Turquie: quatre bases du PKK évacuées dans le nord du pays, étape majeure du processus de paix

Les services de renseignement turcs ont confirmé que le Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) avait évacué quatre bases du nord de l'Irak. Une étape majeure pour la poursuite du processus de paix, ont rapporté les médias turcs, ce lundi 12 octobre.
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Les bases du Parti des Travailleurs du Kurdistan (PKK) situées dans les régions de Metina et de Baze « ont été évacuées le 8 octobre 2026. Cette avancée démontre que le processus se poursuit avec détermination », ont-il affirmé en citant des « sources sécuritaires », ce qui désigne habituellement l'Organisation nationale du renseignement turc (MIT). En effet, le PKK a déclaré, via l'agence de presse kurde Firat, avoir retiré récemment tous ses combattants du territoire turc ainsi que des positions dans le nord de l'Irak « afin que l'État turc ne les perçoive pas comme une menace ».
Le mouvement a accusé - en parallèle - le gouvernement du président Recep Tayyip Erdogan de ne pas poursuivre le processus suffisamment sincèrement et rapidement. Et il a revendiqué avoir effectué sa part de travail, deux mois après l'adoption en août 2026 par le Parlement d'une loi historique ouvrant la voie à la réintégration de ses militants armés.
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L'application du texte est conditionnée au fait que « les institutions de sécurité déterminent que l'organisation a cessé d'exister effectivement et a remis toutes les armes et munitions sous son contrôle », avec publication d'une décision du Conseil national de sécurité confirmant ce fait au Journal officiel. L'objectif est d'assurer l'intégration dans la société des membres du PKK « qui pourront rentrer au pays ultérieurement en bénéficiant de la loi » grâce « à des programmes dans de nombreux domaines tels que l'éducation et l'économie », a indiqué, ce 12 octobre, l'agence officielle Anadolu. La loi adoptée ne précise - par ailleurs - pas quel sort serait réservé à Abdullah Öcalan. Âgé de 77 ans et emprisonné depuis 1999 à l'isolement sur l'île-prison d'Imrali, au sud d'Istanbul, il purge une peine de prison à perpétuité.
Poursuites suspendues
L'armée turque a constamment frappé cette zone frontalière stratégique du nord de l'Irak pendant la guerre. Le PKK y disposait de bases et y a même abrité initialement son quartier général avant son transfert plus à l'est, dans les monts Qandil, tout en y conservant une forte présence. Quatre sous-commissions ont été récemment créées par la Turquie pour superviser la dissolution du PKK. Abdullah Öcalan participera à l'une d'elles, consacrée au dépôt des armes du mouvement, mais sans être autorisé à quitter sa prison.
Quelque 3 500 personnes détenues dans les prisons turques pour des faits liés au PKK pourraient être libérées, la loi prévoyant de suspendre les poursuites et l'exécution des peines des auteurs de certaines infractions.
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