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Monday, August 17, 2026

RDC : avant même d’avoir atteint son pic, l’épidémie d’Ebola est la plus importante jamais enregistrée dans le pays

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Avec 2 325 décès confirmés au 15 août, la 17e épidémie d’Ebola que connaît la République démocratique du Congo (RDC) vient de franchir un seuil historique. Elle dépasse désormais le bilan de la flambée de 2018-2020, jusqu’ici la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays. Et contrairement à cette dernière, son bilan n’est pas définitif, car la transmission reste active.

Le précédent record avait profondément marqué la République démocratique du Congo (RDC) : déclarée le 1er août 2018 dans le Nord-Kivu, en pleine zone de conflit, la dixième épidémie d'Ebola avait duré vingt-deux mois. Lorsqu’elle avait officiellement pris fin, le 25 juin 2020, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) faisait état de 3 470 cas, 2 287 décès et 1 171 survivants.

Il s’agissait alors de la deuxième plus importante jamais enregistrée dans le monde. La riposte avait nécessité le suivi de 250 000 contacts, l’analyse de 220 000 échantillons et la vaccination de plus de 303 000 personnes.

Six ans plus tard, ce bilan humain vient d’être dépassé. La RDC totalise désormais 4 945 cas confirmés et 2 325 décès, soit une létalité de 47%. Cela représente 38 décès et 1 475 cas confirmés de plus que le bilan final communiqué par l’OMS à la clôture de l’épidémie de 2018-2020. La comparaison a cependant une limite : cette dernière était terminée lorsque son bilan a été établi. Celle de 2026 continue de progresser.

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Pour les seules dernières vingt-quatre heures compilées, les autorités congolaises ont enregistré 101 nouveaux cas et 53 décès confirmés. Parmi ces morts, 33 sont survenus en dehors de toute structure de santé et 20 dans des centres de traitement Ebola. Trente-quatre malades ont parallèlement été déclarés guéris. L’épidémie s’étend désormais à 55 zones de santé dans six provinces : Ituri, Nord-Kivu, Haut-Uélé, Tshopo, Sud-Kivu et Bas-Uélé.

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L’Ituri reste de très loin l’épicentre. Avec 4 194 cas confirmés et 1 838 décès, la province concentre 84,8% de l’ensemble des cas enregistrés depuis le début de l’épidémie. Elle a également enregistré 89 des 101 nouveaux cas rapportés en vingt-quatre heures.

Le Nord-Kivu constitue le deuxième foyer, avec 596 cas et 417 décès. La létalité y atteint 70%. Le Haut-Uélé totalise 138 cas et 62 décès. La Tshopo compte 13 cas et six décès, le Sud-Kivu trois cas et un décès, et le Bas-Uélé un cas, décédé.

Des décès encore nombreux dans les communautés

Le nouveau record intervient alors que plusieurs indicateurs continuent de révéler les difficultés de la riposte. Les 33 décès confirmés en une journée hors de toute structure de santé sont particulièrement surveillés. Ils ont été enregistrés, pour 30 d’entre eux, en Ituri et trois au Nord-Kivu.

Le suivi des contacts s’est amélioré : 20 791 personnes ont été vues sur les 24 383 qui devaient être suivies au cours de la journée, soit 85,3%. Mais les écarts restent importants selon les provinces : 89,8% en Ituri, contre 79% au Nord-Kivu et 61,8% au Haut-Uélé, où quatre zones de santé n’avaient pas transmis de données consolidées.

Le rapport identifie lui-même parmi les défis la faiblesse de la remontée des alertes ainsi que du listage et du suivi des contacts autour des cas confirmés.

Des centres saturés et des équipes en grève

Les difficultés concernent également la prise en charge. En Ituri, plusieurs centres de traitement ou de transit sont signalés comme saturés, notamment à Bambu, Fataki et Nizi. Au Nord-Kivu, les 142 lits destinés aux cas suspects étaient tous occupés. Dans le Haut-Uélé, aucune des six zones de santé touchées ne dispose encore d’un centre de traitement Ebola répondant aux normes, selon le rapport.

Les équipes de prévention et de contrôle des infections rencontrent également des difficultés. En Ituri, 171 « rings » d’intervention étaient attendus, mais seulement 21 ont effectivement été ouverts. Les autorités citent notamment l’insuffisance des équipes et des intrants, l’insécurité, des résistances de familles et une grève des décontaminateurs.

Aux points d’entrée et de contrôle, le rapport fait état du non-paiement de prestataires en Ituri, au Nord-Kivu et au Haut-Uélé. Une grève a notamment privé six points de contrôle du Haut-Uélé de rapportage. Dans la Tshopo, seuls sept des vingt points prévus étaient activés, soit 35%.

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La province connaît également des difficultés logistiques : rupture de couvre-têtes et de masques chirurgicaux, gel hydroalcoolique et lunettes de protection presque épuisées, et seulement 349 kilogrammes de chlore disponibles pour un besoin évalué à 1 800 kilogrammes.

Après plusieurs flambées rapidement contenues, la rupture de 2026

Le franchissement de ce seuil est d’autant plus notable que plusieurs épidémies intervenues après 2018-2020 avaient été contenues à des niveaux nettement inférieurs.

La onzième épidémie, dans la province de l’Équateur en 2020, avait fait 55 morts. La douzième, en 2021, six morts. La treizième, la même année, également six. La quatorzième, en 2022, avait enregistré cinq cas, tous décédés. La quinzième, également en 2022, n’avait compté qu’un seul cas.

La seizième épidémie, déclarée en 2025 au Kasaï, avait été maîtrisée en trois mois. Elle avait totalisé 64 cas dont 53 confirmés et 11 probables, ainsi que 45 décès. Plus de 47 500 personnes avaient été vaccinées. L’épisode actuel marque donc une rupture avec cette succession de flambées relativement limitées.

La 17e épidémie a été officiellement déclarée le 15 mai 2026. Le rapport national situe la détection des premiers cas suspects à partir du 24 avril. D’autres éléments présentés, depuis, par les institutions sanitaires ont toutefois suggéré une circulation antérieure du virus, ce qui impose de ne pas confondre la date de déclaration avec le début réel de l’épidémie.

Le nouveau seuil atteint ne constitue donc pas seulement un record statistique. Il intervient alors que la transmission reste active, que plusieurs chaînes doivent encore être maîtrisées et que la riposte fait face, dans plusieurs provinces, à des difficultés opérationnelles.

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