"On peut s’attendre à plusieurs cas chez nous" : le virus du Nil occidental a fait une victime aux Pays-Bas

Est-ce le(s) premier(s) cas humains autochtones aux Pays-Bas ?
Un premier cas humain autochtone avait déjà été détecté aux Pays-Bas en 2020. Malheureusement, maintenant, il y a un décès. C’est un homme âgé je pense, 80 ans ou plus. Donc la circulation du virus est déjà un peu plus vieille que chez nous. On s’attendait aussi à une émergence de ce virus ici en Belgique parce que dans tous nos pays voisins, le virus était déjà en train d’émerger.
Quel est le risque d’une transmission moustique-humain en Belgique ?
Le risque est réel, en particulier à cette période de l’année, avec un pic habituel des cas humains en août – début septembre, dans plusieurs régions d’Europe. La circulation du virus chez les oiseaux montre que le virus circule dans notre environnement et une transmission à l’homme est donc possible. La grande majorité des infections sont asymptomatiques ou bénignes, mais environ 1% peut provoquer une forme neurologique sévère.
Seriez-vous surpris par l’apparition d’un cas humain autochtone en Belgique ?
Non, je ne serais pas surpris. J’espère que ce ne seront pas des cas trop sévères. Mais je ne m’attends pas à des chiffres très importants. À mon avis, ça restera des cas isolés, sporadiques, pas de très grandes épidémies comme on connaît parfois avec d’autres virus.
Comment circule ce virus et comment est-il transmis ?
Le virus du Nil occidental ne se transmet pas entre personnes.
C’est un virus transmis principalement par des moustiques du genre Culex, qui sont présents chez nous. Les oiseaux constituent le principal réservoir du virus. Les moustiques s’infectent en piquant des oiseaux infectés et peuvent ensuite transmettre le virus à l’homme ou au cheval. L’homme est un hôte accidentel et ne joue pas de rôle important dans la transmission.
Donc, il y a plusieurs facteurs qui jouent dans l’écologie de ce virus. Et dans ce sens, c’est moins contagieux que, par exemple, la rougeole ou la grippe, où ça se transmet très vite entre hommes. Ce n’est pas le cas ici.
Quels sont les symptômes ? Existe-t-il un traitement ou un vaccin ?
La plupart des infections passent inaperçues (dans 80% des cas) ou provoquent une maladie ressemblant à une grippe, avec fièvre, maux de tête et douleurs musculaires. Dans environ 1% des infections, une atteinte neurologique sévère peut survenir, notamment une méningite ou une encéphalite. C’est dans le cas où le virus entre le cerveau ou la moelle épinière. Et bien sûr, ça donne des symptômes plus graves comme des paralysies, des tremblements ou une baisse de la conscience.
Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique ni de vaccin humain disponible à ce jour. Il y a un vaccin qui fonctionne très bien chez les chevaux mais malheureusement, ça n’a jamais été développé pour l’homme.
Ce virus se propage vers le nord. Y a-t-il donc un lien avec le réchauffement climatique ?
Il est très probable que le réchauffement climatique contribue à l’extension du virus vers le nord de l’Europe. Des températures plus élevées favorisent le développement et l’activité des moustiques et permettent également au virus de se multiplier plus rapidement dans le moustique. Plus de virus veut aussi dire plus de transmission.
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