Le whip des conservateurs veut en finir avec les «propos irrespectueux»
Les propos controversés des candidats du Parti conservateur du Québec (PCQ) comme ceux qui ont fait surface durant la campagne ne seront plus tolérés au sein du parti, prévient son nouveau whip, Renaud Labrecque.
« Mon rôle, c’est de protéger l’image du chef, l’image du parti, de montrer qu’on est professionnels. Puis avant de penser à aider le parti, il faut surtout penser à ne pas lui nuire », a résumé M. Labrecque en entrevue au Devoir à la veille de son assermentation.
Élu dans Lotbinière-Frontenac, Renaud Labrecque a été nommé whip par Éric Duhaime lundi. Responsable du maintien de la discipline dans un parti, le whip doit notamment s’assurer que les élus soient présents lors des votes et qu’ils respecteront la ligne de parti.
Pour M. Labrecque, le PCQ ne peut pas se permettre de perdre de la crédibilité s’il veut préserver ses acquis et faire des gains. « C’est une obligation, sinon on va passer de 19 [députés] à 4. Si le parti ne se professionnalise pas, s’il ne réduit pas les propos irrespectueux, on va passer de 19 à très peu dans le prochain mandat. »
Pendant la campagne, les médias ont mis la lumière sur plusieurs sorties controversées des candidats du parti, dont des propos dénigrants de l’ancien animateur de CHOI Dominique Dumas ou des prises de position de Frédéric Poulin en faveur de l’annexion du Canada aux États-Unis.
Les propos irrespectueux, « c’est fini »
En entrevue, M. Labrecque n’a pas donné des exemples des « propos irrespectueux » qu’il avait en tête, mais le mot d’ordre est clair : si le parti a pu tolérer des propos passés de ses candidats durant la campagne, ce ne sera plus le cas dorénavant.
« Est-ce que, si ces propos-là refaisaient surface et étaient prononcés aujourd’hui, j’accepte ça ? Pas du tout. C’est sûr que ça prend 5 minutes, puis j’appelle la personne », dit-il sans donner d’exemple précis des propos tenus dans le passé par ses nouveaux collègues.
Ces propos, poursuit-il, au moment où ils ont été prononcés, « n’engageaient que cette personne-là dans sa vie privée ». « Là, on a un statut de député, on a un rôle de député, on a une image, on a un décorum à respecter. Ça, c’est fini. Ça ne peut pas arriver », poursuit-il.
M. Labrecque s’attend dès lors à ce que les élus conservateurs fassent moins de commentaires dans les médias et sur les réseaux sociaux et consacrent plus d’énergie au travail de terrain dans leur comté.
Une ligne de conduite qui s’appliquera dès l’assermentation du caucus conservateur jeudi, prévient-il. « Ne vous attendez pas à ce que tous les députés répondent comme ils veulent », dit-il en prévision de questions des journalistes.
Eric Lefebvre comme mentor
Avec sa carrure d’ancien joueur de football, et son « sourire vers le bas » comme il le dit lui-même, le nouveau député est bien conscient qu’il en impose déjà physiquement.
En même temps, il s’est trouvé un mentor avec une image beaucoup moins intimidante : Eric Lefebvre. Après l’annonce de sa nomination, l’ancien whip de la Coalition avenir Québec et actuel député fédéral lui a offert son aide et ses conseils.
« On a eu une belle rencontre mercredi puis on va en faire une pratiquement à chaque semaine pour me faire coacher. »
Il n’en reste pas moins, dit-il, que le rôle de whip n’est pas une sinécure. « Est-ce que c’est une job de bras qui s’en vient ? Oui, je ne vais pas mentir. Ça ne sera pas une balade dans le parc. »
M. Labrecque se serait notamment passé de la récente sortie de Patrick Paquet, élu dans Vanier-Les Rivières sur le tramway. Lors d’une entrevue radio à CHOI, M. Paquet avait avancé qu’une « banale règle de trois » avait permis à la CDPQ-Infra d’estimer les coûts du tramway à 7,6 milliards de dollars. Une affirmation qu’a démentie la CDPQ, la qualifiant de « complètement infondée ».
« On ne peut pas avancer si on n’a pas de documents. Ça, c’est non », avance M. Labrecque à ce sujet. « On n’a pas le luxe de faire des erreurs comme ça. On n’est pas le Parti québécois puis on n’est pas le Parti libéral, on a une petite structure, il va se mettre à venter très rapidement si on se met à tirer un peu dans tous les sens. »
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