Éthiopie: le TPLF et ses alliés lancent une offensive coordonnée sur trois fronts dans le nord du pays

Deux jours après l’annonce de la formation d’une nouvelle coalition d’opposition dont l’objectif est de renverser le gouvernement fédéral, les groupes rebelles ont pris le contrôle de la ville d'Abala, en Afar, et des aéroports de Mekele, d'Axoum et de Shire, au Tigré. Depuis mercredi 23 septembre, ils encerclent également la ville carrefour de Woldiya, en région Amhara.
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Avec notre correspondante à Addis Abeba, Marlène Panara
Quatre ans après la fin de la guerre au Tigré, un nouveau conflit est-il en train de naître en Éthiopie ? La crainte n’a, quoi qu'il en soit, jamais été aussi forte. Mardi 22 septembre, deux jours après l’annonce de la formation d’une nouvelle coalition d’opposition dont l’objectif est de renverser le gouvernement fédéral, le Front de libération du peuple du Tigré (TPLF) et ses alliés ont lancé une offensive coordonnée sur plusieurs fronts, dans les régions du Tigré, en Amhara et en Afar.
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En Afar, les Forces de défense du Tigré (TDF) associées au Front uni démocratique révolutionnaire afar ont pris le contrôle de la ville d’Abala, frontalière du Tigré, qui était jusqu'alors acquise à des forces alliées à l’armée fédérale. « Il y a eu des tirs pour célébrer leur victoire et des check-points ont été installés autour de la ville », confie une source humanitaire. Les routes reliant Abala à Mekele, à l’est, et à Semera, au sud, sont désormais toutes contrôlées par les groupes rebelles.
« Escalade majeure »
Toujours avec l'appui des TDF, la milice nationaliste Fano, en conflit ouvert avec le gouvernement fédéral depuis avril 2023, encercle, elle, depuis mercredi 23 septembre, la ville carrefour de Woldiya, en Amhara, une région du nord-ouest du pays.
Ce mercredi également, les forces tigréennes se sont enfin emparées aussi de trois aéroports du Tigré : ceux des villes de Mekele, d'Axoum et de Shire, avec pour conséquence une suspension des vols d’Ethiopian Airlines vers la région.
D’après un chercheur qui souhaite conserver l'anonymat, l’ouverture de ces fronts représente « une escalade majeure », même si celui-ci tempère un peu cette analyse en expliquant qu'il est à ce stade « difficile de savoir si la coalition aura les moyens militaires de poursuivre les combats avec une telle intensité [...] car la réponse du gouvernement, via des frappes de drones, pourrait être très virulente ».
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