Le projet de pipeline vers la côte Ouest désigné d’intérêt national

Le gouvernement fédéral a désigné le projet albertain d’oléoduc vers la Colombie-Britannique comme un projet d’intérêt national. Cela permettra d’accélérer les procédures d’autorisation et contourner certaines lois environnementales.
Le premier ministre fédéral, Mark Carney, en a fait l’annonce en compagnie de la première ministre de l'Alberta, Danielle Smith, jeudi à Fort McMurray, dans le nord de l’Alberta, centre névralgique de la production canadienne de pétrole.
Selon le communiqué fédéral, le Canada et l’Alberta seront copropriétaires à parts égales de ce projet désormais appelé Pacific Link. Les communautés autochtones se verront offrir une participation minimale de 10 %.
La désignation n’est pas une surprise, puisqu’un avis publié dans la Gazette du Canadaannonçait déjà, le 1er août dernier, cette intention du gouvernement fédéral.
En préparation pour cette désignation, Mark Carney a lancé mardi de nouvelles mesures à hauteur de 1,2 milliard de dollars pour protéger les océans.
La première ministre de l’Alberta, Danielle Smith, se sert notamment de ce projet pour calmer les velléités séparatistes dans la province alors que les Albertains doivent se rendre aux urnes le 19 octobre pour se prononcer sur la place de la province au sein du Canada.
Mme Smith cite régulièrement le projet de pipeline comme exemple de relations renouvelées avec Ottawa après une décennie de tensions sous le gouvernement de Justin Trudeau.
Accélérer et consulter?
Cette qualification d’intérêt national permet au projet de bénéficier d’un processus réglementaire accéléré.
Le gouvernement fédéral fait toutefois valoir qu’il ne s’agit pas de la fin du travail pour les promoteurs du projet.
Des consultations et audiences auront lieu dans la prochaine année pour établir les conditions de construction du projet. Ottawa promet de continuer à donner une place importante aux Premières Nations.
Le Bureau des grands projets prévoit cependant d'avoir une liste de conditions prête dès le 1er septembre 2027 pour pouvoir lancer la construction du pipeline.

Le nouveau projet de pipeline prévoit de suivre le même corridor que le pipeline existant Trans Mountain, mais aboutirait plus au sud.
Photo : Radio-Canada
S’il voit le jour, l’oléoduc proposé sillonnera une route de 1250 km partant de Bruderheim, au nord-est d’Edmonton, jusqu’au terminal Robert Bank, à proximité de Vancouver, en Colombie-Britannique. Il devrait transporter 1 million de barils de pétrole par jour visant les marchés asiatiques.
Ottawa insiste sur les retombées économiques du projet. Selon les calculs du gouvernement fédéral, il devrait créer 140 000 emplois et rapporter 100 milliards de dollars en revenus fiscaux d'ici 2060.
L’environnement sacrifié?
Au niveau environnemental, le gouvernement fédéral reconnaît que l’oléoduc n’aide pas le Canada à atteindre ses objectifs de réduction des émissions de gaz à effet de serre, mais il compte sur le projet de capture et de séquestration des gaz à effet de serre de l’Alliance des sables bitumineux pour en diminuer l’impact carbone.
Ce projet, appelé Pathways, devrait permettre de réduire 16 mégatonnes d’émissions. Il est toutefois encore soumis à des négociations entre les gouvernements et l’industrie, avec un échéancier fixé au 15 novembre.
Des organisations environnementales estiment toutefois que, même si ce projet Pathways voit le jour, il ne permettrait pas de compenser la hausse des émissions due à l’accroissement de la production de pétrole des sables bitumineux.
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