Manifestations en France : les réactions après le discours télévisé d’Emmanuel Macron

"Nous demandons cette rencontre, que nous jugeons nécessaire, y compris symboliquement" car "la population de France mérite d’être enfin considérée, entendue et écoutée", selon un communiqué de la coordination de gilets jaunes, qui faisait partie des multiples organisations ayant appelé à se mobiliser le 17 octobre, avec des étudiants et lycéens et certains syndicats.
L’allocution du président de la République "nous a confortés dans cette idée, car son discours vide illustre parfaitement la déconnexion de nos dirigeants et leur refus d’écouter". "En 2020, Emmanuel Macron avait promis de recevoir un groupe de gilets jaunes à l’Élysée" mais n’a "pas tenu cette promesse, comme bien d’autres", relèvent-ils.
"Si le président accepte, nous constituerons une délégation structurée à l’image du 17 octobre, qui réunira des gilets jaunes et des représentant.es du plus grand nombre possible de secteurs mobilisés", affirment-ils.
Ces gilets jaunes appellent aussi à "poursuivre les perturbations et les blocages logistiques", ainsi qu’à "faire de la journée de grève interprofessionnelle du 5 novembre le point de départ de la grève et du blocage général reconductible". L’un d’eux, Benjamin Ball, éditeur du site 17octobregiletjaune.net qui recensait les actions organisées samedi, a exprimé dans la matinée son soutien aux "révoltes qui éclatent partout dans le pays" et refusé de "condamner les violences, les émeutes, les barricades", "la colère du peuple" alors que "l’État et les multinationales écrasent jour après jour la vie de millions de personnes".
À Toulouse, quatre responsables syndicales de la CGT et de la FSU ont été blessées par une grenade de désencerclement pendant la manifestation, selon leurs organisations, qui comptent déposer plainte. "La police a attaqué le carré de tête du cortège syndical […] Nous tenons le préfet et son chef direct, le Premier ministre, pour directement responsables des ordres donnés", a déclaré le secrétaire général de la CGT Haute-Garonne, Cédric Caubère.
La préfecture de Haute-Garonne a assuré de son côté à l’AFP qu'"aucun organisateur, ni militant, tout comme aucun manifestant pacifique n’a été visé" par les forces de l’ordre, mais que "disperser les groupes violents était le seul moyen de permettre à la manifestation de se poursuivre dans les conditions de sécurité nécessaires".
La Guadeloupe a instauré dimanche (heure locale) un couvre-feu pour les mineurs dans les communes de Pointe-à-Pitre et des Abymes, après des violences urbaines en marge du mouvement contre la vie chère au cours desquelles trois policiers ont été blessés par balles.
Le préfet de la région a pris un arrêté interdisant aux jeunes âgés de moins de 18 ans, non accompagnés d’un adulte exerçant l’autorité parentale, de circuler entre 20 heures dimanche (02 heures lundi en Belgique) et 06 heures lundi matin (12 heures, heure belge).
Cette mesure vise "avant tout à protéger les mineurs qui pourraient se trouver sur les lieux de violences", a expliqué le préfet Thierry Devimeux dans un communiqué.
Dans la nuit de samedi à dimanche, de multiples barricades enflammées ont été érigées et "plusieurs commerces et entreprises ont été vandalisés voire détruits", détaille la préfecture. Les forces de l’ordre ont constaté la présence de "nombreux mineurs au sein des groupes d’émeutiers", a indiqué M. Devimeux.
Au cours des heurts, les forces de sécurité ont essuyé des jets de projectiles et des "tirs d’armes à feu", blessant trois policiers. Le préfet a condamné "avec la plus grande fermeté ces actes de violence inacceptable", ajoutant qu’ils constituaient des délits qui "ne sauraient être confondus avec l’expression pacifique de revendications".
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