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Saturday, September 5, 2026

« Super El Niño » | Quels seront les effets sur la météo québécoise ?

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Le prochain épisode d’El Niño, qualifié d’« exceptionnel » par l’Organisation météorologique mondiale (OMM), devrait entraîner au Québec un hiver plus doux, mais plus imprévisible. Et si la province est habituellement moins touchée par ce phénomène, « on pourrait avoir des surprises » en 2026, prévient un météorologue. En 2023, dernier épisode d’El Niño, records de chaleur, pluie et nombreux cycles de gel-dégel avaient été au rendez-vous. Tour d’horizon des impacts possibles au Québec.

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« Très forte intensité »

Selon toutes les indications, le phénomène El Niño, cette accumulation de chaleur dans l’océan Pacifique qui se produit tous les 2 à 7 ans, sera d’une intensité jamais vue en 2026. « « El Niño prend des proportions démesurées sous nos yeux », a déclaré le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, António Guterres. Mais si certaines régions comme l’Afrique australe, l’Asie du Sud-Est et des pays proches de l’équateur en Amérique seront particulièrement touchées, « l’est du Canada (dont le Québec) subit généralement des effets moindres », indique Environnement Canada. Le consensus chez les météorologues fait état d’un hiver plus clément au Québec. « Mais un hiver plus doux ne veut pas dire un hiver tranquille », prévient Météomedia.

Du jamais vu

Mais voilà, El Niño version 2026 se présente déjà comme un phénomène inédit. « Il y a de très grandes chances que ce soit l’évènement le plus fort depuis les 80 dernières années, on pourrait avoir des surprises, au Québec », prévient Alexis Berg, professeur adjoint au département de géographie l’Université de Montréal. Les impacts pour l’est de l’Amérique du Nord sont « plus subtils » et sont combinés au réchauffement climatique, précise-t-il. « Chaque El Niño a une saveur un peu différente, ils ne suivent pas toujours exactement le même patron, il y a beaucoup de chaos dans la météo et dans l’atmosphère. Ce ne sont jamais des prédictions sûres. »

Consensus

Un tour d’horizon des prévisions météorologiques laisse tout de même poindre un consensus : il fera un peu plus chaud que la normale au Québec cet hiver. « Un “super El Niño” tend à favoriser des températures plus élevées sur une bonne partie du continent nord-américain, surtout au centre et à l’est du pays, rapporte Benoit Chartier, rédacteur pour Météomédia. Pour le Québec, cela augmente les probabilités de périodes de douceur plus fréquentes au cours de l’hiver. »

PHOTO DOMINICK GRAVEL, ARCHIVES LA PRESSE

Le météorologue Waldir Da Cruz

« Historiquement, El Niño amène des hivers plus cléments à l’est du pays, indique le météorologue Waldir Da Cruz chez Radio-Canada. Le froid ne parviendra pas à s’installer sur de longues périodes. On peut aussi s’attendre à recevoir moins de neige que d’habitude au Québec et en Ontario. »

Mais attention, « des températures plus douces et plus près du point de congélation augmentent le risque de verglas ou de pluies verglaçantes », prévient-il.

Nids-de-poule et patinoires

PHOTO PATRICK SANFAÇON, ARCHIVES LA PRESSE

On pourrait observer une augmentation du nombre de nids-de-poule en raison des cycles de gel-dégel.

Si un redoux en hiver peut sembler une bonne nouvelle, il engendre de nombreux impacts moins désirables. Un des effets les plus documentés : l’augmentation du nombre de nids-de-poule, directement associée par de nombreuses municipalités aux cycles de gel-dégel plus nombreux avec le réchauffement climatique. Une autre victime : la toiture d’une résidence. « Le principal ennemi, c’est le cycle de gel et de dégel, indique l’Association des maîtres couvreurs du Québec (AMCQ) sur son site. L’eau s’infiltre dans les microfissures, gèle, prend de l’expansion, puis dégèle. Répété tout l’hiver, ce mouvement fatigue le bardeau et déloge ses granules. »

Et un hiver plus doux aura de toute évidence comme effet de diminuer encore le nombre de patinoires extérieures praticables. En décembre 2024, un reportage de La Presse basé sur des données historiques de 19 stations météo indiquait que le nombre de journées propices aux patinoires, dans le sud du Québec, est déjà passé de plus d’une soixantaine à une quarantaine à peine, par hiver.

Du côté de l’Association des stations de ski du Québec (ASSQ), on se dit tout de même confiants de connaître une bonne saison. « Les changements climatiques transforment notre industrie et les stations de ski québécoises s’y adaptent depuis plusieurs années déjà », précise la porte-parole Carolane Lachapelle dans un courriel envoyé à La Presse. Les stations misent notamment sur l’adaptation technologique, avec des canons à neige plus performants, des équipements de damage plus efficaces et des outils de mesure de la neige qui permettent de mieux planifier et gérer l’enneigement. »

L’exemple de 2023

À quoi ressemble un hiver signé El Niño au Québec ? Il suffit de retourner trois ans dans le passé pour en avoir un aperçu. L’hiver 2023-2024 avait été « le plus chaud des archives au sud de la province », selon un résumé rédigé par le ministère de l’Environnement du Québec. La température moyenne cet hiver-là avait été de 5,3 degrés Celsius plus élevée que la moyenne, avec des précipitations de neige plus faibles dans le sud de province, soit 81 cm, 57 cm de moins que la normale. Pour ce secteur, par contre, on avait eu droit à 53 mm de pluie durant l’hiver, soit 22 mm de plus que la moyenne. En Montérégie, il est tombé jusqu’à 90 mm plus de pluie que la normale.

Un record de chaleur de 20,5 degrés avait été enregistré le 27 février à Ormstown, en Montérégie. Le lendemain, on avait eu droit à une température de 15 degrés à Montréal, un autre record fracassé.

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