Charlevoix | Des renforts contre le vandalisme et les motocross

Aux prises avec des actes de vandalisme et la circulation de motocross dans ses rues, une ville de Charlevoix a dû recourir aux grands moyens : elle a engagé une firme de sécurité privée. Après un mois de projet-pilote, le maire dresse un bilan positif.
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« À un moment donné, j’ai arrêté des jeunes en motocross pour leur dire que s’ils roulaient moins vite, peut-être que les gens seraient plus tolérants avec eux. Un m’a dit “oui, ou”», mais les autres sont partis et m’ont fait un finger ! », raconte au bout du fil le maire de Clermont, Luc Cauchon, pour illustrer les problèmes de sa ville.
C’est à la fin de l’été que Clermont a décidé de prendre les grands moyens. La ville de 3000 habitants a vu une multiplication des actes de vandalisme. Ses rues servent aussi trop souvent de piste de course pour les adeptes de motocross, explique le maire.
Ces bolides n’ont pas le droit de circuler dans les rues. Ils ne sont pas munis d’une plaque d’immatriculation. Mais plusieurs adeptes de motocross, souvent aussi jeunes que 11 ans, circulent à Clermont, parfois pour rejoindre des sentiers. La ville est entourée de montagnes et de forêts.
Les policiers de la Sûreté du Québec (SQ) ont par exemple intercepté un jeune de 11 ans le 7 septembre dernier à Clermont. Le garçon « de Saint-Aimé-des-Lacs, circulait à motocross lorsqu’il a adopté une conduite dangereuse et a pris la fuite à l’approche des policiers », explique la SQ dans un communiqué.
Les policiers n’ont pas remis de constat au très jeune conducteur. Mais son père en a reçu un pour avoir permis ou toléré qu’un mineur sous son autorité conduise un véhicule hors route en contravention à la réglementation applicable. L’amende, salée, était de 697 $.
« Ça cause un problème de bruit, mais aussi de sécurité. Ça roule vite, ça ne fait aucun stop, ça roule à toute heure du jour ou de la nuit, énumère le maire Luc Cauchon. Ils n’ont pas de lumière ou rien, alors les gens ont peur de les frapper. »
PHOTO FOURNIE PAR CLERMONT
Le maire de Clermont, Luc Cauchon
Lors d’une rencontre du conseil municipal au cours de l’été, dit-il, une vingtaine de citoyens ont lancé un cri du cœur. La municipalité a donc décidé d’engager une firme de sécurité, le Groupe canadien sécurité privé (GCSP), pour un projet-pilote d’un mois.
« Ce service de patrouille municipale vient combler le manque d’interventions de la Sûreté du Québec causé par leur important manque d’effectifs », a écrit la municipalité dans un communiqué le 1er octobre dernier.
La nouvelle a semblé bien reçue sur les réseaux sociaux où le communiqué a été diffusé. « Bravo, c’est une belle initiative, il y a des rues où on pourrait se croire à la piste Sanair, ça passe très vite en motocross et il est temps que ça cesse, à un moment donné un grave accident se produira », a écrit un Stéphane.
Un autre Stéphane, avec une moto sur sa photo de profil, était d’un avis différent. « Charlevoix, paradis de la quiétude où tout le monde est couché à 21 h… faut pas déranger les gens de la ville qui sont venus rester ici pour être tranquilles. »
Rebelote l’été prochain ?
Le projet-pilote a pris fin dimanche dernier. Pendant un mois, la firme a dépêché des agents à Clermont 12 heures par jour, 7 jours sur 7.
« Ça a calmé les choses. Ça a eu du positif. Même si on a eu du vandalisme quand même », dit-il. Le maire a remarqué de visu, dans le secteur où il habite, que la circulation de motocross a été réduite.
La mesure a tout de même coûté 45 000 $. Mais Luc Cauchon fait remarquer que le vandalisme entraîne aussi des frais importants.
La municipalité et des partenaires viennent d’investir 400 000 $ à la montagne de la Croix, un belvédère qui offre une belle vue de la ville. Les motocross « sont allés beurrer » les sentiers « avec leur rubber », dénonce le maire.
« Oui, les jeunes, il faut qu’ils bougent, mais sont-ils obligés de briser des choses ? se demande le maire de Clermont. Nous, on bougeait, mais il me semble qu’on ne brisait pas. Ça part aussi de la maison… »
L’élu envisage maintenant un retour de la patrouille municipale l’été prochain, avec le retour des beaux jours. La firme doit fournir un rapport final. Les élus du conseil promettent d’analyser le tout avant de prendre une décision.
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