Saint-Colomban | Un terrain de golf racheté pour 4,5 millions sera transformé en parc naturel

Après Terrebonne, Laval et plusieurs autres, c’est au tour de Saint-Colomban de racheter un terrain de golf pour le transformer en parc naturel, au lieu de le vouer à du développement immobilier. La transaction, évaluée à 4,5 millions, est qualifiée « d’historique » par l’administration.
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« C’est la plus importante décision que le conseil municipal ait eu à prendre. C’est un legs marquant pour la communauté, qui pourra profiter d’un accès à ce site naturel en toutes saisons », s’est réjoui vendredi le maire Xavier-Antoine Lalande, en confirmant la nouvelle.
Des négociations avaient lieu en coulisses depuis plusieurs mois avec la famille Arbic-Beaubien, qui détient le golf Capri depuis plus de 60 ans. Le parc sera d’ailleurs nommé en l’honneur de cette famille, pour refléter son histoire.
Le futur parc aura donc une superficie totale de 67 hectares, soit environ 125 terrains de football. Le maire Lalande soutient que « l’avenir du site est à bâtir » et « qu’aucun plan n’est encore dessiné ». Il assure toutefois d’emblée vouloir préserver les espaces naturels et développer un accès public au lac Capri, qui fait plus de 5 hectares à lui seul.
À la Ville de Saint-Colomban, on parle d’un « achat historique », puisque les habitants n’avaient jusqu’ici accès à aucun grand espace naturel, ni d’accès public à un lac, contrairement à plusieurs autres villes des Basses-Laurentides.
Une partie du terrain « sera affectée d’une servitude de conservation afin de pérenniser la protection de l’espace naturel de ce site d’exception, répondant aux objectifs de saine gestion écologique et de résilience climatique de la Ville », a indiqué la municipalité, sans donner plus de détails.
Tendance lourde
L’affaire n’est pas sans rappeler qu’un peu partout dans le Grand Montréal, l’avenir de plusieurs terrains de golf continue de faire débat. Dans l’histoire récente, la Ville de Laval a racheté le terrain du golf Sainte-Rose au début 2026 pour 12 millions, et Terrebonne a acquis le golf Le Boisé en mai 2025 au coût de 27 millions.
Chaque fois, l’objectif est sensiblement le même : protéger des espaces verts du développement immobilier, à une époque où des voix s’élèvent pour décrier que l’accès à la nature soit de plus en plus difficile.
En janvier 2024, la Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) avait de son côté modifié son règlement de contrôle intérimaire (RCI) qui imposait, depuis 2022, un gel du développement sur neuf terrains de golf.
Ce RCI avait pour but d’aider la CMM à atteindre son objectif de protéger 30 % des espaces verts d’ici 2030, mais il a depuis engendré de nombreuses poursuites judiciaires de promoteurs et de propriétaires.
Aux dernières nouvelles, une dizaine de terrains de golf sont sur la liste des espaces protégés, mais cinq d’entre eux pourront développer 30 % de leur territoire, si la municipalité l’autorise. Cela dit, les municipalités peuvent encore décider de protéger l’entièreté de leurs terrains de golf.
Saint-Colomban, de son côté, assure que le parc sera ouvert au public à temps pour la saison hivernale, comme ce fut le cas lors des années passées grâce à une entente entre la Ville et le Golf Capri. Cet hiver, les sentiers devraient être divisés entre le ski de fond et la marche, ou encore la raquette.
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