Réduire le salaire des ministres pendant la crise politique : entre "démarche symbolique" et "idée qui flatte la méfiance"

Pour Bertrand Henne, journaliste politique et éditorialiste à la RTBF, si la question de la réduction du salaire des ministres peut sembler être une bonne idée à première vue, il faut s’attarder sur ce que cette proposition élude : "Ils (Les Engagés, qui se disent favorables à la mesure, NDLR) laissent penser que le blocage actuel n’est pas qu’un problème de fond, mais qu’il serait lié à la (trop bonne) situation financière des ministres. Diminuer leurs salaires les responsabiliserait et forcerait alors un accord. Or, même si l’idée flatte la méfiance qui domine aujourd’hui dans l’opinion, elle ne sera pas efficace. D’autant plus qu’elle favoriserait les ministres qui ont déjà pu épargner par le passé et qui peuvent se passer plusieurs mois d’une partie de leur salaire".
La proposition fait porter la responsabilité sur les seuls ministres, alors qu’en bonne partie les blocages viennent des présidents de partis
Il pointe également les responsabilités des uns et des autres : "Elle (la proposition) fait porter la responsabilité sur les seuls ministres, alors qu’en bonne partie les blocages viennent des présidents de partis (en particulier ceux du MR et de Vooruit), qui eux toucheront encore leur salaire".
Bertrand Henn y voit enfin un problème de légitimité qui pèserait sur les prochaines décisions politiques. "Si la mesure fonctionne et pousse à des accords on pourrait toujours objecter que les décisions seraient motivées par la peur de perdre du salaire et pas par l’intérêt de l’électeur", explique-t-il.
Et de conclure par cette phrase : "Un os à ronger pour les médias vraisemblablement, un contre-feu probablement, de la poudre aux yeux… certainement".
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