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Tuesday, September 15, 2026

Philippines: un vote historique dans la région autonome du Bangsamoro marqué par des violences électorales

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La région à majorité musulmane de Bangsamoro, dans le sud des Philippines, est dans l'attente des résultats, après des élections historiques lundi 14 septembre. Pour la première fois depuis qu'elle est devenue autonome en 2019, ses deux millions d'électeurs ont pu se rendre aux urnes pour élire leurs parlementaires locaux. Treize partis se disputent 80 sièges. Malgré les accords de paix en vigueur depuis plus d'une décennie, la période électorale a été marquée par la violence politique, une fusillade éclatant le jour même du vote, notamment.

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Ces élections constituent l'aboutissement d'un processus de paix, entamé à la fin des années 1990 et qui a mené à la création de la région autonome de Bangsamoro, dans le sud du pays majoritairement catholique.

Plus de deux millions d'électeurs devaient attribuer 80 sièges, disputés par 13 formations politiques. Les autorités électorales ont refusé de donner une estimation de la participation, mais elles avaient auparavant pronostiqué un taux d'au moins 80 %.

À quelques heures du début du scrutin à Cotabato, le chef-lieu de la région autonome de Bangsamoro, une fusillade a éclaté : trois personnes sont tuées et 15 blessées. Selon le chef de la police locale, Jibin Bongcayao, « il s'agissait au départ d'une dispute entre deux groupes pour les places dans la file d'attente », devant une école servant de bureau de vote. La querelle « a entraîné des bousculades qui ont dégénéré en bagarre et finalement des coups de feu ont été tirés dans une zone bondée de monde ».

Des factions issues du Milf « sont restées dans la lutte armée »

Ce qui devait être un rendez-vous démocratique se transforme en bain de sang. La sécurité a déjà été renforcée depuis plusieurs jours dans l'ensemble de la région, en partie sise sur l'île de Mindanao. Plus de 20 000 membres des forces de l'ordre ont été déployés.

Et ces violences ne sont pas isolées. La multitude d’acteurs impliqués dans le chef-lieu de la région autonome de Bangsamoro montre que le processus de paix initié en 2014 n’est pas totalement achevé.

« Il y a d'abord les acteurs militants de Milf (le Front islamique de libération moro), mais aussi les différentes factions qui en sont issues, qui pour certaines ne sont pas parties au processus de paix et ne reconnaissent ni l'autorité de la région autonome du Bangsamoro ni du gouvernement philippin et sont restées donc dans la lutte armée. Ensuite, il y a des partis, bien que la plupart soit issue du Milf. Et enfin, je rajouterai un dernier niveau de complexité propre aux dynamiques locales : des dynamiques claniques qui tendent à produire beaucoup de violence électorale aux Philippines », explique à RFI Juliette Loesch, chercheuse associée au Centre Asie de l'Ifri.

Une constellation de 13 formations politiques rivales et 700 candidats se sont présentés aux élections au Bangsamoro. Au total, depuis les années 1970, les violences séparatistes ont fait 150 000 morts.

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