« Des pertes pour près de 50.000 euros » : des travaux de rénovation et le remplacement de panneaux solaires virent au cauchemar pour un couple de Jemeppe-sur-Sambre !


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Il y a environ deux ans, un couple de Jemeppe-sur-Sambre décide de réaliser des travaux après un problème de toiture. Ils doivent démonter les panneaux solaires qu’ils avaient déjà. Pour cela, le couple se tourne vers une société.
« À la base, on voulait juste replacer les anciens panneaux et les anciens onduleurs », expliquent les Jemeppois, qui préfèrent rester anonymes. « La société nous a conseillé de tout remplacer. On a accepté et on a versé des acomptes. » Mais rapidement, les rendez-vous se multiplient sans que les travaux n’avancent.

C’est une bourde qui fait grincer des dents dans le secteur photovoltaïque wallon. Sur son site, Ores a publié dans sa FAQ un montant de compensation pour les propriétaires de panneaux victimes de décrochages d’onduleur… alors que la base légale n’existe toujours pas.
« Il n’y a pas d’indemnité qui est en place chez ORES », insiste Régis François, consultant dans le secteur photovoltaïque en Wallonie et ex-président de BeProsumer.

Selon lui, cette page, visible depuis 2024, n’aurait jamais dû se retrouver en ligne. « Le texte de loi qui devait être adopté juste avant les élections n’est jamais passé en troisième lecture au gouvernement ». Résultat : des ménages croient pouvoir réclamer un remboursement immédiat, alors que rien n’a encore été voté. « Dans ce secteur de l’énergie, on a besoin de tout sauf de confusion. On a vraiment besoin de clarté ».
Injustice
Le texte préparé sous l’ancienne législature prévoyait une indemnité forfaitaire de 44 euros par kVA, pour autant que le client subisse des décrochages de plus de deux heures consécutives. Sur le papier, cela pouvait représenter près de 200 euros par an pour une installation de 4,5 kVA.

Mais pour Régis François, ce mécanisme était profondément injuste. « On allait indemniser des gens qui décrochaient 3 minutes par an avec le même montant que quelqu’un qui décrochait 6 heures par jour ». Un ménage ayant perdu à peine 1 euro de production aurait pu toucher environ 200 euros. À l’inverse, « pour ceux qui décrochent trois heures par jour, et ils sont légion en période de soleil, perdent 700 à 800 euros par an, on allait gentiment donner 200 euros également ».
C’est notamment pour cette raison que BeProsumer avait demandé que le texte ne soit pas avalisé. « Il s’agit tout de même d’argent public », rappelle-t-il.
La nouvelle orientation semblerait désormais plus proche de ce que réclament les prosumers : un remboursement proportionnel à la perte réellement subie. « Ce que l’on voulait réellement, c’est que les personnes soient indemnisées à hauteur du préjudice subi », explique Régis François. « Ça nous paraissait quand même la base. »
Concrètement, il ne serait donc plus question d’un forfait identique pour tous, mais d’un calcul tenant compte du nombre de décrochages, de leur durée et de leur intensité. « La personne qui voudra réclamer ce type de montant devra avoir un compteur communicant, et on devra pouvoir objectiver le nombre de décrochages. »
Le texte a déjà passé une première lecture au Parlement wallon. Des échanges sont toujours en cours entre le cabinet de la ministre Cécile Neven, les gestionnaires de réseau et les représentants du secteur afin d’affiner certains points. « Normalement, ce texte devrait être avalisé avant la fin de l’année », avance Régis François.
Jusqu’à 130.000 prosumers potentiellement concernés
L’enjeu est loin d’être marginal. Selon l’expert, « une installation sur trois en Wallonie » connaîtrait aujourd’hui des problèmes de sous-tension et de décrochage, soit environ 120.000 à 130.000 prosumers. Et encore, il parle d’un « chiffre noir énorme », car beaucoup de propriétaires ignorent qu’ils sont touchés.
Souvent, ils ne s’en aperçoivent qu’au moment de comparer leur production ou de voir leur facture grimper. Tous ne perdent pas les mêmes montants, mais dans les cas sévères, « on va se situer à des indemnités largement de plusieurs centaines d’euros par an ».
Qui paiera la facture ?
Qui paiera la facture ? Sur ce point, Régis François est catégorique : « Les gestionnaires des réseaux de distribution, c’est normal, c’est un réseau qui ne suit pas. ».
Reste un point sensible : la rétroactivité. BeProsumer a demandé que les clients déjà équipés d’un compteur communicant puissent être indemnisés pour les pertes passées, puisque les données existent déjà. « À ce stade, ça a été refusé par le cabinet de la ministre Neven », précise toutefois Régis François.
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