La grippe pourrait frapper fort cette année; devriez-vous vous faire vacciner?

La saison de la grippe est hâtive cette année au Canada, particulièrement en Colombie-Britannique. Il est trop tôt pour savoir s'il y aura plus d'éclosions que l'an dernier, mais un expert affirme que la vaccination est « vraiment importante », afin de se protéger et de protéger les autres cet hiver.
Les plus récentes données du fédéral sur l'influenza (20 au 26 septembre) font état de :
- Pourcentage de tests positifs de 3,7 % au Canada, comparativement à une moyenne de 0,5 % à la même période pour 2023 à 2025;
- Le niveau d'activité est
très faible
en moyenne dans l'ensemble du pays, mais en Colombie-Britannique, il est de niveaumodéré
; - Les 65 ans et plus sont les plus touchés par les infections;
- L'Alberta a déjà recensé un décès chez un septuagénaire infecté par l'influenza.

Les rassemblements familiaux de l'Action de grâce pourraient accélérer la propagation de la grippe, dit le Dr Brian Ward, professeur à l'Université McGill. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Jean-Francois Michaud
Jusqu'à maintenant, le sous-type le plus détecté est celui de la grippe A (H1N1), ce qui peut signifier à la fois de bonnes et de mauvaises nouvelles, explique le Dr Brian Ward, professeur de médecine à l'Université McGill.
Les années où le virus H1N1 prédomine, on peut observer des éclosions de très grande ampleur, mais le nombre ou la proportion de personnes qui tombent gravement malades est relativement faible par rapport aux années où c'est le virus H3N2 qui prédomine.

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Margaud Castadère
Photo : Radio-Canada
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Impact de l'Action de grâce
Je ne suis pas encore convaincu que nous assistions réellement au début d'une véritable épidémie. Ce à quoi nous assistons, ce sont plutôt des foyers isolés et de faible ampleur
, ajoute le professeur Ward.
Pour l'instant, les infections en Colombie-Britannique, la province la plus touchée actuellement, sont concentrées dans les centres de soins de longue durée, mais le Dr Ward s'inquiète de l'impact des rassemblements familiaux du week-end de l'Action de grâce.
Ce sera peut-être l'élément déclencheur
, dit-il, qui favorise la propagation du virus dans les écoles, les universités, les magasins, etc. Mais dans l'ensemble, nous restons pour l'instant en dessous du seuil épidémique de 5 %
.
Les chiffres officiels ne reflètent pas tous les cas de grippe, étant donné que ce n'est pas tout le monde qui subit un test de dépistage.
Propagation dans le métro

Le virus de la grippe peut se propager entre autres dans le métro à Toronto. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada / Alex Lupul
À Toronto, le médecin de famille Joseph Param dit voir de plus en plus de jeunes adultes infectés par la grippe.
Au cours des deux dernières semaines, des patients en très bonne santé, que je ne vois que rarement, se sont présentés avec des symptômes graves.
Ces jeunes patients prennent souvent les transports en commun et vont peut-être travailler même s'ils se sentent malades. Les médecins recommandent plutôt de rester à la maison si on est symptomatique.
Pour le Dr Param, il est important que la population sache que la grippe est hâtive cette année, et que nous commencions ainsi à prendre des précautions plus tôt que prévu
. Les autorités de santé publique en Ontario, notamment, recommandent de se faire vacciner.
Le vaccin est-il efficace?
Le taux de protection offert par le vaccin antigrippal varie d'une année à l'autre, explique le Dr Jérôme Leis, directeur médical de la prévention et du contrôle des infections à l'Hôpital Sunnybrook de Toronto.
Cette année, on a déjà des données d'Australie où le vaccin semble avoir bien protégé ceux qui étaient vaccinés.

La vaccination est « vraiment importante », dit le Dr Jérôme Leis, chef de la prévention et du contrôle des infections à l'Hôpital Sunnybrook de Toronto. (Photo d'archives)
Photo : Radio-Canada
Pour lui, la vaccination saisonnière est vraiment importante
, et ce, pour tous les gens de plus de 6 mois, car elle offre un triple bénéfice
, dit-il :
- Réduire le risque d'être infecté;
- Réduire la transmission aux autres, y compris les populations à risque, comme les aînés;
- Réduire le risque de complications et d'hospitalisation.
Même si, comme l'an dernier, le vaccin annuel répond moins bien à la souche de la grippe prédominante, se faire vacciner offre tout de même une protection partielle, dit-il.
Étant donné que le pic des infections survient généralement à la fin de novembre ou au début de décembre, le Dr Leis recommande au public de se faire vacciner dès que possible, pour que le corps ait le temps de développer des anticorps.
En Ontario, par exemple, le vaccin contre la grippe est offert gratuitement dans les pharmacies, notamment. La campagne provinciale de vaccination pour le grand public commencera le 26 octobre.
Et la COVID?
La santé publique en Ontario recommande aussi d'avoir un rappel de vaccin contre la COVID-19, à l'approche de l'hiver.
Pour le Dr Leis, c'est particulièrement important pour les 65 ans et plus, les personnes ayant des problèmes immunitaires et les travailleurs et professionnels de la santé qui s'occupent de ces populations vulnérables.
Pour les autres
, dit-il, c'est une option, mais ce n'est pas aussi fortement recommandé.
Le vaccin contre la COVID-19 est offert gratuitement en Ontario, entre autres dans les pharmacies.
Avec des renseignements fournis par Alexandra Mae Jones de CBC
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