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Sunday, September 27, 2026

Les Suisses appelés à voter sur leur historique neutralité

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Les Suisses votent ce dimanche sur une initiative portée par le premier parti du pays, l’Union démocratique du centre, visant à durcir la neutralité du pays. Un texte qualifié de « pro-russe » par certains de ses opposants, excluant toute alliance avec une organisation militaire et toute reprise de sanctions économiques contre un pays tiers. Les sondages prévoient pour le moment le rejet de cette proposition.

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De notre correspondant à Genève, Jérémie Lanche

La neutralité suisse est au cœur des débats depuis le début de la guerre en Ukraine. Inscrite dans la Constitution fédérale depuis 1848, elle veut que la Suisse ne prenne pas parti dans les guerres entre États tiers. Mais l’invasion russe de l’Ukraine a ravivé les interrogations sur la manière dont le pays doit appliquer ce principe.

Après l’invasion russe, la Suisse a notamment adopté les sanctions de l’Union européenne contre Moscou. Le pays a également siégé pour la première fois comme membre non permanent du Conseil de sécurité de l’ONU, en 2023 et 2024. Des décisions qui ont alimenté le débat sur les contours de la neutralité helvétique.

Deux conceptions s’opposent aujourd’hui. Les défenseurs d’une neutralité dite « flexible » estiment que la Suisse doit pouvoir adapter sa politique aux circonstances. Cette approche a notamment permis au pays de collaborer avec l’Otan, sans pour autant en être membre. À l’inverse, l’Union démocratique du centre, parti de droite nationaliste et première force du pays, défend une neutralité stricte, qu’elle souhaite inscrire dans la Constitution. Une évolution qui empêcherait la Suisse d’adopter des sanctions qui ne seraient pas décidées par le Conseil de sécurité des Nations unies.

Un vote qui annulerait les sanctions contre la Russie

Pour Cédric Dupont, professeur de relations internationales au Graduate Institute de Genève, l’initiative poursuit un double objectif. Le premier est de remettre en cause l'adoption par la Suisse des sanctions européennes contre la Russie. Le second serait de rendre plus difficile un rapprochement avec l'Union européenne en « rigidifiant la politique étrangère suisse. » Le gouvernement suisse, qui rejette l’initiative, estime de son côté que la neutralité du pays a jusqu’ici bien fonctionné. 

Alors que Moscou accuse régulièrement la Suisse d’avoir rompu avec sa tradition diplomatique depuis l’adoption des sanctions contre la Russie, Cédric Dupont estime que cette lecture est erronée. La Suisse est notamment dépositaire des conventions de Genève et défend, selon lui, un ordre international fondé sur le droit. « Se dire que finalement ce droit international est bafoué et ne pas le défendre est pour moi contradictoire aux problématiques », estime le professeur.

Les premières enquêtes d’opinion annonçaient un scrutin serré. Mais les deux dernières, publiées la semaine dernière, donnent une large majorité au rejet de l’initiative, avec plus de 63 % d’intentions de vote en faveur du « non. »

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