La capsule spatiale Crew Dragon volera jusqu’en 2030, la NASA signe pour 3 missions de plus

Près d’un milliard de dollars de rallonge pour SpaceX : la NASA vient de sécuriser ses navettes d’astronautes jusqu’à la retraite de la Station spatiale internationale. La capsule concurrente de Boeing, elle, attend toujours sa première rotation. Et rien ne garantit qu’elle en fera une un jour.
Depuis 2020, toutes les rotations régulières d’astronautes de la NASA vers la Station spatiale internationale s’effectuent à bord des capsules Crew Dragon de SpaceX. Ce qui devait rester une solution parmi deux s’est mué en passage obligé, faute de concurrent opérationnel. La NASA vient d’en tirer les conséquences comptables : un avenant de 946 millions de dollars, officialisé le 18 septembre, ajoute trois missions habitées au contrat de l’entreprise d’Elon Musk.
Trois rotations de plus, un contrat porté à 5,92 milliards
Les missions Crew-15, Crew-16 et Crew-17 devront être prêtes à voler en 2027 et 2028, et le contrat global grimpe désormais à 5,92 milliards de dollars. La somme couvre l’ensemble du service, des opérations au sol au lancement, du séjour en orbite au retour, avec une part de fret en soute. Elle inclut aussi le rôle de canot de sauvetage que joue la capsule tant qu’elle reste amarrée à la station (en cas d’urgence à bord, c’est elle qui ramène tout le monde, d’où l’image).

Lire aussi : 450 millions de dollars : la Française qui défie SpaceX bat un record
La période de performance court jusqu’en 2030, l’horizon auquel la NASA prévoit de désorbiter l’ISS après trois décennies de service. L’opération de désorbitation a d’ailleurs été confiée… à SpaceX, encore. Ces trois rotations pourraient donc compter parmi les dernières missions habitées de la station, ce qui donne à cet avenant un petit air de tournée d’adieux.
Et Boeing, dans tout ça ?
Sur le papier, la NASA avait pourtant tout fait pour éviter cette dépendance, en finançant deux capsules concurrentes. Le Starliner de Boeing a bien volé avec équipage en 2024, mais son vol d’essai est resté dans les mémoires pour de mauvaises raisons : la capsule est rentrée à vide, la NASA ayant jugé trop risqué d’y réinstaller ses deux astronautes. Depuis, le programme s’enfonce. Un rapport de l’inspection générale de l’agence, publié en juillet 2026, recense de « multiples problèmes », distribue les torts entre l’industriel et la NASA, et conclut qu’il n’existe « aucune garantie » de voir un jour Starliner assurer des rotations régulières.
Le dossier reste pourtant entrouvert : le jour même de l’avenant SpaceX, des discussions entre la NASA et Boeing autour de nouvelles missions Starliner ont filtré dans la presse américaine (le hasard des calendriers fait parfois bien les choses). L’agence n’a donc pas renoncé, sur le papier, à disposer d’un second fournisseur.
KioskNews shows a cleaned-up reading view extracted from the publisher’s page — the original always lives on their site, not ours.