Six individus accusés pour fabrication de millions de comprimés d’opioïdes dangereux

Deux enquêtes à long terme amèneront finalement des accusations contre six suspects traduits devant les tribunaux ce mercredi à Drummondville et à Sherbrooke en lien avec la fabrication massive de comprimés contenant des opioïdes extrêmement puissants et dangereux de la famille des nitazènes.
Publié à
Pierre Saint-Arnaud La Presse Canadienne
Dans le premier cas, la Gendarmerie royale du Canada (GRC) avait démantelé en juillet 2024 un laboratoire clandestin, dont la capacité de production annuelle était estimée à plus de 45 millions de comprimés.
À la suite de perquisitions, il y a deux ans, dans des résidences de Drummondville et de Dixville, en Estrie, plus d’un million de comprimés contenant des opioïdes synthétiques avaient été saisis, de même que d’importantes quantités de produits chimiques et du matériel de laboratoire servant à la fabrication de ces comprimés. Le laboratoire se trouvait à Drummondville alors que la résidence de Dixville servait de cache pour la drogue et de l’équipement.
Suspect en fuite
Michael Saint-Pierre, 38 ans, de Coaticook, et David Rancourt, 38 ans, de Sherbrooke, devaient comparaître en après-midi mercredi par vidéoconférence au palais de justice de Sherbrooke sous divers chefs d’accusation, dont celle de possession de substances contrôlées en vue d’en faire le trafic. Un troisième suspect, Daniel Junior Gagné, 38 ans, de Sherbrooke également, comparaîtra aussi par vidéoconférence, mais au palais de justice de Drummondville, notamment pour trafic de stupéfiants. Un quatrième individu, Jasmin Tremblay, 47 ans, de Drummondville, est recherché et demeure visé par un mandat d’arrestation.
La deuxième enquête, déclenchée en novembre 2024, a mené à la découverte et au démantèlement d’un laboratoire clandestin à Sherbrooke en mai 2025 et les policiers fédéraux ont procédé à l’arrestation, mercredi matin, de Yannick Roy, 37 ans, et Jasmin Leclerc, 41 ans, tous deux de Sherbrooke. Ceux-ci devaient comparaître en après-midi au palais de justice de Sherbrooke pour répondre, entre autres, à des accusations de production et de possession de substances contrôlées en vue d’en faire le trafic.
Dans ce cas, le démantèlement du laboratoire clandestin dans le sous-sol d’une résidence de Sherbrooke avait permis la saisie de près de 60 000 comprimés contrefaits contenant de la protonitazépyne, un opioïde de la famille de nitazènes. Là aussi, des quantités importantes de produits chimiques et du matériel sophistiqué permettant une production à grande échelle avaient été saisis.
Des opioïdes qui provoquent des surdoses
Dans les deux enquêtes, les comprimés contrefaits saisis imitaient l’apparence de comprimés pharmaceutiques légitimes, tels que l’oxycodone, et pouvaient difficilement être distingués du produit authentique.
Il s’agissait cependant des opioïdes synthétiques de la famille des nitazènes, notamment la protonitazépyne, qui est environ 25 fois plus puissante que le fentanyl et qui est associée à un risque élevé de surdose.
Aucun des suspects n’a d’antécédents criminels et la GRC n’a établi aucun lien avec des groupes du crime organisé.
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