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Sunday, November 1, 2026

La vie après l’Assemblée nationale des députés solidaires

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Trois semaines se sont écoulées depuis le scrutin. Guillaume Cliche-Rivard et Alejandra Zaga Mendez, les deux ex-députés solidaires des circonscriptions du sud-ouest de Montréal, encaissent toujours le coup. À l’exception des caquistes, ils sont les seuls députés sortants d’un parti à avoir été battus lors des élections du 5 octobre. Comment entrevoient-ils la suite?

On savait que le sujet était délicat à la soirée électorale. L’équipe solidaire avait prévenu les médias : les députés de Saint-Henri–Sainte-Anne et de Verdun ne seraient pas au Club Soda pour attendre les résultats. On craignait pour leurs sièges; ils les ont finalement perdus.

Une défaite, c’est une défaite, le choc est difficile, explique d’entrée de jeu Guillaume Cliche-Rivard. Le solidaire avait été élu lors d'une élection partielle en 2023, à la suite du départ de l'ancienne cheffe libérale Dominique Anglade. C’était une première victoire pour Québec solidaire dans ce fief libéral. Mais je ne le prends pas comme un désaveu, ajoute-t-il rapidement. [Le libéral Benoît Clermont] a remporté par 275 voix, on est loin du château fort libéral.

Sur le coup, c’est émotif, renchérit Alejandra Zaga Mendez. Élue en 2022 (nouvelle fenêtre), l’ex-députée de Verdun s’est inclinée devant le fils de Jean Charest, le libéral Antoine Dionne Charest. Elle se dit très fière du travail accompli, d’autant plus qu’en valeur absolue, les voix accordées à la formation solidaire ont progressé, passant de 9562 en 2022 à 11 663 en 2026.

C’est tout de même une sorte de deuil pour l’ancienne élue. J’habite Verdun. Je rencontre les gens et on partage nos déceptions. On partage aussi certains espoirs, parce que ça demeure que, avec toute humilité, on a laissé notre marque dans le quartier.

Quant à savoir si les deux solidaires seront sur les rangs en cas de chute du gouvernement péquiste minoritaire, rien n’est moins sûr. Alejandra Zaga Mendez a d'abord besoin de repos après des années de militantisme au sein de Québec solidaire, dont plusieurs dans les hautes instances du parti.

Pour sa part, Guillaume Cliche-Rivard n’est vraiment pas en mode le couteau entre les dents, je reviens dans 18 mois. Âgé de 37 ans, il ne ferme pas la porte à la politique pour autant. Si je fais de la politique, ce sera avec QS, c’est indéniable!

Retour aux sources pour Guillaume Cliche-Rivard

Avocat de formation, Guillaume Cliche-Rivard souhaite reprendre le collier de la pratique du droit de l'immigration. Il a excellé, selon ses pairs, à titre de parlementaire, particulièrement au sujet de cette question. Il s’est également investi dans les dossiers touchant la Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) ainsi que l’itinérance – des populations vulnérables que l’avocat souhaite défendre davantage à l’avenir.

Le droit est un outil de revendication sociale comme la politique, soulève l’ancien député, qui compte privilégier une pratique collective plutôt qu’individuelle.

Guillaume Cliche-Rivard, entouré d'autres députés, s'exprime derrière un lutrin lors d'un point de presse.

Guillaume Cliche-Rivard, au centre, s'exprime concernant le dépôt du projet de loi visant à prévenir les effets nocifs des boissons énergisantes sur la santé des jeunes.

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

L’ancien député de Saint-Henri–Sainte-Anne avoue qu’il ne s'ennuiera pas de ce qu’il qualifie de la partisanerie mal placée, déplorant le manque d'ouverture de certains ministres et collègues de tous les partis, particulièrement en début de mandat, pour faire progresser les dossiers.

J'ai vraiment tenté d'être dans la politique transpartisane le plus souvent possible, soutient M. Cliche-Rivard.

Selon lui, les parlementaires ont avantage à collaborer : Je pense au mandat d’initiative des libéraux sur le don d'organes. Le PQ est allé chercher des choses sur le temps d’écran. Quand on travaille davantage en collaboration, je pense que les Québécois en sortent gagnants.

Il souhaite d’ailleurs la meilleure des chances à la nouvelle ministre de l'Immigration, Catherine Gentilcore, qui cumule plusieurs responsabilités, dont celle de leader parlementaire. Il tient toutefois à la mettre en garde : Je pense sincèrement que l'immigration a besoin de son ministre à temps plein.

Selon lui, les ministres caquistes qui ont cumulé les portefeuilles, comme Simon Jolin-Barrette et Jean Boulet, ont rapidement été dépassés, puis pris de court par la charge considérable que ça demande.

On a vu aussi que ça a très mal fini pour Jean-François Roberge [avec la fermeture du Programme de l'expérience québécoise], estime M. Cliche-Rivard.

Guillaume Cliche-Rivard marche dans l'Assemblée nationale.

Guillaume Cliche-Rivard à l'Assemblée nationale (Photo d'archives)

Photo : Radio-Canada / Sylvain Roy Roussel

La science mise à mal au parlement?

Chercheuse en environnement, Alejandra Zaga Mendez s'inquiète de la volonté affichée des conservateurs de brasser la cage du consensus. C’est révoltant de voir des discours qui vont confronter les consensus scientifiques de façon aussi frontale, s’indigne l’ancienne députée.

Les élus doivent prendre des décisions basées sur la science, soutient celle qui est titulaire d’un doctorat en développement durable. Un principe qui n’a pas toujours été respecté lors de la précédente législature, rappelle-t-elle. Malgré [les avis de la santé publique], des délais ont été donnés à la Fonderie Horne, on a quand même permis de continuer à dépasser les seuils.

L'ancienne députée de Verdun, Alejandra Zaga Mendez, devant le canal de Lachine.

L'ancienne députée de Verdun, Alejandra Zaga Mendez, devant le canal de Lachine à Montréal

Photo : Radio-Canada / Mathieu Catafard

Le chemin de l’après-politique n’est pas encore balisé pour la militante écologiste, mais elle refuse de baisser les bras devant le recul des enjeux climatiques dans le débat politique. À ses yeux, l’environnement demeure trop souvent perçu comme une contrainte négative, un frein au développement économique. Comment sort-on de cette perception? demande-t-elle.

Les cartes ont changé et il faut être un peu plus stratégique [pour défendre l'environnement]. C'est une question qui me travaille. Elle se garde bien de critiquer le mouvement écologiste; elle cherche plutôt des façons d'y apporter sa contribution.

Bien que l’environnement soit au cœur de son engageement depuis l’âge de 15 ans, Alejandra Zaga Mendez se dit prête à relever de nouveaux défis qui ne concerneraient pas seulement cet enjeu. Les prochains mois seront toutefois consacrés au repos, le temps de faire le bilan de son passage à la colline du Parlement.

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