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Wednesday, October 21, 2026

Manifestations étudiantes à Liège : une élève dénonce des comportements policiers racistes

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Anais a choisi de témoigner anonymement, pour se protéger elle et sa famille. La jeune fille est mineure et, selon ses dires, suit une scolarité classique dans une bonne école de la région liégeoise. En juin déjà, elle s'engage auprès des profs et des jeunes pour contester les nouvelles mesures d'économie dans l'enseignement décidées par la ministre Glatigny. "Et puis, en septembre, on a créé un groupe whatsapp au sein de l'école pour organiser des blocus", raconte-t-elle.

Le lundi 5 octobre, après avoir bloqué son école avec une dizaine d'autres élèves, Anais se dirige vers le centre-ville de Liège pour rejoindre la manifestation étudiante. C'est là qu'elle et ses ami·es ont été, selon elle, victimes de violence verbale et physique de la part de policiers. "Ils ont remarqué qu'on avait des origines étrangères. Ils nous ont encerclé·es et nous ont traité·es de 'sales arabes' et nous ont mis des coups de matraque", affirme l'élève liégeoise. "Un policier m'a demandé si j'étais à moitié chinoise, même pas asiatique, chinoise. J'ai répondu que non et il m'a dit 'Ha ça va alors, t'as qu'un côté négatif sur deux'", poursuit-elle. 

Nous avons contacté la zone de police de Liège pour avoir une réaction à ces accusations; sa porte-parole, qui a souhaité nous rencontrer en personne, affirme ne pas avoir eu écho de ce genre de propos. "Si ces faits sont avérés, c'est inacceptable. Les propos racistes n'ont pas leur place dans une intervention policière. C'est inacceptable, peu importe le contexte", affirme Jadranka Lozina.

Je n'ai pas porté plainte, je ne sais pas si ça servirait à grand-chose

Anais ne comprend pas pourquoi les policiers s'en sont pris à elle et son groupe d'ami·es. "Ils disaient qu'on était tous des casseurs, des malfrats, qu'on devait retourner dans notre pays. Ils sont censés nous défendre nous mais au final ça se retourne contre nous", témoigne la jeune fille. 

Face à la confusion entre casseurs et manifestant·es et aux images de l'impressionnant dispositif policier déployé dans la ville durant ces journées tendues, la porte-parole de la zone de police de Liège reconnait qu'il existe des stratégies de la police pour isoler les groupes identifiés comme des casseurs mais que la situation sur place était complexe. "On a eu des émeutes très violentes, la ville a été saccagée. Mais je pense que la police a mené ces interventions de façon proportionnée et en essayant de rétablir l'ordre public", affirme Jadranka Lozina, qui incite les personnes qui accusent la police à porter plainte. "Si on témoigne dans les médias ou sur les réseaux sociaux, il faut aussi porter plainte. Toutes les plaintes qui sont introduites sont toujours suivies et il y a toujours des réponses". Au moment de l'interview, la zone de police de Liège n'était pas en capacité de nous communiquer la quantité de plaintes reçues suite aux journées de tension de la semaine du 5 octobre 2026. 

Anais a choisi de ne pas porter plainte car elle pense que "ça ne servira à rien; la plupart du temps, ça n'a pas forcément de suite". Pour elle, cet épisode avec la police va laisser des traces. "Je n'avais déjà pas une très bonne image de la police et là, c'est encore pire". Soutenue par sa famille, Anais continuera de manifester malgré tout. "Plus il y a des choses injustes qui se passent, plus il faut revendiquer. J'irai encore plus manifester. Je ne sais pas si on va réussir à faire bouger les choses mais autant essayer".

Le dernier bilan communiqué par la ville de Liège suite aux manifestations étudiantes et aux émeutes fait état de 327 arrestations. 

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