Le plan de match du Parti québécois au pouvoir
Le premier ministre désigné, Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), s’apprête à prendre les rênes du gouvernement avec une longue liste d’engagements envers les Québécois. Voici les mesures phares que le Parti québécois (PQ) entend mettre en œuvre au cours de ses 100 premiers jours au pouvoir, ainsi que ses principales priorités pour la suite de son mandat.
100 premiers jours
Abolir la TVQ sur les biens usagés
Le PQ a promis d’abolir la TVQ sur les biens usagés, dont les voitures, les meubles et les électroménagers. La mesure réduirait les revenus de l’État de jusqu’à 700 millions de dollars par année, soit 2,8 milliards sur quatre ans. PSPP a promis de l’appliquer dès le lendemain de son élection. Le PQ a aussi promis d’utiliser une partie de l’argent du Fonds d’électrification et de changements climatiques pour réduire de moitié la TVQ sur l’essence pendant un an, ce qui ferait baisser le prix à la pompe d’environ 7 ¢ le litre.
Réduire l’immigration
Un gouvernement St-Pierre Plamondon entend réduire le nombre de résidents temporaires au Québec dans une « fourchette de 200 000 à 250 000 ». Pour l’immigration permanente, qui s’établit actuellement à environ 45 000 personnes par année, le chef péquiste propose de ramener le seuil à quelque 35 000 nouveaux résidents permanents annuellement.
Alléger la bureaucratie
Paul St-Pierre Plamondon entend effectuer un « grand ménage » au sein de l’appareil d’État québécois en créant un Secrétariat à l’efficacité gouvernementale et à l’allègement réglementaire. Il compte aussi faire un audit de tous les projets informatiques dès ses premières semaines au pouvoir.
À terme, le chef s’est engagé à réduire de 2,5 % sur trois ans les coûts de la masse salariale de l’État, ce qui représenterait des économies de 4,7 milliards de dollars au cours d’un premier mandat de quatre ans.
Réduire l’itinérance
L’itinérance sera « la grande priorité sociale de la première année d’un gouvernement du Parti québécois », a promis le chef péquiste durant la campagne. Un gouvernement du PQ prévoit de débloquer un budget spécial pour lutter contre l’itinérance dès son arrivée au pouvoir.
À terme, le PQ vise à réduire de 50 % le nombre de personnes en situation d’itinérance au Québec d’ici 2030. Pour y parvenir, il promet d’investir un milliard de dollars sur quatre ans, notamment pour embaucher des travailleurs sociaux et pour construire de nouveaux logements.
Geler les salaires des députés et des ministres
PSPP s’est engagé à déposer rapidement un projet de loi visant à geler les salaires des députés, des ministres et des présidents-directeurs généraux des sociétés d’État, notamment ceux d’Hydro-Québec, de la Société des alcools du Québec (SAQ), d’Investissement Québec et de La Caisse.
Abolir Santé Québec
Avant même le déclenchement de la campagne, le PQ avait promis d’abolir Santé Québec, la société d’État créée en 2024, afin de décentraliser le réseau de la santé et d’en réduire la bureaucratie. Le chef péquiste a affirmé qu’il s’agirait de l’un de ses premiers projets de loi.
En cours de campagne, le chef péquiste a toutefois modifié son projet, promettant de conserver une partie de la structure et de la transformer en « division du ministère de la Santé ». Il maintient néanmoins son objectif de supprimer 900 postes au sein de la structure et estime que cette réorganisation permettrait d’économiser entre 40 et 100 millions de dollars par année.
Reste du mandat
Étendre la laïcité
Le gouvernement de Paul St-Pierre Plamondon entend interdire le port de tenues et de signes religieux à l’ensemble des élèves du primaire.
Il mettrait également fin au financement public des écoles religieuses. Depuis la controverse entourant l’école Bedford, en 2024, le PQ promet de couper le financement public des établissements qui bénéficient du crédit d’impôt à titre d’organisme religieux. On compte une cinquantaine d’établissements concernés qui reçoivent, chaque année, environ 160 millions de dollars de l’État.
Renverser le déclin du français
PSPP a promis différentes mesures pour renverser le « déclin historique » du français au terme d’un premier mandat. Son gouvernement entend notamment étendre la portée de la loi 101 au cégep et l’appliquer aux enfants d’immigrants temporaires après 12 mois de présence sur le territoire québécois.
Le PQ compte également évaluer la place du français dans les interactions entre élèves, en menant une enquête sur leur langue de socialisation dans les écoles de la grande région de Montréal ainsi que de Laval. Le chef péquiste n’a d’ailleurs pas fermé la porte à la possibilité de réglementer l’usage d’autres langues dans les écoles.
Freiner le déclin de la natalité
Préoccupé par le faible taux de natalité au Québec, PSPP a promis d’instaurer une prime annuelle « pour famille nombreuse » de 350 $ pour un troisième et un quatrième enfant.
Le PQ s’est également engagé à créer 10 000 nouvelles places en CPE au cours d’un premier mandat et à prolonger jusqu’à trois ans la période d’utilisation des prestations du Régime québécois d’assurance parentale (RQAP).
Tenir un troisième référendum sur l’indépendance
C’est l’engagement au cœur du projet péquiste : un troisième référendum sur l’indépendance. PSPP a toutefois repoussé l’échéance à l’après-Trump, soit après janvier 2029, invoquant l’imprévisibilité du gouvernement américain.
Le chef a d’ailleurs confirmé, lors du débat des chefs de Radio-Canada, qu’il irait de l’avant avec sa promesse vers la fin d’un premier mandat, même si les sondages laissaient entrevoir une défaite.
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