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Sunday, October 25, 2026

À la Une: la France en crise avant l’élection présidentielle

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Les hebdomadaires français et les journaux de dimanche 25 octobre se saisissent quasiment tous de la question. Quel avenir pour la France, après la mobilisation sociale et les pillages du 17 octobre ? Chacun passe rapidement sur la journée d’hier, qui a une nouvelle fois rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes, mais sans débordement majeur.

Désormais, tous les regards, ou presque, sont braqués sur la prochaine élection présidentielle. Le Parisien Dimanche publie un sondage Ipsos-BVA-Cesi école d’ingénieurs, et titre « Le Pen et Mélenchon portés par la crise » : « Marine Le Pen, la candidate du Rassemblement national, survole toujours le premier tour avec entre 32 % et 33,5 % des suffrages, explique le journal, suivie désormais par Jean-Luc Mélenchon, le leader de la France insoumise, autour de 17 %, alors que lors de notre dernière enquête, rappelle le Parisien Dimanche, c’est Édouard Philippe (ancien premier ministre d’Emmanuel Macron - NDLR) qui accompagnait Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle. »

Alors que le Rassemblement national tient son congrès à Orléans, le Journal du Dimanche fait sa Une sur Marine Le Pen « la favorite confortée », nous dit-il. En page intérieure, le JDD interroge : « Marine Le Pen, déjà présidente ? À six mois de la présidentielle, la favorité des sondages veut convaincre qu’elle est prête à gouverner et capable de rétablir l’ordre. »

« Y a-t-il un pilote dans l'avion ? »

L’élection présidentielle de 2027 se prépare dans une ambiance de fin de règne : « Le roi est nu », nous dit le Nouvel Obs. « À six mois de la fin de son mandat, Emmanuel Macron assiste, impuissant et emmuré, à l’agonie de son deuxième quinquennat  (...) La brusque flambée de violences au cœur des villes françaises a sidéré le pays et le monde entier. À six mois d’un scrutin capital, la France est apparue au bord de l’explosion sociale. Et le gouvernement, dépassé. »

Le sociologue Nicolas Duvoux estime, lui, « que l’exercice du pouvoir, qui était déjà centralisé, s’est beaucoup refermé sous les quinquennats Macron (…). Ce renfermement du pouvoir sur lui-même, dit-il, renvoie à quelque chose de plus structurel : une manière de congédier la parole populaire, de la disqualifier, et de lui surimposer une vision technocratique du monde social ».

« Après le chaos, y a-t-il un pilote dans l’avion, se demande Marianne. Entre un président aux abonnés absents, un ministre de l’Intérieur aux abois, et une hiérarchie défaillante, l’État semble démuni. »  

Qui « pour ramener l’unité et rassembler le pays » ?

Certains élus locaux font part de leur grande inquiétude… Interrogé par le Nouvel Obs, le maire de Marseille, Benoît Payan, constate sur un ton presque désespéré : « Nous traversons une crise profonde. Ce n’est plus seulement une crise économique, sociale ou politique, ni même une crise de régime : c’est une crise de valeurs. Ce sont les valeurs de la République qu’il faut relever aujourd’hui. Il faut qu’une femme, un homme ou un groupe de responsables et de dirigeants se lève pour ramener l’unité et rassembler le pays ».

Mais qui ? lui demande le Nouvel Obs. En forme de réponse, le maire de Marseille répond : « qu’il n’entend personne tenir des paroles de rassemblement et d’apaisement ».  

L’Express de son côté en vient à regretter le général Charles de Gaulle qui, en 1958, avait réussi à rétablir l’ordre dans un pays en pleine crise. Seulement, « on ne peut pas utiliser en 2026 les recettes appliquées en 1958 », reconnait Éric Chol, le directeur de la rédaction, qui juge toutefois que « la méthode (de Gaulle) devrait continuer à nous inspirer ».

Et l'Europe ?

La crise en France est regardée avec attention depuis l’étranger : « Cette crise française angoisse l’Europe, nous dit l’Express. L’impuissance du pouvoir macroniste face aux émeutes accroît le risque d’une crise financière ».

L’Union européenne, qui voit elle-même son avenir menacé, estime la journaliste Marion Van Renterghem : elle vient de publier un livre intitulé Femmes extrêmes, qui anticipe une victoire de Marine Le Pen à l’élection présidentielle, laquelle pourrait être suivie par celle d’Alice Weidel, de l’AFD en Allemagne, et de la réélection de Giorgia Meloni en Italie.

« Trois figures de proue de la droite radicale européenne », commente l’Express, qui visiblement répugne désormais à parler « d’extrême droite ». En 2029, se demande l’hebdomadaire : « Les trois premières puissances de l’Union européenne pourraient donc être dirigées par ces trois femmes ? » 

Ce trio serait, selon Marion Van Renterghem, « fatal pour l’Union européenne. Les trois partagent un fond nationaliste commun ». Et la journaliste insiste sur la responsabilité particulièrement grande qu'aurait Marine Le Pen à l'Élysée, « parce que la France recèle un pouvoir de déstabilisation plus grand du fait qu'elle est une puissance diplomatique, militaire et nucléaire ». 

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