InquirerDOT eyes new diving tourism spot in Misamis OrientalCNN TürkHava Durumu (29-10-2026)PunchAkpabio alleges payment for social media attacks on TinubuESPN DeportesAmérica extiende racha sin ganar en el Banorte한겨레“아빠, 보고싶어”…무면허 지게차 사고 유족, 진상 규명 요구ZDF heuteAktuelle Pressemitteilungen des ZDFThe South AfricanOrlando Pirates expected starting XI against Kaizer ChiefsGolem.deApple: Mac Studio mit 512 GB RAM kostet mehr als 25.000 Euro3DNews«Да, мы вайбкодим»: Epic Games подтвердила повсеместное использование ИИ в разработке Fortnite, Unreal Engine 6 и не толькоSportstarLockie Ferguson ruled out of New Zealand vs India T20I series; Replacement namedMyJoyOnlineThe Inconvenient Truth: One Africa in our speeches, 54 agendas in our decisionsHet Laatste NieuwsEerste dag van nationale rouw gestart, geluidsopnames onthullen dat verkeersleider in de fout gegaan is
The Daily Newsstand · Free, Always
Thursday, October 29, 2026

La main visible de Mark Carney

Translate

En 1776, Adam Smith utilisait, dans La richesse des nations, l’une des métaphores les plus influentes de la pensée économique : la main invisible. La poursuite des intérêts individuels peut, à certaines conditions, contribuer à l’intérêt collectif. Les marchés coordonnent ainsi les décisions sans qu’une autorité centrale détermine l’allocation des ressources.

Mais cette coordination a ses limites. Asymétries d’information, externalités et concentration peuvent conduire à des décisions individuellement rationnelles, mais collectivement dommageables. L’enjeu est de mieux orienter l’investissement lorsque les risques et les interdépendances restent difficiles à mesurer. Des informations dispersées ou peu comparables peuvent freiner la coopération économique.

La crise financière de 2008 a brutalement rappelé ces limites. L’accumulation de risques pris individuellement pouvait menacer la stabilité du système entier.

Gouverneur de la Banque du Canada, puis de la Banque d’Angleterre, Mark Carney a contribué aux réponses apportées à ces vulnérabilités. À la présidence du Conseil de stabilité financière, il a participé aux efforts internationaux pour renforcer la résilience du système financier.

Une conviction s’impose : les marchés ont besoin d’une information fiable, d’institutions solides et d’incitations appropriées. Rendre les risques visibles peut réduire les tâtonnements coûteux liés au manque d’information, sans supprimer l’incertitude ni le besoin de rajustement. Nous proposons donc de faire de l’interopérabilité des données une priorité de la coopération Canada–Europe, avec des règles explicites d’accès et d’usage.

En septembre 2015, Mark Carney présente les changements climatiques comme un enjeu de stabilité financière. Sa « tragédie des horizons » souligne le décalage entre les décisions financières de court terme et les conséquences climatiques sur plusieurs décennies.

Le groupe de travail sur les informations financières liées au climat, puis les normes internationales de durabilité développées par l’ISSB (International Sustainability Standards Board) prolongent cette démarche.

L’information devient une infrastructure essentielle au fonctionnement des marchés, à condition qu’elle soit comparable, accessible et produite à un coût proportionné.

L’adoption à Montréal du Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal, en 2022, élargit cette perspective aux impacts et aux dépendances envers la nature.

En octobre 2026, l’ISSB lance une consultation sur la divulgation des risques et opportunités liés à la nature.

Le fil conducteur est celui d’une information utilisable pour mieux évaluer les interdépendances et coordonner les décisions.

À Davos, en janvier 2026, Mark Carney appelle les puissances moyennes à coopérer pour réduire leurs vulnérabilités. Le Sommet Canada-Union européenne de Montréal, les 29 et 30 octobre, offre une occasion de traduire cette ambition en actions.

Le Canada et l’Europe disposent d’atouts complémentaires dans l’énergie, les minéraux critiques, la recherche et l’intelligence artificielle. Pour transformer ces complémentarités en investissements, leurs données et leurs systèmes doivent pouvoir communiquer.

L’interopérabilité permet de faire circuler l’information et de la réutiliser de manière fiable et sécurisée, sans imposer des systèmes ou des normes identiques.

L’intelligence artificielle peut faciliter la comparaison des exigences réglementaires et certaines vérifications. Elle peut aider à repérer des équivalences, dont la reconnaissance relève des autorités compétentes.

Ces possibilités exigent des données de qualité et une gouvernance qui protège la confidentialité, la sécurité et la souveraineté des partenaires.

L’État peut ici exercer une fonction de plateforme. Avec les entreprises et la communauté scientifique, il établit les règles et soutient les infrastructures communes qui rendent cette coopération possible. Il conserve ses responsabilités de réglementation, d’arbitrage et de protection des droits. Il doit aussi veiller à préserver la concurrence et la confiance. Cette fonction peut s’appuyer sur des architectures distribuées : les données restent auprès de leurs détenteurs, dans le respect des règles de partage convenues.

La « main visible » désigne ici cette action collective qui rend les risques et les interdépendances plus lisibles. Elle donne aux acteurs les moyens de mieux anticiper et de décider de façon autonome.

Concrètement, le Canada et l’Europe pourraient commencer par un projet commun de traçabilité des minéraux critiques. Les partenaires définiraient les données nécessaires, les conditions d’accès et les responsabilités de chacun. Un projet pilote permettrait d’évaluer les coûts et les gains avant d’élargir la coopération. Il faudrait notamment vérifier si les entreprises peuvent réutiliser les mêmes informations auprès de plusieurs partenaires, en réduisant les délais et les coûts de vérification.

Éclairer la main invisible : mettre les institutions, les données et l’intelligence artificielle au service de marchés plus efficaces et d’une souveraineté économique renforcée.

View the original on Le Devoir →

KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.