenté par notre dépendance aux énergies fossiles, résume Alain Bourque, directeur général du consortium de recherche Ouranos sur la climatologie régionale et l’adaptation aux changements climatiques.

Dans ce contexte, le prochain gouvernement du Québec devra investir des sommes colossales dans des mesures d’adaptation climatique afin d’affronter les conséquences déjà bien réelles de la hausse des températures : feux de forêt, pénuries d’eau, dégradation des infrastructures, comme les routes, vagues de chaleur provoquant des décès et des hospitalisations, érosion côtière, etc.

À titre d’exemple, les besoins pour adapter les infrastructures routières et de gestion des eaux des municipalités s’élèveraient à au moins 20 milliards de dollars sur une période de 10 ans, concluait une étude commandée par l’Union des municipalités du Québec en 2023.

À l’heure actuelle, le financement prévu pour ces mesures doit atteindre 1,3 milliard de dollars pour la période 2026-2031, selon le Plan pour une économie verte du gouvernement sortant de la Coalition Avenir Québec (CAQ). Ce financement provient essentiellement du marché du carbone.

Silence du Parti conservateur

Or, le Parti conservateur du Québec a promis de mettre fin au marché du carbone, qu’il qualifie de « taxe carbone ». Comment la formation dirigée par Éric Duhaime compte-t-elle financer les mesures d’adaptation climatique ? Malgré des demandes répétées du Devoir par courriel, par appels et par textos depuis plusieurs semaines, ce parti qui aspire à diriger le Québec n’a jamais répondu à cette question.

Tous les autres principaux partis ont répondu aux questions du Devoir sur les mesures prévues pour l’adaptation climatique. Dans son programme, le Parti Québécois dit vouloir « favoriser la conception et la rénovation de bâtiments mieux adaptés aux changements climatiques, notamment aux vagues de chaleur, aux fortes précipitations, aux inondations et aux autres événements météorologiques extrêmes, tout en favorisant une utilisation plus efficace de l’eau ».

La formation souverainiste promet aussi de « reconnaître la valeur des infrastructures naturelles », d’ajouter « des espaces verts et ombragés pour réduire la chaleur » et d’intégrer « systématiquement les risques climatiques dans les décisions gouvernementales, les grands investissements publics et la planification des infrastructures et des services essentiels ».

Le Parti libéral du Québec s’engage pour sa part à « mettre en place une approche de résilience aux inondations qui agira à la fois sur les propriétés et sur les infrastructures municipales », mais aussi de « mettre en place une approche de prévention des pénuries d’eau fondée sur une meilleure connaissance de la ressource, la prévision des besoins futurs et la planification des investissements ».

Dans une réponse écrite, la CAQ affirme que l’adaptation « doit s’articuler autour de deux aspects : premièrement aider les Québécois à être plus résilients face aux changements climatiques ».

Tout en promettant de poursuivre « l’électrification de notre économie », la CAQ dit vouloir « appuyer les Québécois quand la rivière monte dans leurs sous-sol ou que la forêt brûle. Les changements climatiques sont là, et ils frappent déjà nos communautés. Notre gouvernement fera de l’adaptation la priorité climatique du Québec ». On promet notamment d’« adapter nos maisons, nos infrastructures et nos municipalités, sécuriser nos côtes et nos berges ».

Québec solidaire a pour sa part annoncé sa volonté de prévoir un fonds annuel de 140 millions de dollars « pour soutenir les municipalités en adaptation » et de réserver davantage de fonds publics « pour des infrastructures vertes, par exemple du verdissement pour lutter contre les îlots de chaleur, des parcs-éponges pour lutter contre les inondations ». On dit aussi vouloir « revoir complètement l’aménagement forestier pour prioriser l’adaptation aux feux de forêts ».

Les propositions des solidaires rejoignent en bonne partie celles déjà formulées par le Groupe d’experts en adaptation (GEA), un comité d’experts indépendants chargé de conseiller le gouvernement du Québec.

Dans une série de « recommandations » publiées en 2024, le GEA évoquait un véritable « chantier national » d’adaptation aux effets inévitables de la crise climatique. Il soulignait notamment le besoin de revoir la manière dont on conçoit les infrastructures et tenir compte du réchauffement à venir dans l’ensemble des décisions. Le Québec doit aussi, selon les experts, stopper la destruction des milieux naturels et travailler à restaurer ceux qui ont été dégradés par l’activité humaine, y compris les forêts.

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