À la mi-campagne, Fréchette fouette ses troupes en misant sur l’« autonomie »

Christine Fréchette a abondamment insisté sur l’importance de « l'autonomie » du Québec dans un contexte de guerre commerciale avec les États-Unis, lors d'un discours de mi-campagne dimanche matin à Kingsey Falls, dans le Centre-du-Québec.
Pour l’occasion, une centaine de candidats caquistes et des militants l’ont chaudement accueillie sous une salve d’applaudissements, au Théâtre des Grands Chênes.
Vous vous attendez peut-être à ce que je vous parle de nos promesses électorales. Non, aujourd’hui, j’ai envie de vous raconter une histoire. Notre histoire
, a entamé la cheffe caquiste.
Elle a alors vanté l’héritage de la Révolution tranquille
, et, plus récemment, des mesures de la CAQ, comme la loi 21 sur la laïcité, qui ont permis, à ses yeux, à la province d'acquérir davantage d'autonomie
.
Mais aujourd’hui, ce que nous avons bâti est menacé à cause de la guerre commerciale avec Donald Trump
, a dit celle qui espère être reconduite première ministre.
Face à cette nouvelle réalité, on doit changer la recette des dernières décennies
et se donner de nouveaux outils pour assurer notre autonomie économique
, a estimé Mme Fréchette. Elle a donné l'exemple de la diversification des exportations, pour s'affranchir de la dépendance envers le marché américain.
Ce n’est pas juste une guerre économique qui frappe nos entreprises et nos travailleurs. Notre langue, notre culture, notre autonomie alimentaire sont remises en question, critiquées, convoitées et attaquées. Ce n’est pas virtuel, c’est du réel.
Plaidoyer pour la troisième voie
Plus tôt cette semaine, l'aspirante première ministre a, à plusieurs reprises, été appelée à clarifier sa position sur un éventuel référendum sur l'indépendance du Québec. Sans se dire fédéraliste ni souverainiste, Mme Fréchette s'est bornée à se dire autonomiste
.
Elle a encore une fois plaidé dimanche en faveur de la troisième voie nationaliste
et pragmatique
offerte par la CAQ.Le Québec peut prendre sa place dans le Canada sans jamais renoncer à son identité
, a-t-elle affirmé.
Dans tous les domaines qui relèvent du Québec, c'est au Québec de décider. C'est ça, l'autonomie. Quand nos compétences et nos lois nationales sont menacées, on doit tout faire pour les protéger. Quand les pouvoirs nous manquent, on doit aller les chercher.
C'était aussi l'occasion pour la cheffe caquiste de décocher des flèches à l'endroit des deux vieux partis
.
Pendant plus de quarante ans, la politique québécoise a été prisonnière d'un vieux face-à-face. D'un côté, le Parti libéral, qui était incapable de défendre pleinement notre nation. De l'autre côté, le Parti québécois qui nous demandait d'attendre la victoire de référendum avant d'agir
, a-t-elle argué.
Le Parti libéral de Charles Milliard propose encore la résignation. Le Parti québécois de Paul St-Pierre Plamondon propose encore la grande illusion.
La cheffe caquiste a conclu son discours en fouettant ses troupes, en ce 18e jour de campagne qui en comptera 39. Mes amis, cette troisième victoire, elle est à notre portée. Mais elle n’est pas acquise. Il faut encore aller la chercher
, a-t-elle admis.
Selon les dernières projections de l'agrégateur de sondages Qc125, la CAQ récolterait 24 % des suffrages, derrière le PQ (29 %), mais devant le PLQ (21 %), le PCQ (15 %) et QS (10 %).
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