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Wednesday, November 4, 2026

Portés par une vague bleue, les démocrates remportent la majorité au Sénat et à la Chambre

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S'appuyant sur l'impopularité du président Donald Trump, les démocrates ont reconquis, mardi, les deux Chambres du Congrès lors des élections de mi-mandat, réussissant même à s'imposer dans des États traditionnellement républicains.

Signant une victoire convaincante, les démocrates avaient obtenu une majorité d'au moins 225 sièges à la Chambre des représentants, contre 137 pour les républicains, selon les projections du New York Times, mercredi, à 4 h 30 (HNE). Ils semblaient en outre en voie de faire plusieurs autres gains, avec des dizaines de courses toujours en suspens.

Au Sénat, ils avaient obtenu suffisamment de sièges pour cumuler au moins 54 sièges, contre 44 pour leurs rivaux, mettant même un terme à des décennies de domination républicaine dans des États comme le Texas ou le Kansas, avec deux États toujours sans gagnants.

Deux ans après avoir procuré à Donald Trump un spectaculaire retour politique, les Américains lui ont donc envoyé un message brutal, désavouant les politiques de celui qui a brisé certaines de ses principales promesses.

Les effets de la guerre en Iran et de l'offensive tarifaire sur le coût de la vie, notamment la flambée des prix à la pompe, se sont visiblement répercutés jusque dans les urnes – ou dans l'abstention d'électeurs républicains peu motivés à aller voter.

Si la victoire démocrate à la Chambre était attendue, celle au Sénat, loin d'être acquise, n'était même pas envisageable jusqu'à il y a quelques mois. Cette année, leurs gains prévus étaient limités, car une vingtaine d'États sur les 35 en jeu étaient favorables, voire traditionnellement acquis aux républicains.

Or, l'un après l'autre, sept États avec un sénateur républicain ont basculé dans le camp démocrate, en commençant par la Caroline du Nord, remportée par l'ancien gouverneur Roy Cooper.

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Elle célèbre avec ses partisans.

Annie Andrews devient la première sénatrice démocrate de la Caroline du Sud depuis Ernest Hollings en 2005.

Photo : Getty Images / Win McNamee

Dès 22 h, mardi, la victoire d'Annie Andrews en Caroline du Sud, un château fort républicain qui n'était même pas classé dans les six luttes les plus serrées, était annonciatrice des gains à venir : Texas, Ohio, Kansas, Iowa et Maine.

Les luttes se sont en outre avérées moins serrées que prévu, les démocrates devançant leurs adversaires par une marge d'au moins 4 points de pourcentage, après le dépouillement d'au moins 88 % des voix, et qui a même atteint 20 points en Caroline du Nord.

Après des années d'espoirs déçus, les démocrates ont ainsi remporté le Texas avec James Talarico, qui a triomphé de son adversaire Ken Paxton, l'un des candidats les plus controversés de la campagne, vainqueur de l'investiture républicaine grâce au soutien de Donald Trump.

Il a remporté 55 % des suffrages, contre 43 %, avec 95 % des voix dépouillées. Il y a deux ans à peine, Donald Trump y avait pourtant élu avec une avance près de 14 points de pourcentage.

Ce soir, nous avons défait Goliath, a lancé à ses partisans James Talarico, un séminariste presbytérien, après sa victoire, faisant allusion à la somme d'au moins 158 millions injectée dans la course par le milliardaire Elon Musk.

Nous venons d’envoyer un message à tous les milliardaires qui financent massivement les campagnes électorales, à tous les mégadonateurs milliardaires, à tous ceux qui défendent de manière corrompue ce système politique défaillant, dans cet État comme dans ce pays : le pouvoir appartient au peuple.

La tornade bleue a même emporté le Kansas hors des terres républicaines, grâce au pasteur Adam Hamilton, fondateur de la plus importante congrégation méthodiste unie du pays. Le candidat Cendrillon de la campagne a ainsi remporté un État où la victoire républicaine est habituellement une formalité – et où Donald Trump avait gagné par plus de 16 points de pourcentage. La dernière victoire d'un démocrate au Sénat au Kansas remontait à 1932.

Les démocrates ont également signé une victoire symbolique dans le Maine, où Troy Jackson a défait la sénatrice sortante Susan Collins, voix modérée du Parti républicain et cible de longue date des démocrates.

Abdul El-Sayed debout sur scène.

Abdul El-Sayed devant ses partisans après sa victoire comme sénateur du Michigan.

Photo : Getty Images / Salwan Georges

Les démocrates ont pour leur part réussi à protéger leurs acquis dans les quatre États où leur victoire n'était pas entièrement assurée, avec les victoires d'Abdul El-Sayed au Michigan, de Jon Ossoff en Georgie, de Chris Pappas au New Hampshire et de Peggy Flanagan au Minnesota.

Leurs victoires marquent plusieurs premières : Abdul El-Sayed deviendra le premier sénateur musulman, Chris Pappas le premier sénateur ouvertement homosexuel et Penny Flanagan la première sénatrice autochtone.

Dans son discours de victoire, le sénateur élu du Michigan, qui a été la cible d'attaques islamophobes pendant la campagne, a reproché à ses adversaires d'avoir choisi la division au lieu de proposer des solutions aux difficultés économiques des Américains.

Ils veulent une Amérique où certains d'entre nous n'ont pas leur place. Nous savons que l'Amérique est assez grande pour nous tous.

À 4 h 30 (HAE), les courses restaient serrées en Alaska et au Mississippi.

Vers une majorité écrasante à la Chambre

Les démocrates avaient fait au moins 27 gains dans des districts représentés par des républicains, cumulant 228 sièges selon les résultats disponibles à 4 h 30 h (HAE). Ils semblaient cependant en voie d'aller en chercher davantage.

Selon le New York Times, ils pouvaient même obtenir un total de 257 sièges, une majorité imposante qui serait sans précédent depuis l'élection présidentielle de Barack Obama, en 2008. Un tel scénario, s'il se concrétise, laisserait 178 sièges aux républicains.

Les démocrates ont notamment progressé dans des régions où Donald Trump avait réalisé des percées en 2024, notamment auprès des hispanophones, entre autres au Texas et en Floride, ainsi que dans des bastions républicains, par exemple dans le Midwest.

Ils ont notamment ravi des sièges aux républicains dans quatre districts de la Pennsylvanie, dans trois des quatre districts de l'Iowa ainsi que dans plusieurs autres États à l'échelle du pays, dont le Wisconsin, le Colorado, l'Indiana, le Kentucky, le Missouri, le Nebraska, le New Jersey et la Virginie.

Les républicains ont même vu leur stratégie de redécoupage de la carte électorale, lancée sous les pressions de Donald Trump pour avantager les candidats républicains, ne pas leur rapporter les fruits escomptés.

Par exemple, au Texas, où cinq districts ont été redessinés à leur avantage, au moins trois républicains avaient concédé la victoire. En Floride, au moins trois des quatre démocrates ciblés avaient de leur côté réussi à conserver leur siège. Les démocrates ont par ailleurs fait un gain net de deux sièges en Ohio, un État qui avait également modifié sa carte électorale.

Trump rejette toute responsabilité

Sur les ondes de Fox News, auquel il avait auparavant attribué une partie de sa défaite, Donald Trump a félicité les démocrates, mais a rejeté toute responsabilité dans le verdict des urnes.

Je ne vois pas ça comme un revers personnel. [...] Nous avons connu les deux meilleures années de l’histoire de la présidence [des États-Unis].

En entrevue au New York Times, il a dit accepter les résultats et avoir hâte de travailler avec les démocrates. Peu après, il se tournait pourtant sur sa plateforme Truth Social, se montrant moins conciliant.

Sa publication tenait en une seule image et un seul mot : une casquette rouge portant le mot veto, une référence à la clause de la Constitution américaine permettant au président de rejeter un projet de loi adopté par le Congrès.

Le président qui, au cours des dernières semaines, a mené un blitz de rassemblements dans plusieurs États rouges dans l'espoir de mobiliser sa base électorale, a par ailleurs affirmé que les partisans présents dans ses rassemblements faisaient preuve d'enthousiasme pour lui, mais pas pour les candidats républicains.

L'ancien président démocrate Barack Obama a de son côté estimé sur X que les Américains avaient envoyé un message clair.

Trump devra composer un Congrès à majorité démocrate pour la première fois

Au cours des deux premières années de son premier mandat, après les élections de 2016, Donald Trump a pu compter sur des majorités républicaines dans les deux Chambres du Congrès.

Les élections de mi-mandat de 2018 avaient toutefois changé la donne : les républicains avaient conservé le Sénat, mais perdu le contrôle de la Chambre. La deuxième moitié de ce mandat a ainsi été marquée par de vives tensions entre Donald Trump et les démocrates, alors que la présidente de la Chambre, Nancy Pelosi, s'est employée à faire obstacle à plusieurs de ses politiques.

Lors de son retour au pouvoir, en 2025, il a retrouvé un Congrès à majorité républicaine, mais avec une marge beaucoup plus mince à la Chambre des représentants.

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