« Le constat est sans appel » : l’océan absorbe 12 bombes d’Hiroshima chaque seconde… et commence à nous le renvoyer !

Un rapport de plus, et après ? C'est peut-être ce que vous vous êtes dit en découvrant les titres des médias, ce matin.
12 bombes d’Hiroshima par seconde : le chiffre qui donne le vertige
Sauf que celui-ci, l'Ocean State Report publié par le service européen Copernicus, donne une mesure presque vertigineuse de ce que l'océan encaisse pour nous : en 2025, il a absorbé 23 zettajoules de chaleur.
Chaque année, les océans avalent sans broncher de plus en plus de la chaleur en excès que notre addiction aux énergies fossiles envoie dans les airs. Sans broncher ? Pas tout à fait…... Lire la suite
Vous êtes comme moi, 23 zettajoules, ça échappe à votre entendement ? Alors voici qui devrait vous aider à saisir l'ampleur du problème : 23 zettajoules, c'est l'équivalent de 12 bombes d'Hiroshima explosant chaque seconde, pendant une année entière.
Plus de 378 millions de bombes nucléaires absorbées par l'océan. Sans broncher. Ou presque...
L’océan montre les dents, même en Europe
« L'océan est en train de se transformer sous nos yeux », résume Pierre Bahurel, directeur général de Mercator Ocean International, qui coordonne le rapport.
Un autre chiffre le confirme. Dans l'Arctique, la glace de mer fond à un rythme effréné : depuis 1979, c'est l'équivalent d'une Espagne qui disparaît tous les 10 ans.
L'étude des glaces de mer est cruciale pour la sécurité de la France : voici pourquoi
L’évolution globale de la glace conditionne notre avenir sur Terre, mais il y a un type de glace dont la surveillance est devenue absolument capitale : la glace de mer. Sa fonte est en train d’avoir des conséquences qui vont bouleverser, non seulement notre climat, mais aussi notre économie et notre sécurité militaire.... Lire la suite
Et c'est l'histoire que racontent aussi deux événements extrêmes qui ont frappé à nos portes. Celle d'un océan déjà capable de générer des vagues plus hautes, des tempêtes plus intenses et des variations de niveau extrême.
En février 2024, la tempête Louis balaye le sud-ouest de l'Europe. Au large de l'Espagne, les vagues dépassent 8 mètres, les vents soufflent par rafales à plus de 140 km/h. Résultat : des coupures de courant généralisées, des transports paralysés, et un mort recensé. Deux ports espagnols pourtant éloignés l'un de l'autre, Langosteira (Galice) et Tarragone (Catalogne), sont sévèrement impactés.
Neuf mois plus tard, c'est un scénario très différent qui se joue en mer Baltique. Des vents de nord-est soutenus poussent l'eau hors de la baie de Botnie, entre la Suède et la Finlande. Le niveau de la mer plonge de 1,53 mètre par rapport à la normale (un record) et les liaisons par ferry doivent être suspendues pendant 18 heures.
Méditerranée : la mer qui ne refroidit plus
Du côté de la Méditerranée, vous l'avez peut-être ressenti cet été : c'est la surchauffe !
Voici ce qui se passe en Méditerranée cet été, et c'est la plus forte anomalie de la Planète
La mer Méditerranée bat record sur record de chaleur. En juin 2025, sa température moyenne a atteint 23,86 °C, un niveau jamais mesuré depuis le début des relevés. Derrière ce chiffre, des écosystèmes entiers basculent. Jusqu'où peut aller ce réchauffement ?... Lire la suite
Fini le « choc thermique » au moment de se plonger dans une mer dont la température égale quasiment celle de l'air. « L'eau devrait être plus fraîche. Je suis inquiète », témoignait une touriste sur France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur à la mi-août.
La nuit, c'est l'effet bouillotte. La mer surchauffée ne refroidit plus l'air ambiant. Au contraire, elle joue les radiateurs géants. Les nuits tropicales se multiplient.
Les pêcheurs, eux, imaginent déjà fuir les poissons locaux vers des eaux plus fraîches ou plus profondes. Et les climatologues l'affirment : de telles anomalies seraient impossibles sans le réchauffement climatique.
???? Impressionnante image aérienne capturée par Sudiste-34 de la crue du Lez sévissant à Montpellier cet après-midi, au milieu d'intempéries remarquables dans la région. pic.twitter.com/3VLS4r9hit
— Météo-Contact (@MeteoContact) September 30, 2026
Une mer trop chaude, des pluies plus violentes : le lien est là
Hier, des pluies diluviennes sont tombées sur le sud-est de la France. Le premier épisode méditerranéen de la saison. Un phénomène dopé par une mer anormalement chaude et une atmosphère saturée en vapeur d'eau.
En Antarctique, 2022 a marqué un tournant : pour la première fois, la banquise a atteint un niveau si bas que la reproduction des manchots empereurs a massivement échoué, noyant ou gelant des milliers de poussins incapables de nager.
L'océan ne se contente plus de subir le changement climatique, il le transforme, le redistribue. Et nous le renvoie en pleine face...
L'océan se transforme et ces changements affectent nos vies.
« Depuis dix ans, le Copernicus Ocean State Report prend le pouls de l'océan. Aujourd'hui, le constat est sans appel : l'océan se transforme, et ces changements affectent la vie, les moyens de subsistance et la sécurité des populations partout dans le monde. Nous disposons des connaissances et des preuves. Il nous faut désormais la volonté politique d'agir. Ensemble, nous en sommes capables », lance Peter Thomson, envoyé spécial du Secrétaire général des Nations Unies pour l'océan.
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