Cryothérapie, bilans biologiques hi-tech, caissons hyperbares: le tourisme de luxe capitalise sur la longévité

Des caissons hyperbares, des analyses sanguines ultra élaborées ou de la cryothérapie : le tourisme prend le virage de la longévité, tendance ultra luxe du secteur pour des clients en quête de nouvelles expériences.
Symbole de cet essor, au Centre méditerranéen de conférence de La Valette, à Malte, qui accueille le sommet du Conseil mondial du voyage et du tourisme (WTTC) jusqu'à vendredi 9 octobre , les visiteurs peuvent tester des technologies proposées dans certains hôtels.
Posé sur une mallette, un masque relié à des capteurs promet de détecter 23 biomarqueurs et indicateurs biologiques en quelques minutes, avant de fournir un programme pour améliorer sa santé. "PNOË est un dispositif d'analyse de la respiration", explique à l'AFP Panos Papadiamantis, le dirigeant de la compagnie, qui emploie une centaine de personnes.
"Nous évaluons de façon fonctionnelle à quel point vos poumons absorbent bien l'oxygène, à quel point votre cœur le pompe efficacement et avec quelle efficacité vos cellules l'absorbent", dit-il.
Le lien avec le monde du tourisme et de l'hospitalité semble ténu à première vue, et pourtant, l'entreprise a déjà équipé des hôtels Four Seasons et a d'autres commandes à venir pour l'hôtellerie.
"Le bien-être et la longévité représentent le nouveau luxe. Par conséquent, je pense que le bien-être et l'hôtellerie seront inextricablement liés à l'avenir. Je ne crois pas qu'il sera possible de vendre de l'hôtellerie de luxe sans l'associer étroitement au bien-être", estime l'entrepreneur.
A côté du masque PNOË, une chambre hyperbare ultra design, où le visiteur peut s'installer dans un fauteuil beige chic et confortable, masque à oxygène sur le visage, pour une séance sous une pression "équivalente à dix mètres sous l'eau", explique David Gumbleton, représentant pour la marque HPO Tech. Avec la possibilité de continuer à travailler, précise-t-il, puisque des tablettes sont connectées dans la chambre.
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Quand l’hôtel devient une destination à part entière
A la clef, affirme-t-il, des bénéfices pour la santé, tels que des processus de "guérison plus rapide" ou "la réduction de l'inflammation".
Ces outils souvent réservés au secteur médical ou aux sportifs de haut niveau trouvent désormais leur place dans les hôtels de luxe, qui peuvent ainsi proposer et monnayer des services additionnels.
"Le marché hôtelier était davantage axé sur les spas et la notion de se faire plaisir. Aujourd'hui, les gens recherchent le bien-être. C’est un marché en très forte croissance", analyse David Gumbleton. Et l'hôtel, équipé de nouvelles technologies, "devient alors une destination en soi".
Alors que le secteur du bien-être représentait l'an dernier 2.000 milliards de dollars selon le cabinet McKinsey, la longévité a notamment été mise sous les projecteurs par le milliardaire américain Bryan Johnson. Et elle séduit des clients qui se sont, pour certains, détournés des produits de luxe.
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Selon un rapport du cabinet Bain & Company, les dépenses mondiales de luxe ont en effet reculé de 1 à 3% l'an dernier par rapport à 2024. Si les biens ont souffert, notamment la maroquinerie et la mode, les dépenses pour des expériences ont au contraire augmenté de 3% sur cette période, notamment grâce au secteur du bien-être.
Des promesses scientifiques encore incertaines, mais déjà lucratives
Les arguments scientifiques ne sont pas tous prouvés mais le mouvement essaime : le groupe d'hôtels Six Senses propose sur certaines destinations des séjours longévité pour plusieurs milliers d'euros la semaine, hors hébergement.
Les hôtels Four Seasons se sont eux associés aux cliniques Chi Longevity, avec un service de tests génétiques pour découvrir "comment votre organisme métabolise les nutriments de façon unique".
"C'est une réalité démographique: la génération du baby boom arrive à l'âge de la retraite", souligne Stéphane Durand, spécialiste du tourisme au cabinet Voltere by Egis. "Ce sont des gens avec du pouvoir d'achat, habitués à être de grands consommateurs de luxe."
Sans oublier "le souci du bien-être, de l'apparence. Cela fait partie des tendances lourdes de la société", commente-t-il. A condition bien sûr d'en avoir les moyens.
A Malte, l'entrepreneur Mark Weingard, patron du groupe Iniala, entend lancer en 2028 un programme longévité pour entrepreneurs en quatre semaines dans ses hôtels... pour 100.000 dollars.
"La longévité, c'est le mot qui fait le buzz en ce moment. Mais beaucoup d'endroits ne le font pas correctement", dit-il.
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