Stellantis a « 100 % » l’intention d’abandonner Brampton, dit Unifor

« Stellantis est 100 % sérieux dans son intention de quitter Brampton », a lancé la présidente nationale d'Unifor, Lana Payne, alors qu'elle rencontrait les journalistes un jour après avoir réclamé de l'aide au fédéral.
La vente possible de l'usine d'assemblage de Brampton à l'entreprise Roshel, qui conçoit des véhicules militaires, préoccupe le syndicat Unifor, qui a écrit à la ministre fédérale de l'Industrie, Mélanie Joly, le 16 septembre.

Trevor Longley, président de la division canadienne de Stellantis, et Lana Payne, présidente nationale du syndicat Unifor, se sont réunis à Toronto au début du mois de septembre pour le début des négociations collectives. Après 10 jours, Unifor a annoncé vendredi dernier que son comité de négociation avait suspendu les pourparlers avec Stellantis. (Photo d'archives)
Photo : Dax Melmer/Stellantis
Unifor note que, jusqu'au 12 août, Stellantis s'engageait à demeurer à Brampton. Le syndicat entendait constamment que Stellantis voulait y placer un produit, dans les circonstances appropriées, même si c'était à une date ultérieure
, dit Lana Payne.
Unifor soutient que les discussions ont atteint une impasse en raison de la possibilité de la vente de l'usine. La production à l'usine de Brampton est à l'arrêt depuis 2023, lorsque Stellantis a entamé le remodelage de l'usine afin de pouvoir y bâtir le modèle électrique de la Jeep Compass.
De manière volontaire ou non, Roshel s'est immiscée et a compliqué nos négociations avec Stellantis
, selon Lana Payne.
Les enjeux entourant la vente de l'usine surviennent pendant que l'entreprise automobile et le syndicat négocient afin de s'entendre sur une nouvelle convention collective.
Au mois de février 2025, Stellantis a annoncé qu'elle suspendait la modernisation de l'usine. Puis, quelques mois plus tard, la compagnie a fait savoir qu'elle déplaçait la production du Jeep Compass aux États-Unis.
Une lettre sans réponse
Dans cette lettre, la présidente d'Unifor, Lana Payne, demande à la ministre Joly de tout mettre en œuvre
pour empêcher la transaction entre Stellantis et Roshel, étant donné les répercussions possibles sur le secteur automobile.
Lors d'un point de presse, jeudi matin, Mme Payne a fait savoir qu'elle n’avait pas obtenu de réponse de la part de la ministre. Radio-Canada a contacté le bureau de Mme Joly afin de confirmer cette information.
Un porte-parole d'Innovation, Sciences et Développement économique Canada a déclaré que le fédéral est au courant d'informations selon lesquelles Stellantis pourrait envisager la vente de son usine d’assemblage de Brampton
.
Bien que le gouvernement ne puisse pas spéculer sur des discussions commerciales confidentielles, il continuera d'utiliser les outils disponibles pour protéger les travailleurs, sécuriser la production et préserver le rôle à long terme de Brampton dans le secteur manufacturier canadien.
Il y a beaucoup de choses que nous ne savons pas quant aux discussions entre Stellantis et le gouvernement fédéral ou même entre Roshel et le gouvernement fédéral
, soutient Lana Payne.
Roshel voit grand
Rejoint par Radio-Canada, l'entreprise a répété ce qu'elle avait déjà confirmé par le passé. Roshel a pour projet ambitieux d'établir un centre d'excellence canadien dédié à la fabrication d'équipements de défense à Brampton, en complément de ses activités actuelles de production automobile.

En décembre, l'entreprise Roshel a fait les machettes lorsque les médias ont annoncé une commande d'une vingtaine de ses véhicules blindés par l'Agence de contrôle de l'immigration des États-Unis (ICE). (Photo d'archives)
Photo : La Presse canadienne / Justin Tang
La compagnie, qui est aussi basée à Brampton, est prête à fournir des lettres d'engagement garantissant un examen prioritaire aux travailleurs du syndicat Unifor ayant été licenciés, afin de les réembaucher dès 2026 dans le cadre du programme d'acquisition de véhicules utilitaires légers du gouvernement fédéral ainsi que d'autres opportunités dans les secteurs de l'automobile et de la défense
.
Lana Payne répond cependant que la capacité de l'entreprise à embaucher le personnel de Stellantis dépendra de ses contrats gouvernementaux.
Roshel termine en affirmant avoir hâte de conclure avec succès [ses] discussions avec Stellantis et de concrétiser [ses] projets visant à créer plus de 2000 emplois et à doter le Canada, et ce site, de nouvelles capacités souveraines, notamment la production d'acier balistique
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