Manifestation en France : les premiers couvre-feux en vigueur, l’exécutif montre les muscles sur la réponse pénale

La cheffe des écologistes Marine Tondelier a émis des réserves face à ces "mesures d’exception" : "avant de (les) multiplier, le gouvernement doit rendre compte des décisions opérationnelles et stratégiques prises et des moyens engagés".
Critiqué sur sa droite pour un manque présumé de fermeté face aux violences, l’exécutif a annoncé, par la voix de Gérald Darmanin au 20 heures de TF1, 2513 gardes à vue, beaucoup toujours en cours, et 67 personnes incarcérées.
Le garde des Sceaux a également indiqué avoir envoyé "une instruction à tous les parquets de France pour leur demander de passer en qualification de criminalité organisée", ce qui permettra de faire passer les gardes à vue de 48 à 72 heures.
À propos de l’incendie de l’hôtel de ville de Limoges, survenu samedi, "le parquet national anti-terroriste s’est placé en position d’observateur et va savoir, dans les prochaines heures, s’il se saisit" a encore assuré Gérald Darmanin.
Lundi, le ministre de la Ville, Vincent Jeanbrun, a aussi annoncé sur X prendre "une circulaire" afin que "les délinquants se voient retirer de leurs prestations sociales l’équivalent des sommes issues de leurs trafics ou recels".
"Au moins 3000 commerces" ont été touchés par des dégradations ou des pillages ce week-end", a annoncé le ministre Serge Papin, poussant le gouvernement à mettre en place des mesures de chômage partiel dès mardi ainsi qu’un "fonds de soutien spécifique".
L’exécutif prévoit également de réunir mardi matin les représentants des "principales plateformes de réseaux sociaux", dont le rôle dans les violences est pointé du doigt par certains responsables politiques.
À six mois de la présidentielle, le gouvernement se retrouve pilonné par ses différents adversaires politiques, accusé d’avoir mal anticipé les manifestations et mal réagi aux débordements.
Le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez a proposé sa démission dimanche et fait son mea-culpa le lendemain, en reconnaissant une "perte de contrôle" dans certaines villes, démission qu’Emmanuel Macron a refusée.
Les critiques ne se cantonnent pas aux oppositions : pour l’ancien Premier ministre Gabriel Attal, "la réponse du gouvernement n’est pas à la hauteur de la situation. Il faut aller beaucoup plus loin pour reprendre le contrôle sans délai".
Si l’exécutif reconnaît des failles, il pointe du doigt LFI, qui porterait selon lui "une responsabilité morale et politique dans les violences".
Lundi soir, Mediapart a publié une enquête dans laquelle il cite notamment un commissaire du renseignement territorial affirmant qu’il lui est demandé "texto d’écrire que c’est LFI qui est derrière le mouvement alors que c’est objectivement faux de l’avis général des RT (renseignements territoriaux, ndlr)".
Une "affaire d’Etat", ont réagi plusieurs députés insoumis, dont le coordinateur du mouvement, Manuel Bompard, sur X, qui se défendent d’être liés aux casseurs.
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